
Quand les sciences naturelles se font poésie …
Quand la malacologie devient littérature …
♪ Dis-moi, Vénus, quel plaisir trouves-tu à faire ainsi cascader, cascader ma vertu ? ♪
( cet air de La Belle Hélène me vient à l’esprit car vénus est l’un des noms de la palourde)
Voici un livre très particulier, passionnant pour qui aime le monde marin :

Marc Le Gros, Eloge de la palourde, éditions L’escampette, 2009, réédité en 2012.
Marc Le Gros est un écrivain et poète breton, né en 1947 à Morlaix, sa biographie est là.
Ce livre n’est pas un recueil de poèmes, cependant il faut une âme de poète pour parvenir à rédiger l’éloge substantiel et magnifique du petit coquillage.
Modeste mollusque bivalve, inconnu de la cuisine jusqu’au XXème siècle, alors que l’huître jouit de prestige depuis toujours dans l’art, la littérature et la gastronomie.
Un paragraphe par page, une qualité chaque fois relevée, une beauté révélée, cette étude minutieuse de la palourde est aussi érudite qu’est patiente, méthodique et passionnée sa pêche à pied dans l’estran. Sans comparaison sévère, il n’est point d’éloge flatteur, et la grande victime est l’huître, qui apparaît monstrueuse face à la pureté plastique de la palourde.
La palourde est toute rythme, cadence. On regrette que les savants lui aient refusé le qualificatif d’ »ondée » qu’ils accordent au buccin – lequel d’ailleurs serait proprement « ondulé ». Peu de coquillages pourtant, et de bivalves en particulier, présentent une croissance aussi régulière, aussi nette, aussi simple. Loin des pourrissements immobiles, des effondrements locaux, de ces lésions infimes qui marquent nos appartenances, régissent les ordres du vivant, c’est comme si une force infiniment sûre, puissante et à la fois légère, avait déployé, par stations et accroissements successifs, par une augmentation continuelle de l’audace et du désir, cette forme épanouie qui durcit dans le temps et laisse voir comme nulle part ailleurs sa « ligne de vie ».

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Si la palourde semble le fruit longtemps mûri d’une mystérieuse émanation, on ne peut imaginer l’huître, à l’inverse, que comme le résidu brutal d’une explosion. C’est un éclat de shrapnel noirci, coupant, un morceau de matière informe, craché dans le vacarme de quelque athanor soudain déréglé. L’huître est le produit d’un accident du feu, un feu « mal conduit », « trop pressé », comme aimait à dire l’alchimie.

Ce coquillage élégant, délicat, secret, dans son espèce grise possède un goût très fin, et Marc Le Gros l’affirme et le confirme, dans l’ordre de la succulence, on peut dire que la palourde grise est à l’huître ce qu’est la sole au carrelet.
Sa pêche donne de très belles pages dans le livre. Je cite encore Marc Le Gros :
- La pêche à la palourde, à l’instar de la poésie telle que Mallarmé la définit, est par excellence « jalouse pratique ».
En résumé, c’est un livre à lire l’été prochain sur la plage pour le plaisir des mots, en allant ensuite déguster une assiette de ces fins coquillages pour le plaisir du palais.


Bel article sur ce délicieux petit mollusque et belle étude aussi de la part de Marc Le Gros. Raffinement du palais aussi dans ce plat typique italien… gli spaghetti alle vongole…
http://www.youtube.com/watch?v=_1eL_XuPdrk
Au delà des mots, de Grillon, la musique d’Offenbach-Youtube !
Merci à Patricia pour son menu transalpin, modeste, populaire et certainement délicieux surtout si goûté à Venise !
Après l’air au grand air,
Roulons nous sur l’aire,
Parterre.
Ne cherchons pas à faire mieux
Que la plume de Grillon,
Amusons-nous cependant,
A partir de sa partition.
Entre algues et granit, sous le soleil breton,
La belle Vénus offre ses ridules et ses éclats
chamarrés,
A l’appareil de Grillon,
Toujours en veille.
Si dame palourde, au soleil se baigne, entre deux marées,
En attendant que les flots, au large ne l’emportent,
Nos yeux et nos oreilles, par les mots, bercer se laissent.
Beaux et mélodieux, comme toujours
Ils nous font humer et toucher toutes les splendeurs
De l’inoubliable contrée Bretonne
Vénus était si pure et belle,
Que nul n’osa longtemps
L’offrir à nos palais
Gourmands.
Ce goût là, très fin,
Méritait bien qu’on en fasse tout un plat,
A moins que ce ne fut un pas
Vers un enième auteur,
Par la blogueuse déniché.
N’est-ce pas ?
En attendant les plaisirs de la plage,
Entre libations et dégustations,
A venir,
A la page et aux photos de Grillon
Abreuvons-nous :
Yeux et oreilles se laisseront
Enchanter.
Mi♭
Ha, vous m’épatez, Mi⚁ ! Vous apportez du soleil dans mon pays des palourdes, où il pleut énormément aujourd’hui !
Pardon, j’ai encore confondu les chiffres, c’est Mi♫ , euh non, c’est Mi♭ !
Marc Le Gros a écrit un ouvrage intitulé « Sur Georges Perros ».
Je l’ai vu dans la liste de ses ouvrages, mais je ne l’ai pas lu, j’aimerais bien le trouver au moins à la bibliothèque.
Je l’ai trouvé à la bibliothèque d’Angers… Vous devriez le trouver par chez vous…