Si les fleurs n’étaient que belles sous nos yeux

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Si les fleurs n’étaient que belles sous nos yeux, elles séduiraient encore ; mais quelquefois leur parfum entraîne, comme une heureuse condition de l’existence, comme un appel subit, un retour à la vie plus intime. Soit que j’aie cherché ces émanations invisibles, soit surtout qu’elles s’offrent, qu’elles surprennent, je les reçois comme une expression forte, mais précaire, d’une pensée dont le monde matériel renferme et voile le secret.

Senancour, extrait de Oberman, supplément de 1833.

      Childe Hassam, Cueillette de fleurs dans un jardin français, 1888, musée de Worcester, notice .

Il y a trois ans précisément, j’utilisai ce tableau ce tableau de Childe Hassam pour recopier un passage de Du côté de chez Swann, celui où le jeune narrateur évoque sa lecture au jardin, sous les marronniers de Combray : revoir sur cette page.

Cette année je découvre ce passage du roman le plus célèbre de Senancour, Oberman, et je reprends ce tableau de Hassam, plein de fleurs.
Senancour est oublié aujourd’hui, consultons sa page wiki , on y lit que Proust aimait le lire, et en effet, on ressent un écho entre ces fleurs odorantes de Senancour et les marronniers du petit Marcel.

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    Johan Fredrik Krouthen, Vue d’un jardin, 1887-1888, Nationalmuseum Stockholm, notice.

Les fleurs ne sont pas que belles, ne sont pas que décoratives, elles invitent à la réflexion intime, leur parfum aide à se remémorer, à se laisser traverser de sensations diverses, à descendre dans son moi profond, instinctif, enfantin, à percer le mur opaque du monde matériel …

Comme les marronniers de Combray, les fleurs du jardin encadrent et enjolivent la lecture et ses heures silencieuses, sonores, odorantes et limpides

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