Scientifiques en vacances

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Je n’ai pas lu ce livre sur la plage, mais dans mon lit ce week end jusque tard dans la nuit …
Toutes ces choses savantes auxquelles je ne comprends rien, atome, neutron, radioactivité, fissure nucléaire, me passionnent !

Edouard Launet, Sorbonne plage, éd. Stock, mai 2016

Non, à vrai dire j’ai choisi de lire ce livre parce que l’action se déroule en Bretagne.
Sur la côte nord, dans la presqu’île de l’Arcouest, entre Paimpol et l’île de Bréhat.
Ce n’est pas un roman, mais le récit de la colonie de vacances des grands noms de la recherche scientifique durant la première moitié du XXème siècle.
Un bon livre pour l’été !
Ils s’appelaient Marie Curie, Jean Perrin, Frédéric Joliot, Irène Joliot-Curie, Pierre Auger, Francis Perrin … et puis les historiens Charles Seignobos et Georges Pagès. Ils décidèrent de passer tous ensemble leurs étés (l’élite universitaire aime rester groupée) dans ce coin de Bretagne sur l’incitation du poète Anatole Le Braz, qui avait des relations avec ce milieu ainsi qu’une maison à Port-Blanc.

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Peu à peu, au début du XXème siècle, ces éminents normaliens, chercheurs, sorbonnards, achetèrent des maisons, et des terrains pour faire construire des villas (je m’étonne qu’ils aient pu si facilement acheter des terres, car, au moins dans le sud de la Bretagne, c’était en ce temps-là presque impossible, c’était pour les propriétaires un déshonneur que de se séparer de son patrimoine) , dans la presqu’île de l’Arcouest, où ils formaient chaque été, durant trois générations, un clan protégé, fermé entre-soi, bien que tous fussent communistes sur le plan politique. On surnomma ce groupe de l’Arcouest « Sorbonne Plage » et quatre prix Nobel les couronnèrent, comme des étoiles de mer sur le sable (ça c’est moi qui le rajoute!).

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Edouard Laurent, ingénieur lui-même et ayant recueilli le témoignage de descendants qui forment aujourd’hui la cinquième génération, raconte de manière captivante la vie particulière de ces savants en villégiature, qui allaient mettre en route sans le savoir et contre leurs idéaux pacifistes la découverte la plus terrifiante, la bombe atomique.

Ces familles, auxquelles s’est ajouté un autre nom célèbre, Liliane de Bettencourt, occupent encore aujourd’hui ce lieu et un monument en granit rose au bout de la presqu’île rend hommage à Irène et Frédéric Joliot-Curie. Consulter le site.
Deux blocs de granit se font face, légèrement écartés l’un de l’autre comme si le roc avait été coupé en deux, c’est le symbole de la fission du noyau atomique dont le couple fut le précurseur.

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