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Hier

Hier

Hier jolie promenade
dans le rose tendre des fleurs
le camaïeu gris des pierres
les volutes prodigieuses

clic-clac c’est dans la carte

et tout d’un coup, ouh, le monstre du bois !
peur enfantine
anthropomorphisme
facétie dernière d’un arbre mourant
un petit côté Rübezahl
on crie au loup, au mystère
l’imagination frissonne
évasion hors du temps, des maux, d’un réel autrement effrayant.

aujourd’hui et avant-hier

aujourd’hui et avant-hier

aujourd’hui premier mai
le muguet du jardin
son parfum me rappelle mon premier parfum
qui me fut offert dans mes vertes années
par ma grand-mère
il s’appelait Vent Vert

je le portais
avec un chemisier blanc

Blanc et vert
la sobre harmonie
vent frais du matin
c’était Balmain

aujourd’hui nappe et clochettes blanches
un dessous de plat ancien,
en fonte, vert,
usures blanches,
mille-neuf-cent-vingt,
un don de mon autre grand-mère

muguet porte-bonheur-souvenir

aujourd’hui

aujourd’hui

Voici la vue de la fenêtre de ma cuisine …
préparons les repas en couleurs !
mais le printemps m’encourage plus à jardiner qu’à cuisiner.

lecture au jardin d’un petit dictionnaire épatant :
60 mots illustrés pour ne plus faire de fautes
de Sandrine Campanèse, éd. Le Robert.

en image :

parce qu’un petit dessin vaut mieux qu’une grande leçon, on retiendra qu’effrayer prend deux f grâce aux deux bras du monstre

Pour chaque mot, les dessins sont malicieux, judicieux, délicieux

Ce petit dico s’adresse aux enfants, mais, chut, les adultes l’aiment beaucoup et apprennent aussi l’orthographe.

demain

demain

notes de mon chevet …

demain je mets de l’ordre
demain … procrastination
hier soir, paf, ma pal tombe pile sur la tasse
qui tombe aussi
sans casse
méli-mélo de reliures
effusion de mots dans l’infusion
tisane à moitié bue,
poèmes à moitié lus
des larmes de réglisse-menthe sur Anna Akhmatova
sachet mouillé du Grand-Sud dans Les planches courbes d’Yves Bonnefoy
pages éponges d’Erri De Luca
haïkus casse-cou
Xavier Grall et L’inconnu me dévore sont épargnés !

veiller au centre de gravité
trouver l’équilibre dans la lecture

aujourd’hui

aujourd’hui

il pleut aujourd’hui

      « Ecoute la pluie »

      Titre d’une nouvelle de Michèle Lesbres.

C’est la première, parmi ses nombreuses nouvelles, que j’ai lue l’an dernier.
J’ai beaucoup aimé son style sincère, intimiste, sensible, plein de tact.
Une femme écrivain que j’ai plaisir à suivre.
(je ne me fais pas au féminin nouveau des noms de métier)
C’est agréable d’ajouter un nom dans la liste de nos auteurs favoris.

Je viens de lire sa lettre à Marion du Faouët, Chère Brigande, parue en 2017.
Marion, Robin des bois de Bretagne au XVIIIème siècle.

Ce petit Sabine Wespieser est un bijou de lecture.

Je retrouve dans les fins livres presque carrés des éditions SW le plaisir que je connus il y a vingt-cinq ans en découvrant les fins livrets oblongs des éditions Actes Sud.
Format particulier, douceur du papier, écrivains discrets et merveilleux …

Hier

Hier

Hier, partis tôt, pris mon chien
Dans l’azur du jour

dans l’humeur franche et fraîche du printemps
qui déroule son tapis de lumière bleue

loin de l’asphalte,
parcourir le cobalt des chemins
gambader dans les éclaboussures du ciel pur

Ce bleu à l’âme est un bonheur bondissant

aujourd’hui

aujourd’hui

      aujourd’hui au coeur du problème …

Les jours de grève ne peuvent pas compter parmi les jours de repos.
Pour que des jours de repos existent il faut des jours de travail.
Pas de travail, pas de repos, a dit le ministre.

Pour que des jours de grève existent il faut des jours de travail.
Pas de travail, donc pas de grève, donc pas de repos.

Grève, travail ou repos ou ?

Absence. Retrait.
La grève apparaît après le départ de la mer.

aujourd’hui

aujourd’hui

du papier et quatre couleurs
des mots des quatre saisons
un journal
intime on dit comme ça
un vrai à l’ancienne
loin des réseaux
dans le dit solitaire du jour

on y penche, couche, étale
écrit, décrit, inscrit
les impressions de l’instant

on coule, verse, transvase
les camaïeux de la tête
sur le blanc de la page
le brouillon flou de l’âme
dans l’ordre clair du livret.

Bic multicolore
papier vélin
voici des fleurs, des feuilles et des tranches
de vie

le journal intime
est un vase uniflore

Hier

Hier

Lecture de deux livres dans cet ordre :
La nuit des béguines
Et le miroir brûla

Le moyen-âge
Un treizième siècle à la fois cruel et prodigieux, comme notre monde actuel
Le béguinage,
espace de liberté qui a pour seule loi le défi de solidarité.

Aline Kiner et Charlotte Jousseaume content avec art, passion et poésie la vie de ces femmes libres, pieuses, travailleuses et charitables : les béguines.

Le béguinage fut créé dans les Flandres,
le mot béguine viendrait du verbe néerlandais beggen, répéter, réciter, des prières.
D’où bégayer …

Marguerite Porete, béguine de Valenciennes, ne bégaya pas dans la rédaction de son livre intitulé Le miroir des âmes simples et anéanties, où elle prônait un lâcher prise et une écoute des sens trop modernes, devenus un art de vivre aujourd’hui, ce qui lui valut d’être brûlée vive avec son livre en 1310.

Le béguinage revient actuellement
avec toujours ce sens de la solidarité
à Quimper, à Perpignan par exemple

Aujourd’hui et avant-hier

Aujourd’hui et avant-hier

Lundi, mon jour de lessive et repassage.

Pliage, pliage, éternellement, vol dans les hauteurs de l’armoire … ♫

Plier en deux, en quatre, c’est simple
Au delà c’est complexe
Etre simple s’appelle la simplicité, mais être complexe n’est pas la complicité. Complexe !
Pourtant simple et complexe, même racine = le pli !
Simple = un seul pli
Complexe = avec des plis.

La marque Supercroix 73 fut remplacée en 1974 par Supercroix 76 , pas simple, on se demandait si le nombre allait changer tous les trois ans …

Mais le minivélo (sur lequel je roule toujours depuis plus d’un demi-siècle) était simple et pliant !
Pas de dérailleur, léger, se faufilant partout, grimpant aisément les côtes, certes un vélo peu véloce en terrain plat, il a disparu aujourd’hui pour une version complexe et électrique.

aujourd’hui

aujourd’hui

Les clairons en tendre laiton de cette petite azalée sonnent la diane au jardin.
Au pied d’un talus, tapie dans l’ombre, elle boit d’un trait vif les premiers rayons du soleil, et puis hop, retourne dans la buée fraîche de la lumière matinale.

Ra tournera, grandira, éblouira, inondera, assourdira toutes les fleurs jusqu’à l’ivresse.
Floraison du jardin
Oraison du printemps
Vacuité du vacarme
Acuité du silence
Préservons la part d’ombre

demain

demain

Ecrire et lire dans son lit : à la raideur de la table se substituent le moelleux, l’informel, une liberté

Confort de l’oreiller, de la couette, de l’horizontalité

Même si la fibre synthétique a remplacé depuis longtemps le duvet naturel, je m’aperçois qu’un lien existe entre le livre et l’édredon : la plume

et le volume

chaleur et légèreté des mots
billets doux
romans qui enveloppent plutôt qu’ils n’emballent
s’endormir au creux d’un poème

en photo ci-dessus, un édredon végétal, la mousse colorée, invitant à la paresse, d’une azalée japonaise
en photo ci-dessous, la légèreté diaphane d’une azalée chinoise (« mollis »)

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