La multiple splendeur

bonnardnmoslo

Pour vivre clair, ferme et juste,
Avec mon coeur, j’admire tout
Ce qui vibre, travaille et bout
Dans la tendresse humaine et sur la terre auguste.

[…]

Alors les tendres fleurs et les insectes frêles
M’enveloppent comme un million d’ailes
Faites de vent, de pluie et de clarté.
Ma maison semble un nid doucement convoité
Par tout ce qui remue et vit dans la lumière.
J’admire immensément la nature plénière
Depuis l’arbuste nain jusqu’au géant soleil
Un pétale, un pistil, un grain de blé vermeil
Est pris, avec respect, entre mes doigts qui l’aiment ;
Je ne distingue plus le monde de moi-même,
Je suis l’ample feuillage et les rameaux flottants,
Je suis le sol dont je foule les cailloux pâles
Et l’herbe des fossés où soudain je m’affale
Ivre et fervent, hagard, heureux et sanglotant.

Emile Verhaeren, dernière strophe de Autour de la maison, recueil La multiple splendeur, le poème entier se lit sur cette page.

bonnardnmoslodet

41VlSYIxVXL._SX275_BO1,204,203,200_ « Le jardin soigne le jardinier qui soigne les plantes »,

j’ai lu cette phrase dans le dernier numéro paru (en octobre 2015) de la revue Jardins aux éditions du Sandre.

J’aime bien cette revue qui publie un seul livre par an, chaque livre ayant un thème précis.

J’avais parlé du numéro précédent, en 2014, consacré à l’ombre, ici.

En l’année 2015 le thème est le soin.

Le petit livre long comme une plate-bande de potager rassemble des textes d’écrivains, jardiniers, paysagistes, historiens, médecins, témoignant du rôle salvateur et thérapeutique du jardinage et du jardin.

Même si parfois mon jardin me démoralise, me prend de vitesse dans son ivresse, m’affole avec ses herbes folles et me fait honte, en prendre un peu soin me fait toujours du bien.

Cultivons notre jardin, avait dit Voltaire, et quand on a la chance d’en avoir un, on trouve en effet beaucoup de bonheur dans cette culture. On devient alors contemplatif et béat comme Verhaeren.

Rêvons un peu, dans un jardin de rêve, un jardin public dans un espace urbain, ceux qui souffrent du mal de vivre ou du manque de civisme, viendraient librement y bêcher, semer, planter, arracher, biner, sarcler, au lieu de casser …

bonnardjardinphillips

Une réflexion au sujet de « La multiple splendeur »

  • 20/05/2016 à 20:56
    Permalink

    Très très beau texte… Bonnard est un de mes peintres préférés et j’ai vu ce tableau de mes yeux il n’y a pas longtemps… Et ton jardin est une merveille !

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