aujourd’hui, demain

aujourd’hui, demain

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les efforts d’aujourd’hui enjolivent nos demains

protégeons
respectons
aimons
admirons
la nature fragile
délicate
colorée
surprenante
merveilleuse,
empruntons
le chemin
pour rendre
la liberté
aux fleurs du littoral

Je me souviens de la dune sauvage, et cruelle pour les pieds nus, dans mes jeunes années, les splendides chardons saphir, les tapis de bouclettes roses, les carpettes piquantes et flavescentes, j’herborisais et composais d’improbables et minuscules bouquets.
Et puis, à mesure que les vacanciers se pressaient toujours plus nombreux sur la plage, l’automobile a fait de la dune un parking, la terre s’est trouvée battue, stérile.
Disparue la flore multicolore …
Et puis, il y eut une prise de conscience et de mesures salvatrices.
Revenue la flore enchanteresse !

Aujourd’hui

Aujourd’hui

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Aujourd’hui jour de fête
La fête Dieu
on ne dit plus fête Dieu,
c’est la fête du saint sacrement de l’eucharistie
la solennité du corps et du sang du Christ,
le pain et le vin
l’eucharistie sans laquelle nous ne pouvons pas
l’hostie grâce à laquelle nous ressentons chaque semaine la présence réelle du Christ

Je me souviens de cette fête au village dans mon enfance
la procession derrière l’ostensoir
toute la population assistait à sa façon, même les non-croyants
Flaubert l’a bien décrite dans Un coeur simple.

On n’imaginerait pas aujourd’hui telle fête dans les rues
l’ostensoir marque ostensible d’appartenance religieuse
dans un lieu hostile à l’hostie, hôte indésirable du terrain communal …

Ci-dessus la mer cet après-midi, radieuse en tenue de fête
ci-dessous une hosta de mon jardin

Hier

Hier

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Hier premier juin
premier jour de la saison
la saison multicolore des vacanciers
et des fleurs joyeuses,
au revoir mai bleu
bonjour juin rose !
les bleus printaniers passent,
se délavent de leur fraîche lumière,
ces bleus d’aquarelle éphémère
jacinthes, iris, azalées, céanothes, bleuets, nigelles …
une autre fleur bleue illuminera l’été
bleu hortensia
rond, éclatant, profus, durable.
profitons de ces derniers bleus fragiles,
infusés d’espérance
ah, suis-je trop fleur bleue …

Avant-hier

Avant-hier

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L’importance de se promener dans le jardin
dans le dédale des fleurs, des couleurs, des formes
laisser les sens s’étonner
les yeux vagabonder
les roses arrosent l’imagination
de leurs facéties colorées
oh, un coeur !
Un coeur au coeur de la fleur !

aujourd’hui

aujourd’hui

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Aujourd’hui comme hier, comme avant-hier,
je lis Marc Pautrel
ne peux plus quitter son ciel
de phrases simples et belles,
ses mots d’amour,
limpides, enchantés,
ses mots glissent,
effleurent,
caressent,
méditent,
des mots comme :


regard
corps
lumineux
étoile
sourire
ombre
silence
librairie
bibliothèque
couleurs
douceur
douleur
paradis
elle
Dans le monde sensible de l’écrivain
il est question d’amour
l’amour contrarié, impossible
la maladie, ou l’autre …
l’amour pur, désenchanté, réenchanté
suspension …
disparition
savoir ne pas

éblouissement de lecteur
qu’est ce que c’est fabuleux d’écrire comme ça !

je suis envoûtée, comme le narrateur par celle qu’il aime

Le titre du roman est précieusement choisi, rien que ce mot ou ces mots sont une merveille.

Hier

Hier

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Hier je me suis laissée emporter par un livre jusque dans les nuages
je ne suis pas encore retombée de ce ravissement céleste !

voici l’auteur de mon rapt délicieux :

Marc Pautrel

La vie princière

J’avais beaucoup aimé de cet écrivain son étude de la jeunesse de Blaise Pascal et celle de la vieillesse de Chardin, cette fois je suis éblouie pour ce très court roman autour du phénomène amoureux.

C’est l’anatomie très délicate et approfondie d’un coup de foudre

Un amour naissant aussitôt contrarié dans l’oeuf par un mot : compagnon.

Un homme qu’on suppose jeune fait la rencontre d’une femme qu’on sait trentenaire, et qui lui dit d’emblée qu’elle a un compagnon.

Respect de l’autre, admiration, grâce, noble retenue des sentiments, des gestes et des mots, passion grandissante mais toujours contenue.
On plonge dans ce qui n’existe plus aujourd’hui, l’amour courtois, la maîtrise des instincts, le savoir ne pas …

On devine la fin (je ne la dis pas) mais elle est si belle et révélatrice … on pense à mademoiselle de Chartres
qui épouse monsieur de Clèves. On découvre dans le personnage du narrateur monsieur de Nemours, amoureux transi de la princesse.
L’amour donne des ailes, monsieur de Nemours saute par dessus les sièges avec grâce et légèreté pour rejoindre la princesse, de même le narrateur grimpe la colline sans effort, transporté par son élan amoureux.

On ferme le petit livre dans un sentiment ébloui … c’est quoi déjà, son titre ??
La vie princière, oui bien sûr, quel bel hommage à madame de Lafayette !
Quelle belle écriture !
Le même nombre de pages !
La délicatesse et la galanterie n’ont jamais paru dans la littérature française depuis longtemps avec tant d’éclat que dans ce roman …

Aujourd’hui

Aujourd’hui

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Roses pétales
beauté parfum
gourmandise
gelée transparente et odorante
de pétales de rose
hmmmm
oh aille
le dilemme
découdre les roses
éclater le jupon
lacérer la robe
charpie de chiffonnier
sirop pourpre
sucre floral
cuisine massacre
confiture divine

une tasse de thé
un toast de rose confite
saveur souvenir
les beaux jours de printemps
au coin du feu de l’hiver
que choisir, que faire ?
renoncer
profiter de l’instant
la saison des roses fraîches
qui fanent doucement
dans le jardin

et en cuisine
pas de violence !

C’est la fête des mères !

Hier, aujourd’hui, demain

Hier, aujourd’hui, demain

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Entendu hier à la radio un écrivain jardinier philosophe
Marco Martella

Enthousiasme de l’écouter
je partage :

Le jardin est étroitement lié au temps
Le jardinage est un plaisir de l’instant et un plaisir futur.
Le jardinier se projette, travaille pour les mois à venir, avec une inquiétude, un grand souci dans le sens du soin.
Et le temps fait, défait, transforme, déforme et reforme …

je vais quitter mon jardin un moment pour ce jardin des livres qu’est une librairie, afin de me procurer le livre de Marco Martella :

      Un petit monde, un monde parfait

Et j’ai commandé le numéro 7 de sa revue Jardins dont j’ai régulièrement parlé ici dans le passé, cette revue paraît comme un enfant dans une famille, une fois par an.

« Au risque d’ennuyer grave », je reprends les mots de Françoise Héritier, je ne blogue plus que côté jardin ce printemps, car j’y suis chaque jour.
Pour un résultat imparfait, fantaisiste, bizarre, je crois que le jardin souffre du même syndrome que la jardinière !

Le temps agit et nous dépasse
Ce palmier en fleur était une graine qui a germé n’importe où, j’ai repiqué le petit plan il y a quinze ans.
De même pour tous les autres dans le jardin, ils poussent aussi nombreux que les petits gâteaux du même nom à la biscuiterie de Fouesnant !

Une clématite est partie à l’assaut du chanvre d’un palmier velu, et du lierre lui a emboîté le pas, laissons faire …

Hier fleurissaient les tulipes, aujourd’hui la terre est nue, dans un proche demain je planterai de nouveaux bulbes.
Le temps et ses surprises

aujourd’hui

aujourd’hui

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hopala, mon jardin m’étonne
les couleurs détonnent,
entonnent le printemps
et fanfaronnent

Petite azalée prend son aise
Je l’ai ramenée il y a vingt ans d’un séjour en Allemagne
jumelage
des peuples et des fleurs
j’avais calé mon petit pot dans l’autocar
modeste Blümchen rose fuschia
aujourd’hui devient kolossal !

Cette année pour la première fois
mon rosier que j’ai ramené des Pays-Bas
orange bien sûr
s’épanouit en même temps que l’azalée
floraison synchronisée
l’Europe s’entend mieux dans les jardins !

aujourd’hui

aujourd’hui

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Bleu
la note dominante du jardin
la note bleue est-elle une bonne note ?

Longtemps, pendant tout l’Ancien Régime, les notes scolaires furent des couleurs
elles étaient trois
noir = insuffisant
blanc = moyen
rouge = satisfaisant

le rouge signifie plutôt l’erreur maintenant
le noir est à la mode et bien vu
le blanc reste à sa place, neutre, intemporel

bref, si la note peut être une couleur, la couleur n’a pas toujours la même note !

O bleu
ω violet
bleu poésie

Hier

Hier

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Un peu de sel, beaucoup de vie, dans ce livre de Françoise Héritier Le sel de la vie.

Au risque d’ennuyer « grave », comme elle dit, elle énumère au fil des pages tous les faits et gestes, toutes les images et les impressions, qui lui ont laissé des souvenirs, sucrés ou salés, tout au long de sa vie.
Un côté notes de chevet, journal intime, bonheur des listes.
Un brin de nostalgie.
Je ne me suis pas du tout ennuyée, comme nous sommes toujours un peu le lecteur de nous-même, j’ai eu plaisir à me retrouver dans cette lecture.

Françoise Héritier cite les expressions que nous n’employons plus, comme par exemple fricassée de museaux.
Une jolie tournure que j’utilisais souvent pour désigner ce ragoût de tendresse, les joyeuses embrassades.
Mais cuisine-ton encore aujourd’hui une simple fricassée ?

aujourd’hui

aujourd’hui

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aujourd’hui ce mot : prolégomènes
où est-ce qu’il nous mène ou plutôt qu’ils nous mènent ?
Ce mot est en effet masculin pluriel.
Il est pourtant singulier !
jeu de légo littéraire
mots mystères imbriqués
on ne comprend pas toujours ces petits phénomènes
de pensée condensée
censés éclairer la buée narrative

Ils coiffent le haut de la page
chapeaux de paille d’italique
donnent le la à la voix du chapitre
en ouvrent la voie
on les oublie vite

malgré tout « l’un » d’eux m’a marquée dans ma jeunesse
Dans Le Rouge et le Noir
j’avais treize ans et lus ceci au chapitre XXIII

      La première loi de tout être, c'est de se conserver, c'est de vivre. Vous semez de la ciguë et prétendez voir mûrir des épis !
      Machiavel

C’était machiavélique, je l’avais recopié dans mon carnet intime, j’étais la proie de pensées terribles. Les êtres humains autour de moi me faisaient tant peur.
Je n’étais heureuse qu’au milieu des fleurs.

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