Versailles Chantiers

Robert&Joséphine, j’en suis tout émue, est un petit livre très touchant, une grâce tombée du ciel, et je crois, oh ingratitude, que je n’en ai jamais parlé ici.
Oubli ?
C’était au temps où je ne commentais pas les livres.

Un autre livre du même écrivain me permet de raccommoder la lacune.

Robert&Joséphine de Christiane Veschambre fut édité par Cheyne en 2008

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Versailles Chantiers
texte de Christiane Veschambre,
photographies de Juliette Agnel,
éditions Isabelle Sauvage, 2014

Très belle découverte pour moi cet été, la maison d’éditions Isabelle Sauvage.
Edition de poésie notamment
et maison bretonne, du Finistère.
Faut-il le répéter, la poésie trouve en Bretagne, encore de nos jours, une terre très fertile.

Versailles Chantiers reprend l’histoire de Robert et Joséphine.
Joséphine était une jeune Bretonne de Lamballe partie à Versailles en 1938 pour trouver du travail. Elle fut embauchée au café La jeune France situé en face de la gare des Chantiers. Un jeune serveur s’appelait Robert, ils se marièrent et eurent un enfant.

Une histoire simple contée dans une infinie poésie.
On appelle cela un poème narratif. il prend une forme étonnante avec Christiane Veschambre.

La gare de Versailles Chantiers, créée en 1849, est au centre d’une étoile ferroviaire à sept branches, et doit son nom aux chantiers de pierres taillées qui se trouvaient là au XVIIème siècle pour la construction du château.
Cette gare est au centre d’une étoile hérissée de souvenirs qu’évoque, dans une écriture personnelle, concise et délicate, Christiane Veschambre.

Le train parti de Montparnasse pour la Bretagne ne s’arrête plus à Versailles Chantiers.
J’ai moi-même bien des souvenirs de cette gare. J’ai fait le chemin de la gare au château comme les pierres autrefois, pour visiter la demeure royale absolument silencieuse et déserte en hiver. Pas un seul touriste dans les jardins, le domaine était à nous tout seuls, étudiants qui ignorions notre chance !
Plus tard je pris le train pour Quimper avec mes cinq jeunes enfants, le chat et le chien, le petit dernier en landau, dans cette gare trop petite où nous dûmes descendre sur le ballast pour nous hisser dans la dernière voiture … quel chantier en effet !

La langue de Christiane Veschambre captive et les éditions Isabelle Sauvage envoûtent, nous voilà pris dans les mots et les pages !
Avec Versailles Chantiers, j’ai pris à la librairie Basse Langue de Christiane Veschambre, paru chez Isabelle Sauvage en 2016.

Point commun entre la gare de Versailles et Basse Langue : les traverses !
Christiane Veschambre explore, creuse et traverse en profondeur ses lectures de Erri De Luca, Robert Walser, Emily Dickinson, Gilles Deleuze, pour en extraire la langue sourde, souterraine, la basse langue qui fait jaillir l’émotion … Ce sont ce qu’elle appelle ses traverses dans des livres qu’elle qualifie de grumeleux, alors que d’autres sont lisses.
Ce livre qui traite des livres est certes rugueux, on dit dans ce cas « exigeant ».
Il me donne envie de relire les petites proses de Robert Walser.
Ce sont les chemins de traverse du lecteur !

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