La soupe et les nuages

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    La soupe et les nuages

    Ma petite folle bien-aimée me donnait à dîner, et par la fenêtre ouverte de la salle à manger je contemplais les mouvantes architectures que Dieu fait avec les vapeurs, les merveilleuses constructions de l’impalpable. Et je me disais, à travers ma contemplation : « toutes ces fantasmagories sont presque aussi belles que les yeux de ma bien-aimée, la petite folle monstrueuse aux yeux verts. »
    Et tout à coup je reçus un violent coup de poing dans le dos, et j’entendis une voix rauque et charmante, une voix hystérique et comme enrouée par l’eau de vie, la voix de ma chère petite bien-aimée, qui disait : « -Allez-vous bientôt manger votre soupe, s… b… de marchand de nuages ? »

    Charles Baudelaire, recueil Le spleen de Paris, 1869.

Que j’aime ce petit poème en prose !

Je ne devrais pas le dire, mais que j’aime le retour des nuages !

Le temps s’est rafraîchi, le ciel a revêtu sa petite laine argentée, sa doudoune de mohair. Les bleus purs des canots affrontent les pastels célestes et le gris marin, léger contraste atmosphérique, chromatique.
La bonne pluie d’été.

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