Du côté de chez Grillon du foyer

Blanc et bleu comme neige

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    Nicolas de Staël, Ménerbes, 1954, musée Fabre Montpellier, musée

Si la température dans le Finistère était plus basse d’au moins dix degrés, le pays serait enseveli sous plusieurs mètres de neige … on crierait au record nivéal en ce mois de nivôse. Mais point de blancheur, d’ombres bleutées dans ma région, tout n’est que grisaille et détrempe.
Il faut chercher la neige dans les tableaux !

Quel est cet éclat blanc dans le tableau ci-dessus ? Neige, ou petit pan de mur blanc sous le soleil implacable de la Provence ?
Le site du musée Fabre n’établit pas de lien direct vers la page de Nicolas de Staël. Il faut taper le nom du peintre dans la page de recherche, que j’indique dans la légende, et l’on verra apparaître ce beau tableau subtilement encadré de gris. Sous la vignette du tableau se trouve un commentaire de l’oeuvre en français, et en anglais, il faut cliquer sur la flèche pour apprendre de ces choses instructives que les musées savent nous dire.

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Le commentaire oral du site ne le dit pas, je l’ai lu dans un catalogue, l’interprétation d’une vue hivernale pour ce tableau est intéressante.
Nicolas de Staël s’est installé à Ménerbes en Provence en 1953 et y a vécu le terrible hiver de 1954. Il a neigé dans cette région cette année-là, Staël a peut-être représenté la neige et son ombre bleue, par ailleurs la surexposition provoquée par l’éclat de la neige sous le soleil donne des reflets gris au paysage. En 1954 il avait peint Marseille sous la neige. Il admirait tout particulièrement les oeuvres de Gustave Courbet, et à propos de la neige, qu’il a notamment peinte dans sa très grande toile L’hallali du cerf, Courbet avait dit à son ami, défenseur et critique d’art Jules-Antoine Castagnary que les ombres de la neige étaient réellement bleues.

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    Gustave Courbet, L’hallali du cerf, 1867, mbaa Besançon, notice

J’avais été subjuguée par cet immense tableau lors de l’expo Courbet au Grand Palais, c’est la dernière toile de grand format du peintre, la lumière bleutée de la neige y est en effet fantastique.
Cet hiver 1867 fut également très rigoureux, et Courbet en profita pour éterniser la neige.

Nicolas de Staël eut un fils à Ménerbes, né en avril 1954, et il le prénomma Gustave comme Courbet.

Pour revenir à l’atmosphère finistérienne qui nous baigne actuellement, voici un tableau tout de gris nimbé, que j’aime beaucoup. Un tableau de Vincent van Gogh peu connu :

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      Vincent van Gogh, Toits de Paris, 1886, Galerie nationale d’Irlande Dublin, notice

couleurs,hiver @ 2:33 , janvier 5, 2014

2 comments

  1. Bonjour Grillon, trois peintres et trois manières si différentes !
    Je ne reconnais pas Paris dans ce tableau de van Gogh ?!
    J’ y vois Boulogne/mer… (ah, imagination)
    Quant à la grisaille finistérienne,
    elle n’ a rien à envier à celle londonnienne et heureusement qu’ un thé et un cake nous détournent de la morosité du temps.

    comment by Dominique (bis) — 05/01/2014 @ 17:03
  2. Je te souhaite une belle année 2014. bonheurs ,joies , belles découvertes et rencontres. bises za

    comment by broutille — 06/01/2014 @ 15:00

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