Le pinceau voyage

    Charles Desavary, Corot peignant en plein air à Saint Nicolas-lez-Arras, photographie, musée d’Orsay, notice
      Gris de Payne
      Jaune de Naples
      Havane
      Orpin de Perse
      Rouge d’Andrinople
      Terre de Sienne
      Vert anglais
      Rouge de Venise

      Mon pinceau voyage
      traçant les contours
      d’une pomme cosmopolite

      Simon Martin, extrait de Comment je ne suis pas devenu peintre, éd. Cheyne, 2015

Et l’on se prend à poursuivre le voyage des couleurs …
Bleu de Prusse, bleu France, bleu turquoise, rose indien, terre de Cassel, Parme, Bordeaux, Sinople, Moreau …

Ce petit livre vert, des éditions Cheyne que longtemps je chérirai, est une merveille de poésie douce, picturale, colorée, sensuelle, qui rend hommage à des peintres et sait émouvoir des lecteurs de tous âges.
Simon Martin écrit aussi pour les enfants,
on s’étonne, d’un coeur d’enfant, devant ses mots simples et soyeux comme une nature morte de Chardin.

      la craie

      du solide friable

      du grand né du tout petit

      de l’éphémère qui dure

      une vie de falaise

      Mélanie Leblanc, extrait de Des Falaises, éd. Cheyne, 2016

Chez Cheyne encore, dans la collection grise, cette autre magie poétique,
du haut des falaises à la fois massives et fragiles,
la sensation, immensité, ciel, blancheur, apesanteur …

bouche ouverte
en plein vent
manger la mer
l’air
la lumière

falaises, empreintes du temps, éboulement, écroulement, écoulement,
les mots nous suspendent au bord du vide comblé de leur poésie et leur rêve nous lance vers le ciel.

De la falaise ouverte sur le grand écran céleste, je saute dans le petit … cette semaine j’ai regardé une série télévisée policière, déjà ancienne, avec un plaisir amusé : Crimes en série.

Mon amnésie habituelle pour ce genre de série me laisse redécouvrir chaque intrigue dans un suspense intact.
C’est la relative ancienneté de cette série qui m’a passionnée.
Commencée en 1998, elle a vingt ans à peine.
Mais que les choses ont changé !
L’euro n’existait pas, les billets en francs paraissent larges comme des mouchoirs en papier.
Les écrans des ordinateurs se limitaient à une petite surface vitrée bombée au milieu d’un engin énorme ventru comme un four à pain.
Les téléphones portables munis d’une antenne ressemblaient au rabot de Saint Joseph.
Les ordinateurs portables étaient plus proches de ceux d’aujourd’hui, mais bien plus épais avec une fente pour la disquette.
L’enquête se basait sur une toute nouvelle méthode, le profilage. Celui-ci est de plus en plus en vogue dans nos séries actuelles, à l’époque il était le dernier recours dans les situations désespérantes et sans issue.
L’équipe, bigarrée et pleine d’humour, se retranche à la cave dans ce qu’elle appelle le bunker, et a recruté deux jeunes malfaiteurs repentis, des cyber-criminels, qui avaient réussi à pénétrer dans les ordinateurs top-secrets des grands ministères. On ne les appelait pas encore des hackers.
On regarde aujourd’hui cette série comme une archive pittoresque, un témoignage d’un passé récent et si lointain. Vertige du temps dans le grand espace de la technologie !

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