Un petit veau

      François Vuagnat, A l’abreuvoir, vers 1880, mba Rennes, notice.

      Poète mangeant une tête de veau

      Succulence de la chair
      tendre et parfumée,
      égayée d’un rien de vinaigre
      et d’un hachis de ciboulette.

      « Vous en reprendrez bien » dit l’hôtesse.

      Souvenir alors d’une table d’enfance,
      de ma mère penchée
      vers le plat bleu
      où la viande doucement fume,

      puis soudain ce tableau touchant :
      un jeune veau près de sa mère,
      au fond du pré fleuri,
      son doux regard humide d’enfant.

      « Non, merci, je n’en reprendrai pas ! »

    Jean Joubert, recueil Longtemps j’ai courtisé la nuit, éd. Bruno Doucey, juillet 2016

Ce livre rassemble le premier et le dernier recueil de poèmes de Jean Joubert, mort en 2015.
Le premier s’intitule Les lignes de la main, pour lequel le poète reçut en 1955, à l’âge de vingt-sept ans, le prix Antonin Artaud.
A sa mort soixante ans plus tard, le poète a laissé un recueil inédit, Longtemps j’ai courtisé la nuit, publié l’été dernier.

Comment pourrais-je, personnellement et humblement, définir ce que je ressens dans sa poésie ?
Tendresse, secret, nostalgie, tristesse parfois, rêverie et profondeur, pénombre et lumière.
Je me laisse porter, séduire par son atmosphère élégiaque.

J’ai recopié le poème de la tête de veau, qui ne reflète pas, à vrai dire, l’ambiance générale du recueil beaucoup plus romantique, mais qui m’a fait tendrement sourire, et fait penser à un autre poète, Raymond De Vos !

2 thoughts on “Un petit veau

  • 19/02/2017 at 08:38
    Permalink

    Merci, Grillon, pour ce moment de tendresse… et d’humour avec le grand Devos (Deveau ?).
    Bon dimanche !

  • 19/02/2017 at 11:13
    Permalink

    Pas d humour pour moi mais une question grave et bien posée : ne mangeons pas les animaux ! très beau , merci !

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