La solitude d’un chêne

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Au coeur d’une forêt de chênes, de hêtres, de châtaigniers, d’alisiers (mes préférés), de frênes, de trembles, de robiniers faux-acacias, d’érables champêtres, de poiriers et de pommiers sauvages, de merisiers et d’aubépines et d’une dizaine d’autres essences sommes-nous plongés en lisant le livre de

      Jérôme Chantreau, Avant que naisse la forêt (éd. Les escales)

Ce livre mériterait le prix du style (décerné par qui ?).

L’écriture sensuelle nous gonfle les poumons du parfum frais, ruisselant, de la forêt du matin qui se fait femme fontaine.
Au crépuscule, le silence de la forêt est une prière panthéiste.
Les bois profonds s’entourent de mystère, il y a un ermite, des légendes, et puis une maison au coeur de la forêt. Le narrateur, qui vit en région parisienne, y revient à la mort de sa mère.

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Mélancolie, angoisse, bien-être, solitude, souvenirs, sensations mêlées et questionnement, et puis les arbres, la nature présente, prenante, sauvage.
Les sens en éveil, l’odorat, la vue, l’ouïe, des mots puissants … le narrateur se fond dans la forêt, n’en reviendra pas.
Par ailleurs, ses souvenirs l’amènent à tailler un portrait à la tronçonneuse de la société des années soixante-dix, c’est mordant, brutal, on s’y retrouve bien !

J’ai aimé la respiration de ce livre, ses phrases poétiques, cette atmosphère sylvestre particulière, fantastique, mystérieuse, et la fin que je ne dévoile pas.

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J’ai acheté un stylo-bille d’un joli vert chlorophylle, et de cette couleur de houppier printanier j’ai souligné dans le livre toutes les phrases que j’aime, il y en a beaucoup.

J’ai photographié l’hiver dans les arbres couverts de lichen vert de gris, comme givrés de froid sous nos quinze degrés.

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    Marc-Antoine Mathieu, Otto l’homme réécrit, éd. Delcourt

Livre d’images, livre de philosophie.
Etonnant ouvrage. Beau graphisme.
Dès qu’on l’a fini, on éprouve le besoin de le relire.
Sur la couverture, l’homme prend la forme d’un houppier de chêne. C’est l’histoire d’une remontée vers la genèse. Avant que naisse la forêt.

C’est étrange, mes lectures se suivent apparemment sans lien, et pourtant, des liens se trouvent.

Encore un arbre :

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    James Sacré, Un désir d’arbres dans les mots, dessins de Alexandre Hollan, éd. fario

J’ai lu ce livre poétique il y a plus d’un an, je l’avais oublié, je l’ai relu.

Il ne s’agit pas d’une forêt en Mayenne comme avec Jérôme Chantreau, ni de chênes, hêtres ou châtaigniers, mais de la frontière espagnole après Montpellier, et les arbres sont des eucalyptus, des arganiers, des noyers, amandiers, oliviers.

Poésie vibrante, colorée, parfumée, les arbres s’épanouissent dans les mots féconds.
Magnifique !

Une réflexion au sujet de « La solitude d’un chêne »

  • 15/12/2016 à 12:03
    Permalink

    A contre courant avec la grisaille du moment et sa pollution tenace !

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