Sur le printemps de ma jeunesse folle …


      Sur le printemps de ma jeunesse folle
      Je ressemblais l'hirondelle qui vole
      Puis çà, puis là : l'âge me conduisait,
      Sans peur ni soin, où le coeur me disait.

      Clément Marot, extrait de Eglogue au roi sous les noms de Pan et Robin, 1539

L’hirondelle ne fait pas le printemps mais, vive et gourmande, elle sait profiter des premiers beaux jours, des premiers insectes voltigeant dans le ciel, elle les happe en plein vol.
A tire d’ailes elle avale ses proies, ainsi son nom en anglais, swallow, veut-il dire également avaler.

C’est dans le livre de François Berthier, Cent reflets du paysage, paru en octobre 2016 chez Arléa, que j’ai remarqué cette étonnante liaison anglaise entre l’action et l’oiseau, l’hirondelle gobe, avale, engloutit, gloups, dans le ciel !

Une centaine de haïkus composés en japonais et traduits en français par
François Berthier, accompagnés aussi de leur prononciation, donnent à cet historien des arts du Japon l’occasion de présenter la culture japonaise, toutes ses beautés, et ces cent paysages composent un merveilleux voyage en délicatesse et poésie.

Un haïku sur une page et sur celle qui lui fait face une évocation, un conte, un paysage, des miscellanées instructives et captivantes.

Ce livre vient en complément d’un autre que j’ai lu l’année dernière et que je n’avais pas présenté en raison de sa relative difficulté, livre érudit, touffu, mais utile : Mon éventail japonais de Diane de Margerie, éd. Philippe Rey, mars 2016.

Cet ouvrage déploie un éventail finement dessiné de la littérature japonaise.

A travers les grands poètes et écrivains japonais de tous les temps, Diane de Margerie fait découvrir un Japon secret, tourmenté, intime, poétique, cruel ou séduisant, vraiment mystérieux.

Le dit du Genji, nous avons au moins une fois entendu parler de cet ouvrage, c’est le roman-fleuve de Dame Murasaki écrit au Xème siècle, comptant cinquante-quatre livres, ce chef-d’oeuvre de la littérature universelle a engendré environ dix mille volumes de gloses !
La Recherche fait figure de haïku en comparaison.
Pour avoir une idée assez précise de ce roman, on peut commencer par lire les pages de Diane de Margerie, concises et agréables à lire.

Hier 21 mars, jour du printemps, je reçois un message d’un site commerçant me posant cette question: Avez-vous trouvé vos essentiels du printemps ?

Ha, oui, ai-je dit à voix haute, j’ai fait le plein de mes essentiels printaniers !

Je suis parée pour appréhender les beaux jours, j’ai craqué pour quatre nouveaux recueils de poésie.
D’autres, à n’en point douter, viendront s’ajouter prochainement à ma soif de poèmes.

La forme d’expression qu’est le blogage me permettra de parler à l’inconnu de mes secrètes lectures.
La poésie isole et c’est bien dommage. Je préfère ne rien en dire plutôt que de lire sur les visages de mes interlocuteurs des sentiments d’incompréhension, ironie, désapprobation …

C’est le printemps et mes tulipes essentielles comment à s’ouvrir !

2 réflexions au sujet de « Sur le printemps de ma jeunesse folle … »

  • 24/03/2017 à 14:29
    Permalink

    Et l’on retrouve, avec plaisir, le jardin de Grillon, ses fleurs, ses parfums ses couleurs, son humus et ses mousses sur le vieux banc : le cri de l’hirondelle en prime !

  • 26/03/2017 à 13:33
    Permalink

    Chère Grillon, merci de nous montrer des beaux livres sur la culture japonaise. L’ éventail…ce objet charmant a la connotation riche au Japon et en France aussi! (p.e. la conversation par l’ éventail? ) Le printemps vient plus tôt chez vous que chez moi…
    Et les Francais trouvent souvent le coeur dans la nature, je crois. Vous savez, il y a le twin crystal au Japon??https://jp.pinterest.com/seekerkat/japan-law-twin-crystal/

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