Ce qu’il faut de terre à l’homme

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J’aime la fin de l’été, alentie, repliée, pâlie, secrète, après le grand bavardage de la saison haute en couleurs.
Certes, il faut être en retraite pour apprécier cette sieste de l’année avant le profond sommeil hivernal.

Somnoler, s’étirer, humer l’avancée à pas de loup de l’automne, observer comme un chercheur d’or le travail précieux de la lumière, écouter le retour du silence.

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J’aime partager ma propre fatigue avec celle des fleurs en m’allongeant sur la pelouse elle-même assoiffée, épuisée.
L’abandon floral a toujours un je-ne-sais-quoi de divin, poétique, gracieux …

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… et solidaire. Le figuier est venu soutenir une rose dans son dernier éclat.

Le temps hésite entre chaleur encore ardente et petit crachin gris, soudain et bienfaiteur. On se cherche une petite laine à l’approche des nuages, on l’ôte subitement, non décidément l’été n’est pas fini, on s’essuie le front, les lunettes, on reprend son livre.

Mes chats cherchent une langue d’ombre sous le « Rutschbahn » comme dit mon petit-fils de deux ans-et-demi qui préfère ce mot à « toboggan ».
La tête résonne des images et des sons des réunions familiales trépidantes qui se sont tues, jusqu’à l’été prochain.

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J’ai lu hier une bande dessinée. Un genre de lecture bien rare chez moi.
J’ai été tellement charmée que je me sens encore habitée par cette histoire et par ces images !

61qh4fBJ1aL._SX374_BO1,204,203,200_ Martin Veyron, Ce qu’il faut de terre à l’homme, éd. Dargaud, avril 2016

Le dessinateur français adapte d’une manière envoûtante un conte russe de Tolstoï.
Par ses dessins magnifiques et son vocabulaire percutant, il donne à cette histoire philosophique une force étonnante.
Il est question de la folie des hommes métamorphosés par l’avidité.
Certaines pages n’ont pas de texte, on contemple alors avec bonheur chaque image de la campagne russe en diverses saisons et on se raconte soi-même l’histoire qui s’y joue.
Un beau livre de 144 pages et une très belle fable !

4 réflexions au sujet de « Ce qu’il faut de terre à l’homme »

  • 07/09/2016 à 18:01
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    J’aime beaucoup la tonalité alanguie de ce billet et tes deux chats qui s’étalent de tout leur long… Tu dis bien l’atmosphère de la fin de l’été même si pour moi elle rime avec rythme effréné de la rentrée ! Bises affectueuses, profite du calme après les fêtes de famille !

  • 08/09/2016 à 16:38
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    Bises à toi aussi et bonne rentrée, prends le temps de te ménager un peu ! 🙂

  • 12/09/2016 à 12:39
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    Que tes mots sont doux à ma vue tant tes expressions sont poétiques et invitent à la sérénité, Merci pour tout cela
    Beaucoup de choses à faire pour moi aussi et pour m ‘ etourdir dans le travail quand le quotidien est trop pesant …
    Bonne semaine bizettes de l ‘ Anjou!

  • 12/09/2016 à 22:07
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    Bonne semaine Cavatine !
    Avec les poires et les pommes du jardin, ma semaine est encore très chargée !

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