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Histoires, histoires

    Eugène Devéria, La naissance d’Henri IV, esquisse, 1827, mba Quimper

Dans la fort intéressante exposition de cet hiver au musée des beaux arts de Quimper, j’ai remarqué un tableau qui m’a rappelé une expression française. Encore une expression !

L’exposition montre la peinture d’histoire conservée dans le musée, cette peinture d’histoire hautement considérée autrefois, et qui ne nous passionne plus guère aujourd’hui. Ce grand genre de peinture raconte parfois des histoires oubliées dont, souvent maintenant, on se tamponne le coquillard, selon une autre expression imagée. Mais elle raconte aussi des pans de notre histoire qui sont terribles, comme l’époque de la Révolution.
Jusqu’au XIXème siècle ces grandes peintures attiraient la foule, puis au XXème les spectateurs les ont boudées, c’est malgré tout intéressant de voir comment l’artiste refaisait l’histoire selon le goût du pouvoir. L’engouement pour le moyen-âge, la peinture troubadour au XIXème siècle par exemple, sont savoureux.

Présentation de cette expo sur la page du musée.



    Eugène Devéria
    , Naissance de Henri IV, esquisse, 1827, musée national du château de Pau, page du musée

Le peintre Eugène Devéria avait vingt-deux ans quand il a peint en 1827 son immense toile (presque 5mx4m) représentant la naissance d’Henri IV, et l’oeuvre connut un succès retentissant à Paris, le bon roi Henri IV, qui avait rétabli en France la paix religieuse, passionnait le public. La toile est conservée au Louvre, et Devéria en fit une réplique pour le château de Pau.

    Eugène Devéria, La naissance de Henri IV, 1827, musée du Louvre, notice.

Pour cette grosse machine, Devéria avait peint plusieurs esquisses, voici celle de Pau et celle de Quimper.

N’est-il pas mignon, bébé Henri, brandi par son grand-père à la barbe blanche, Henri d’Albret ?
Il naquit le 13 décembre 1553 au château de Pau.
La naissance du roi de la poule au pot aurait donné l’expression en deux coups de cuiller à pot.
Cette origine est à prendre au conditionnel, mais elle est amusante.

L’expression viendrait peut-être du nom de la louche, grosse cuiller à pot qui permet de vider un pot rapidement, en deux coups.

Ou bien l’expression viendrait de la naissance du futur Henri IV, son père, Antoine de Bourbon, éloigné de Pau à ce moment-là, reçut la nouvelle et annonça à son entourage :

    Messieurs, la reine nous a donné un petit prince en deux coup de cul hier à Pau.

La reine, Jeanne d’Albret, aurait accouché très rapidement. Elle n’en est pas moins épuisée.
C’est la petite histoire, la petite histoire des mots .

Mots,musées @ 12:28 , février 10, 2013

6 comments

  1. J’ai beaucoup aimé cette histoire de l’expression « en deux coups de cuillère à pot », même si elle n’est peut-être pas vraie, elle est savoureuse !!

    comment by Sandrine — 10/02/2013 @ 14:16
  2. Et franchement : on aurait pu lui enlever son corset pour accoucher ! Pauvre reine…

    comment by Sandrine — 10/02/2013 @ 14:18
  3. mais oui, c’est vrai, elle porte encore un corset, je ne l’avais même pas remarqué ! C’est une fantaisie du peintre, je suppose, il devait être habitué à peindre les femmes habillées ainsi. Espérons que dans la réalité, les femmes, même la reine, avaient le droit de porter des robes amples !

    comment by Grillon — 10/02/2013 @ 14:35
  4. Il y manque la troisième « explication » – d’origine militaire, (18 s) donc anachronique dans le cas de Henri IV ; voici un des multiples sites qui l’évoquent, avec illustration en sus :
    http://archives.webd.fr/page/9

    comment by Mi♭ — 10/02/2013 @ 17:21
  5. J’avais rencontré aussi cette explication, et Alain Rey l’a rejetée, alors je n’en ai pas parlé, mais ça se tient ! Pau, peau, pot … on tourne autour du mot !

    comment by Grillon — 10/02/2013 @ 21:33
  6. Ils étaient les journaux de l’époque …
    Antoine de Bourbon était un petit filou si j’en crois ce qu’il a dit …

    comment by Framboise44 — 16/02/2013 @ 18:33

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