Les verts m’ont dit …

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Oui,c’est cela, il fallait des murs d’un bleu outremer pour rappeler l’azur profond de certains détails picturaux, pour exalter les verts et les rouges de chaque toile, pour imaginer le voyage au delà des mers de Gauguin …

Dans son autoportrait de l’hiver 1893-1894, qui est largement commenté dans le site du musée d’Orsay, Gauguin s’est fait aussi un oeil vert, une verdure audacieuse, même et plutôt une verdeur affirmée en riposte au refus de la part du musée du Luxembourg d’accepter le don d’une de ses toiles polynésiennes. Une toile sauvage, primitive, pas encore dans le goût de l’époque.

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Alors Gauguin en met une dans son portrait, de ces toiles splendides et incomprises.
Dans un autoportrait l’artiste est libre et met les messages qu’il veut faire passer.
Les ombres sur son visage sont vertes, reflétant les poutres et les murs verts de l’atelier, et on est surpris par les éclats blancs sur le côté gauche de son front, sa pommette, sa joue.
Le visage semble éclairé par le tableau accroché au mur.
La figure de Gauguin s’imbibe de la lumière intense de Tahiti.
C’est cette peinture, que les autres n’aiment pas, qui donne au peintre le vrai contour de son visage.

axiletteo Il y a beaucoup de verts impressionnants dans cette exposition ( présentée sur cette page).

Ci-contre le vert fauve du veston d’Alexis Axilette : notice.

Le visage est cerné de vert dans un assaut de modernité.

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Un peintre fait parfois son autoportrait en peignant son atelier, cet univers intime qui est tout lui, qui lui ressemble.

Dans l’atelier de Daniel de Monfreid (notice), le vert de la robe de chambre de sa femme Annette fait jaillir le rouge du fauteuil, et introduit une profusion de couleurs dans un riche décor.

Daniel de Monfreid fut surnommé par Victor Segalen le Maître du vert.
On reconnaît aux murs des tableaux de son ami Paul Gauguin.

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Dans l’atelier de Paul Sérusier, (consulter la notice), le vert rayonne, émerveille, unit entre elles toutes les couleurs splendides de cette nature morte.

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Que l’on regarde ce tableau d’un côté ou bien de l’autre, chaque fois le peintre nous suit du regard et nous fixe droit dans les yeux. Je ne sais pas comment s’appelle ce phénomène.

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Il s’agit de Henri Martin vers 1912, (notice), il naquit à Toulouse et mourut à Labastide-du-Vert. Dans ce village il peignit les paysages verdoyants ainsi que son jardin.

La fenêtre est verte, elle semble diffuser dans l’air son vert amande.
La palette sème aussi ses touches de couleurs dans la nature, des verts très lumineux se constellent de lucioles mauves, orangées, palpitantes.

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Le cadre en bois naturel est décoré d’un motif végétal qu’on imagine vert bien sûr.

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D’autres autoportraits de l’exposition se détachent sur des fonds verts, une fenêtre verte, je ne passe pas tous les décors virides en revue, mais, ah, le beau noeud vert de Vincent ! goghautoportraitdeto

J’ai suivi un certain guide vert pour visiter cette exposition, pardon pour cette fantaisie !
Je terminerai cette semaine par un tableau particulièrement impressionnant, où il n’y a pas de vert, et qu’avec passion cet été j’ai découvert !

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