Du côté de chez Grillon du foyer

La collection Hohenbuchau

      IMGP0310

A collection exceptionnelle, catalogue exceptionnel.

Au musée des beaux arts de Stuttgart (la Staatsgalerie) se tient cet hiver, jusqu’au 23 Février, l’exposition de la Collection Hohenbuchau.

Voici la présentation sur le site de la Staatsgalerie .

La collection Hohenbuchau : j’ignorais son existence. C’est l’une des plus importantes collections privées en Europe de peinture flamande et hollandaise du XVIIème siècle.

Otto Christian Fassbender et son épouse Renate ont rassemblé depuis les années soixante-dix cette fantastique collection, qui doit son nom au château de Hohenbuchau en Hesse en Allemagne, ayant autrefois appartenu à leur famille. Les murs leur manquaient, bien sûr, le manque de place est le problème de tout collectionneur, et depuis décembre 2007, la collection a trouvé la place digne de sa qualité, dans le musée Liechtenstein de Vienne en Autriche.
Le prêt permanent de cette collection privée au musée de Vienne est une chance pour tout le monde, les collectionneurs voient leurs oeuvres idéalement conservées et dotées d’un splendide catalogue, tandis que le public peut profiter de la visite et admirer les oeuvres autant qu’il le souhaite.

    brugghenhohenbuchau

    Hendrik Ter Brugghen, Un vagabond riant et son chien, 1628, Collection Hohenbuchau, Liechtenstein Museum Vienne, notice

Cette vaste collection est variée, présente des portraits, des paysages, des scènes bibliques, mythologiques, de genre, des natures mortes d’une qualité extraordinaire. A côté des noms les plus célèbres, nous avons la chance de trouver des oeuvres d’artistes moins connus mais particulièrement attachants.

Il y a des caravagesques utrechtois, comme par exemple ce tableau de Hendrik Ter Brugghen montrant un homme joyeux avec son chien qui le lèche affectueusement. Ce tableau est l’un des enfants préférés du couple Fassbender.

    hohenbuchau1

    Abraham van Beyeren, Nature morte de prestige, Collection Hohenbuchau musée Liechtenstein Vienne

Les natures mortes, austères ou prestigieuses, sont nombreuses et époustouflantes. Des fleurs, des fruits, des feuilles et des branches, des tables, des niches, et des zestes de citrons à foison … On les retrouve merveilleusement photographiées dans un catalogue non moins somptueux, qui pèse trois kilos et coûte seulement 34,90€. Il ne faut pas hésiter à alourdir sa valise, même s’il faut souffrir dans les escaliers du métro !

J’ai été surprise de trouver dans l’ensemble de cette collection de nombreux points communs avec la collection de peinture flamande et hollandaise du musée des beaux arts de Quimper. Des oeuvres de peintres moins réputés, assez rarement présents dans les musées en général, se rencontrent dans la Hohenbuchau ainsi qu’à Quimper.
C’est ainsi que nous avons poussé un léger gloussement satisfait d’amateur presque averti en découvrant des Cornelis van Haarlem, Joos de Momper le Jeune, Frans Francken I et II, Pieter De Grebber, Otto Marseus van Schrieck …

    IMGP0307

La collection Hohenbuchau présente trois magnifiques tableaux d’Otto Marseus van Schrieck dont voici quelques photos de détails que j’ai prises dans le catalogue.
Ce Marcel de la peinture hollandaise s’est spécialisé dans des gros-plans de paysages vus au ras du sol, la vie rampante et grouillante des sombres sous-bois, reptiles et batraciens au pied des arbres, insectes variés, représentés dans une atmosphère étrange, froide, inquiétante.
Serpents, chardons et papillons ont sa prédilection.

    IMGP0308

C’est rare de pouvoir admirer autant de Schrieck rassemblés, les détails sont d’une beauté et d’une poésie merveilleuses malgré le sujet plutôt repoussant. Le musée des beaux arts de Quimper possède l’une de ces étonnantes natures vivantes (voir ici).

Après la visite, le réconfort : je recommande le restaurant du musée, très agréable, avec un plat du jour très bon et copieux à 8€, il ne faut pas s’en priver !

    staatsgalerie
musées @ 6:21 , janvier 18, 2014

5 comments

  1. Quels trésors dans les collections privées ! J’aime beaucoup les natures mortes du XVIIe et en particulier les bouquets avec les insectes, les papillons. Je ne connais pas ce peintre de la vie au sol, précurseur de « Microcosmos » – merci pour les illustrations.
    (Et bravo pour les jolis tricots.)

    comment by Tania — 19/01/2014 @ 10:51
  2. Précurseur de Microcosmos, la formule est jolie, et tout à fait exacte !
    Cette collection est richissime de trésors, il faut aller la voir, soit en expo temporaire, soit à Vienne.

    comment by Grillon — 19/01/2014 @ 11:42
  3. Ca fait un peu juste si c’est jusqu’en février… mais je note ce restaurant.
    Cher Grillon, je me suis abonnée à ton blog, mais je ne reçois aucun message sur la sortie de tes billets. Je me réinscris… on va voir.

    comment by Syl. — 19/01/2014 @ 13:32
  4. Je crois que la faute est mienne, Syl, je suis désolée et je te prie de m’excuser … je n’ai pas regardé la liste des abonnés, or, grâce à toi, je viens de découvrir qu’une très longue liste de noms inscrits attendaient d’être validés ! J’ignorais que je devais faire quelque chose, je n’y connais rien dans ces manipulations ! J’espère que tout va rentrer dans l’ordre, pardon à tous ceux qui attendaient des nouvelles de Grillon du Foyer !
    Le prochain envoi de la newsletter aura lieu normalement dimanche prochain.

    comment by Grillon — 19/01/2014 @ 15:10
  5. Une telle collection fait rêver, cela semble à peine possible – on croyait cela réservé aux anciennes monarchies !

    comment by nathalie — 19/01/2014 @ 16:48

RSS feed for comments on this post. TrackBack URL

leave a comment


+ 5 = douze