Angèle ou le syndrome de la wassingue

Aujourd’hui c’est lundi, c’est balai-bigoudi !
Non, je ne porte ni blouse en nylon ni bigoudis, mais manie en ce jour de la semaine le balai et la wassingue, la serpillière, la loque à loqueter, ou la vadrouille comme disait l’une de mes grands-mères.

Et hier j’ai lu le délicieux petit livre de Lucien Suel, Angèle ou le syndrome de la wassingue, paru en mars 2017 aux éditions Cours Toujours / La vie rêvée des choses.

Angèle est une petite fille de la campagne, elle observe le monde qui l’entoure, ne comprend pas tout, vit l’instant présent avec candeur et obéissance, et sait qu’un jour elle sera grande et aura enfin la force physique nécessaire pour essorer la wassingue trempée au dessus du seau.

Un récit d’enfance, nourri de rêve et de poésie, témoignage attendri d’une époque révolue où la maîtresse et monsieur le curé construisaient ensemble avec les parents la route à suivre pour leur jeune troupeau.

Chaque chapitre du livre se termine par le mot wassingue, on reconnaît bien là l’espièglerie du poète ! Mais le dernier mot du livre est amour, car l’enfance ne peut s’épanouir et se terminer que grâce à ce mot.

Wassingue du nord de la France (le mot vient du verbe néerlandais wassen = laver), ou serpillière et autres expressions ailleurs, l’objet contient beaucoup de souvenirs quel que soit le sol ( à récurer !).

Le livre donne à la fin un charmant carnet de curiosités de la wassingue.

Je me souviens avoir en effet bien peiné à tordre cette toile quand j’étais petite. Il fallait de la force dans le poignet et un geste précis. Ma mère ne comprenait pas que je l’essorasse à l’envers, dans le sens contraire du sien. Mais je continue à faire souvent les choses à l’envers … Chez moi, les origines de chacun étant variées, on passait la wassingue avec le lave-pont, petit mélange du nord et de l’ouest.

Je fais une remarque personnelle et étymologique quant au mot régional wassingue : le verbe wassen en néerlandais a deux sens, selon qu’il est transitif (laver) ou intransitif, et dans ce cas il veut dire « grandir, croître ». En allemand, waschen veut dire laver, et wachsen veut dire grandir, les deux verbes sont très proches.
Il y a donc un lien logique entre l’enfance et la toile à laver !

(fleurs bleu outremer de mon jardin !)

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