Prendre naissance, Dans ce jardin qu’on aimait

Cultiver son jardin, bêcher, tondre, piocher, élaguer, arracher, planter, arroser, amender, tuteurer, nettoyer, ratisser, cueillir … et on oublie l’essentiel : contempler.
Il faut prendre le temps de se promener au jardin, observer, admirer, remercier le ciel pour toutes ces beautés.
Se laisser gagner par la poésie du lieu.
Pas si simple quand on ne voit souvent que mauvaises herbes, plantes en détresse, et tout le tintouin qui reste à faire.

Au lieu de la binette et du sécateur, j’ai pris les derniers livres arrivés sur ma table de nuit, l’appareil photo, et j’ai regardé, lu, feuilleté, saisi à la sauvette tout ce qui m’a fait sourire dans le jardin.

Le dernier recueil de poèmes de Jean-Pierre Boulic nous conduit au jardin, sur les chemins de campagne, par les bois et les champs, et nous invite à y Prendre naissance (éd. La Part commune, avril 2017) en nous émerveillant, tout simplement.

Et déjà, à cette lecture, on se sent mieux entre les roses et les renoncules indésirables !

Les mots de Jean-Pierre Boulic sont des fleurs, sauvages, délicates, simples et gracieuses.
Ce très beau recueil, frais et limpide, nous guide pour mieux chérir notre terre.

Un autre recueil de poèmes nous dit l’étonnement, la beauté naturelle, la vie,
le soleil, la pluie, le silence,
tout Ce rien qui nous éclaire,
et le poète, qui nous invite lui aussi à aimer, Jean Lavoué, m’était inconnu.

La préface signée Gilles Baudry engage, il est vrai, à sauter sur l’ouvrage !

Ce recueil est le premier livre de la collection Poésie et intériorité
d’une nouvelle maison d’édition qui porte un très joli nom :
L’enfance des arbres.

C’est hardi de nos jours de créer une collection de poésie, car nous, lecteurs friands de poèmes, sommes, pour employer une tournure shakespearienne ou stendhalienne, happy few. Very happy, vraiment ! Mais trop few aussi. Hélas !


Continuons dans les petits riens poétiques avec Alain Duault,
Ce léger rien des choses qui ont fui,
éd. Gallimard, mai 2017

Sensualité, nostalgie, les parfums, les couleurs et les sons se répondent, de la musique bien sûr, quelque chose de Baudelaire, de la lumière, du silence, et la fine porcelaine des mots.

Une poésie riche, capiteuse, à lire à petites gorgées.

Pour finir mon petit tour en poésie du moment, je propose le dernier livre de Pascal Quignard.

Ce n’est pas un recueil de poèmes, mais ce livre est tellement poétique !

Dans ce jardin qu’on aimait, éd. Grasset, mai 2017

Vingt-cinq ans après avoir raconté la vie de monsieur de Sainte Colombe, l’écrivain part sur les traces d’un autre musicien encore moins connu, le révérend Siméon Pease Cheney, qui nota tous les chants des oiseaux venus pépier dans le jardin de sa cure entre 1860 et 1880, et qui avait fini par noter tous les bruits dans sa maison.

Le roman (je ne crois pas que c’en est un) se présente comme un dialogue entre le révérend et sa fille, entrecoupé par les descriptions d’un récitant.
Il est question de sons et de musique, mais ce récit apparaît surtout pictural. Les images que font naître les mots de Pascal Quignard, sont douces, silencieuses, lumineuses, rêveuses … une pure poésie.

2 réflexions au sujet de « Prendre naissance, Dans ce jardin qu’on aimait »

  • 03/07/2017 à 14:57
    Permalink

    Bonjour Grillon,
    C’est comme si tu ne t’adressais qu’à moi pour ces livres ! Je note… surtout le Quignard.
    J’aimerais beaucoup me promener dans ton jardin.
    Biz

  • 03/07/2017 à 15:21
    Permalink

    Nous avons donc les mêmes goûts, j’en suis ravie !
    Bonne semaine à toi, Syl !

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