Biscuits

    null
    19 Décembre

C’était le 5 décembre dernier que je devais montrer ce tableau, mais les plus anciens lecteurs de ce blogue se souviendront peut-être que j’en avais déjà parlé pour la Saint Nicolas de l’année 2006 :

    null

    Jan Steen, La fête de Saint Nicolas, vers 1663-65, Rijksmuseum Amsterdam

Sur cette page du musée, on peut admirer un agrandissement, et consulter une fort intéressante notice ( en néerlandais ).

Cette fête a lieu traditionnellement dans la soirée du 5 décembre. Les enfants gentils reçoivent des gourmandises et des cadeaux, les enfants pas sages, des punitions.
On remarque qu’un petit garçon pleure, sa chaussure est vide, il n’a pas dû être gentil et ses frère et soeur se moquent de lui.
L’un des garçons tient un club de golf et sa balle est au sol.

null La petite fille a reçu une poupée, c’est un Saint Jean Baptiste. Cela démontre qu’il s’agit d’une famille catholique, les protestants n’aiment pas les images, et Jan Steen était lui-même catholique.

Il y a aussi dans le seau métallique un petit coq : une vieille chanson disait que le coq de Saint Nicolas lançait lui aussi de petits cadeaux dans les souliers.

nullLe bébé a reçu un pain d’épices en forme de Saint Nicolas. Au XVIIème siècle, certaines villes hollandaises protestantes refusaient aussi ce saint Nicolas comestible.

C’est particulièrement sur les gâteaux de ce tableau que je me penche cette année, décembre est le mois de confection de ce genre de douceurs, et il faut que je m’y mette, j’ai du retard !
Les gourmandises de ce tableau croustillent de traditions que révèle de passionnante façon le site du musée.
Revoilà ce panier de biscuits, il représente une magnifique nature morte au premier plan du tableau :

null

Pain d’épices, gaufres, spéculoos ou speculaas, petits pains, pommes, noisettes, amandes …
Le biscuit fin et très grand au bord du panier a un nom particulier :  » hylickmaker  »
Ce nom veut dire  » faiseur de mariage  » . Celui qui cherchait une fiancée offrait à sa chérie ce biscuit, et si elle le mangeait volontiers, c’est qu’elle acceptait le mariage. On offre ce grand biscuit aussi à la Saint Nicolas, car le saint avait offert une dot à trois jeunes filles pauvres pour les aider à se marier et il est donc aussi un faiseur de mariage.

Un autre grand pain :
null

Au passage, on remarque la pièce de monnaie glissée dans la pomme, tradition similaire à la pièce glissée dans le Christmas pudding anglais.

Ce pain en forme de losange s’appelle  » duivekater  » , ce qui voudrait dire  » chat du diable  » , mais en fait, il semble probablement que ce mot provienne du français  » deux fois quatre  » . C’est parce que ce pain, spécialement cuit pour les fêtes et grandes occasions, est replié deux fois aux quatre coins, pèse deux fois plus lourd qu’un pain à quatre florins et donc vaut deux fois quatre florins de l’époque.

On retrouve ce pain dans un autre tableau de Jan Steen :

    null
    Jan Steen, Le boulanger Arent Oostwaard et sa femme , 1658, Rijksmuseum Amsterdam, notice et commentaire

Ce boulanger semble bien vivant et moderne.
Ses pains tout chauds sortis du four sont appétissants :

    null

    Couques, pains, bretzels, ces spécialités boulangères mettent l’eau à la bouche !

Bon week-end !

2 thoughts on “Biscuits

  • 21/12/2008 at 10:09
    Permalink

    C’est de la gourmandise pur , mais bien agréable quand même.

    Amicalement

  • 13/12/2009 at 23:06
    Permalink

    Cela me donne l’eau à la bouche !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.

css.php