Curious French cat

Bonheur de lectures croisées.
Autour de Sylvia Plath.

Antoine Wauters, Sylvia, éd. Cheyne, 2014

Sylvia Plath, Ariel, et Arbres d’hiver, éd. Poésie/Gallimard.

Sylvia Plath, Dessins, éd. La Table Ronde, 2016.

La collection de Cheyne éditeur Grands fonds, reconnaissable à sa chaude et profonde couleur rouge insolé, fait découvrir des écrivains secrets à l’écriture intense, envoûtante. Je suis ainsi entrée, d’un pas timide, dans celle de Danielle Bassez, de Nathalie Quintane, de Christiane Veschambre notamment, et j’en reste émerveillée.

L’écriture d’Antoine Wauters n’est pas facile à pénétrer, il faut s’apprivoiser, et sa poésie finit par charmer durablement.
Dans son récit Sylvia, il raconte comment la poésie de Sylvia Plath l’a accompagné dans le deuil de ses deux grands-pères, Armand et Charles, morts dans le même temps.

      Le secours ne pourra venir que de l’écriture, dis-tu en serrant les dents et des cheveux dans les yeux, Sylvia, toi qui chaque jour voulus la perfection mais ne ressentis que vide, frustration et manque : mère à moitié et à moitié poète, même pas romancière, pffft, même pas écrivain. Et le secours, pour moi, viendra de là aussi, Sylvia, plus ma famille rentre sous terre, un grand-père après l’autre, hier Charles et maintenant toi, Armand : trente-trois kilos pesant, épuisé, décharné, à bout.

      Antoine Wauters, extrait de Sylvia.

Les phrases en italique dans le texte d’Antoine Wauters sont des citations de Sylvia Plath.

Ne connaissant pas la poésie de cette Américaine, Sylvia Plath, j’ai lu ensuite les recueils Ariel et Arbres d’hiver.

Ariel est son dernier recueil, publié en 1965 après son suicide en février 1963. Elle avait trente ans.
Elle souffrit toute sa vie de la mort de son père quand elle avait huit ans, la dépression l’habitait périodiquement et la séparation avec son mari lui fut fatale.
Le vide, l’absence, le manque de confiance en elle marquent ses poèmes qui sont cependant très imagés et sonores.

J’ose le dire, je préfère lire ce qu’Antoine Wauters a composé à partir des mots de la romancière et poète, une prose dense, émouvante.
Mais Sylvia Plath ne m’avait pas tout révélé de ses talents. J’ai découvert un petit livre paru il y a un an, un recueil de ses dessins à la plume, vraiment captivants, originaux, pleins de vie.

Ce livre contient une présentation éclairante de l’oeuvre de Syvia par sa fille, Frieda Hugues, rédigée en mars 2013, ainsi que des lettres de Sylvia Plath à son mari Ted Hugues ou à sa mère, et des extraits de son journal.
Lettres émouvantes qui disent tout son amour à son mari, elle se sentait anéantie en son absence. Il fut accusé d’être responsable de son suicide en s’étant séparé d’elle quelques mois auparavant, mais il eut toujours l’impression de vivre auprès d’un être prisonnier de lui-même, hanté par la mort du père.

Les dessins, croquis de voyage en Europe et aux Etats Unis, reflètent des moments heureux.
Ce livre illustré me semble une très belle approche de cet écrivain complexe qu’était Sylvia Plath.

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