Un temps de poème

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      Jours de patience
      Comme des perles de vie
      Notes qui s’égrènent

      Du silence sans couture
      Venez écouter le chant

      Terre d’asphodèles
      Champs de trèfles boutons d’or
      Frissons d’églantiers

      Du printemps vivant
      Les talus stridulent
      Une araignée s’effiloche

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      Un temps de poème
      L’âme se recueille
      Dans la ferveur des chemins

      Des fleurs vont s’offrir
      L’arbre resurgit
      Branches habillées de chants !

    Jean-Pierre Boulic, extrait de Patiente variation, 2010, éd. La Part Commune

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Cet après-midi, la poésie m’a fait parcourir cent-trente kilomètres afin que j’aille l’écouter. Elle seule peut me contraindre à conduire une voiture alors que je déteste ça ! J’ai traversé de splendides paysages, qui eux-mêmes se présentaient comme des poèmes de lumière, pour rencontrer quatre poètes à l’abbaye de Landevennec. Parmi eux Jean-Pierre Boulic et le frère Gilles Baudry.
Deux heures et demie de beauté, sérénité, dans la musique des mots.

J’ai déjà cité Jean-Pierre Boulic ici, et puis , et encore ici.

J’avais fait part de ma découverte de Gilles Baudry ici

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Les poètes ont parlé de leur art et je tente de retenir et transcrire ici une part de leurs phrases qui m’ont beaucoup plu.
Ils ont dit simplement qu’ils sont des artisans des mots, mais ceux-ci ne leur appartiennent pas, ils les cueillent, c’est pourquoi les poèmes se tiennent dans des recueils. Le poète n’est qu’un dépositaire d’un langage qui lui est offert.
Le poème est une mise au monde, il guide sur le chemin de l’intériorité, et le rôle de la poésie est de combler le manque d’intériorité de notre société moderne.
Il ne s’agit pas de réfléchir au sens de la vie mais de vivre ce qui fait sens. Le poème permet d’exprimer son être le plus profond, et à partir du réel, du concret, de la nature, on peut atteindre l’invisible.

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Gilles Baudry constate, et nous le savons tous, que la poésie reste de nos jours un art confidentiel, que les éditeurs, les libraires, et les lecteurs préfèrent les romans, la poésie a du mal à se faire publier, distribuer, reconnaître … nous sommes actuellement dans le « présentisme », et non dans le présent, dans l’instantané, et non dans l’instant, non pas dans la durée, nous vivons dans l’immédiateté et la superficialité, le présent qui nous fait vivre l’instant profond semble aujourd’hui perdu. La poésie nous restitue la profondeur.
Mais pourtant, dans notre monde agité, quand survient un malheur, un décès, on a recours à la poésie, on cherche un poème à graver sur une tombe …

Nous étions une cinquantaine d’auditeurs, venus des quatre coins du Finistère, c’était bien tout de même, la poésie contemporaine a encore des admirateurs. J’ai demandé aux poètes pourquoi la Bretagne reste-t-elle une région aussi riche de poètes, bien plus féconde qu’ailleurs en France. Ils ne surent répondre, ont ajouté que l’autre région la plus poétique de France est la Belgique. Par la poésie, la Belgique devient une province française !

Bref, je suis repartie avec encore une moisson de recueils sous le bras !
(mes photos ci-dessus montrent le parc de Boutiguéry à Gouesnach en Finistère Sud)

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3 réflexions au sujet de « Un temps de poème »

  • 31/05/2015 à 13:57
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    Oui, une belle poésie ! Puis-je inclure ce billet dans mon groupe Chlorophylle ? Ta balade enchante !

  • 31/05/2015 à 14:49
    Permalink

    J’ai regardé ton challenge Chlorophylle, c’est une idée charmante, je veux bien y participer, merci à toi, Syl 🙂 !

  • 31/05/2015 à 14:52
    Permalink

    Alors je te note ! Tu vois bien que je ne peux résister, il cadre parfaitement…

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