Du côté de chez Grillon du foyer

Mots de l’été : été

Une maison en été, une maison d’été ou de vacances, maison de famille, ou résidence secondaire, maison des beaux jours … maison que l’on occupe, et retape ou entretient parfois à grand peine, chaque été avec la même joie réconfortante du passé retrouvé.
Même si, l’été, on vit dehors, la maison fraîche aux volets mi-clos apporte sa pénombre bienfaisante pendant les grandes chaleurs et on apprécie de se blottir entre ses murs épais, comme en hiver au coin du feu.

La maison d’été, l’expression est presque un pléonasme …
Si, alors que tout le monde est parti à la plage, on profite du calme dans la maison pour feuilleter le dictionnaire historique de la langue française, on apprend que le mot été est issu de la même famille que le mot édifice, ainsi que les mots surprenants édile et estuaire et, plus étrange encore à mes yeux, éther.

    rysselbergheesto

    Théo van Rysselberghe, Voiliers et estuaire, vers 1887, musée d’Orsay, page du musée

Tous ces mots se rattachent à une racine indoeuropéenne aidh- qui veut dire brûler.
La chaleur de l’été brûle, et quels sont les liens avec les autres mots ?
L’édifice (ou maison) contient l’âtre, le feu qui brûle, apportant la chaleur que l’été enfui ne prodigue plus. L’édile est l’élu chargé des édifices et sa mission lui donne-t-elle chaud ?!
Et l’estuaire ? Je ne sais pas … qui me dira ?
On reconnaît dans estuaire les lettres de estival, étant donné que le u se change parfois en v, mais quel rapport logique y a-t-il entre l’été et l’estuaire ? Ce dernier est peut-être plus vide, plus présent au regard, en été qu’en hiver, car le fleuve le remplit moins ?

    degasmero

    Edgar Degas, Au bord de mer sur une plage trois voiliers au loin, vers 1869, pastel, musée d’Orsay, notice

Les voiliers ont quitté l’estuaire pour un bord de mer éthéré, vaporeux, un paysage voilé d’une brume estivale. Il semble que l’éther soit aussi volatil que la vapeur produite sous l’effet d’une brûlure. Quand il fait très chaud, on a la tête qui tourne, on est perdu de vapeur comme si on avait respiré de l’éther.
En vacances on ne réfléchit plus, on passe l’été éthéré, superficiel et léger comme disait une chanson de Michel Berger.

Ah, vivement une bonne pluie d’été !
A suivre ! :-D

été,Mots @ 6:06 , juillet 23, 2014

3 comments

  1. Ah Grillon, mais vous nous proposez
    un festival estival !
    Il semblerait que « estuaire » vienne de « aestus » qui signifie « marée, comme lieu où les flux et reflux sont particulièrement remarquables.

    comment by Dominique — 24/07/2014 @ 09:25
  2. Oui, mais « aestus » vient , comme « aestas » = été en latin, de cette fameuse racine brûlante « aidh » . Etrange, non ?

    comment by Grillon — 24/07/2014 @ 12:09
  3. Une réponse tout à fait claire m’a été communiquée ce midi concernant l’été et l’estuaire, et je mets ici le lien pour la découvrir :

    http://plus.lefigaro.fr/note/les-petits-poulbots-en-goguette-20120302-791810

    La réponse se trouve dans le commentaire de « Marmara » un peu plus bas …

    L’estuaire est l’endroit où l’eau bouillonne, est comme en ébullition, comme sous l’action d’une chaleur brûlante. L’eau et le feu se rejoignent !

    Grand merci à Dickens et Marmara !

    comment by Grillon — 25/07/2014 @ 13:14

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