La fenêtre du jour

La fenêtre du jour est une fenêtre de contre-jour :

null

Léon Spilliaert ( 1881- 1946 ) , Silhouette du peintre, 1907, musée des beaux arts de Gand

La pluie redouble chez nous ce matin, alors une fenêtre sombre comme mon humeur est de circonstance.

Voilà  quelques pages consacrées à  Léon Spilliaert, une expostion lui fut consacrée à  Bruxelles cet hiver : cliquer ici .

Cet artiste est né à  Ostende comme James Ensor, mais il semble moins connu en France que ce dernier, ni qu’Edvard Munch dont il se rapproche beaucoup.

Cette fenêtre a cent ans donc, elle est peinte sur papier, à  l’encre de chine au pinceau, et rehaussée de crayons de couleur.
Le crayon précise quelques détails, les cils, poils de moustache, mèches de cheveux se détachant dans la lumière et permettant d’identifier le personnage.
Spilliaert s’est livré à  une dizaine d’autoportraits durant cette année 1907, à  une introspection de sa silhouette ,  » die Gestalt  » en allemand, auto-analyse sans doute nécessaire et salvatrice.
Il se place ici sur une chaise élégante, devant la fenêtre d’un appartement bourgeois, ses contours sont flous, ceci dénote peut-être sa relation difficile avec ce milieu, et par la fenêtre, on en aperçoit d’autres très sommairement ébauchées comme un cadre de vie lointain, éloigné des ses préoccupations intérieures, je ne sais pas …

Ce contre-jour rappelle la photographie, si on oublie de déclencher le flash de l’appareil, ou si on le coupe volontairement, on obtient cette silhouette en ombre chinoise . En photographie, l’effet est beaucoup moins élégant qu’en dessin ou peinture. Cet autoportrait, entourant le peintre de mystère, me semble magnifique de poésie.

Mais notre mauvais temps n’est pas poétique, lui !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.

css.php