Du côté de chez Grillon du foyer

Les mots démodés de la mode

Ils ne sont pas si éloignés, les mots qui nous habillaient dans notre enfance, et pourtant, ce vocabulaire vestimentaire paraît enfoui sous des monceaux de naphtaline.
J’ai retrouvé dans mes petits trésors de papier un catalogue du grand magasin Le Bon Marché des printemps et été 1940.

Les mots nous sont encore familiers … mais ne nous rajeunissent vraiment pas !

Les filles, petites ou grandes, les femmes, portaient des robes ou des jupes, à la rigueur jupes-culottes, le pantalon était réservé au sport (d’hiver) et aux vacances d’été à la mer ou à la campagne, il fut interdit à l’école jusqu’en 1968, ainsi les robes de tous les instants prenaient des compléments de nom selon les activités et le moment de la journée.
Il y avait la robe chemisier, la robe lingerie, la robe de jardin, la robe d’intérieur ou robe de chambre, la robe du dimanche, la robe marinière, la robe week-end, la robe d’après-midi, la robe cocktail, la robe du soir – la plus chic était le fourreau !-.

Pour sortir de chez soi, on enfilait un imperméable, un imper, une gabardine, un ciré, un paletot à capuchon, autrefois une pèlerine, et autour du cou on nouait le cache-col ou le cache-nez.
Au lieu de pull-over on disait souvent chandail, et on parlait de gilet, blouson, étole, tricot ou petite laine.
Les hommes portaient des complets-vestons, les femmes des tailleurs avec un plastron.

Les dessous chauds, aujourd’hui on appelle ça un thermolactyl, un damart, autrefois on disait une camisole, une guimpe, un boléro, une misette, un maillot de corps, une combinaison, pour les hommes un gilet de coton, une flanelle, et quand la culotte, la chemisette et la combinaison étaient assorties, on appelait ça une parure.

La combinaison reste une image de ma jeunesse, cette « robe » de dessous apportait du confort et permettait à la jupe ou la robe de dessus de ne pas s’accrocher dans les bas, les jarretelles, ou les collants de laine, et de ne pas remonter de façon disgracieuse. Ce vêtement de dessous était la barrière au delà de laquelle il était impossible d’apercevoir le corps de nos mères ou nos grands-mères, c’était la troublante frontière de la décence.

L’ancêtre du T-shirt s’appelait un loup de mer, c’était un tricot de corps en coton ras du cou. Dans la maison les dames mettaient une blouse ou une robette, et le tablier d’écolier ou de gros travaux était le sarrau.

Les petits enfants et les bébés avaient leur mode et leurs mots charmants comme la barboteuse , le béguin, la douillette, la gigoteuse. On leur mettait un costume, formé d’une culotte boutonnée sur la brassière, et un burnou.
Ils étaient dans de beaux draps dans leurs landaus, avec la parure de voiture toute brodée, ornée de dentelles ou festons.

A ces mots d’antan nous ajoutions chacun notre vocabulaire local !

Mots,Robes et chapeaux,Tabliers @ 5:57 , février 5, 2013

4 comments

  1. Ah Grillon, je m’amuse beaucoup à lire vos deux derniers articles…je replonge au fond de mes tiroirs et pour ces messieurs j’y retrouve les singlets et chemisettes à manches courtes ou longues, et les indispensables support-chaussettes et élastiques pour tendre et retenir les manches des chemises…je me souviens aussi des variantes du mot « mouchoir » qui pouvait être de poche, de tête ou de cou…nous étions bien jeunes à cette époque!!

    comment by Paulette — 05/02/2013 @ 19:38
  2. Je ne connaissais pas le mot « misette ».
    En revanche, la combinaison permettait une bonne hygiène, on la lavait facilement et il aurait été impensable, pour cette raison, de porter une robe à même la peau et salir la doublure !
    On ne portait de pull que par dessus un chemisier, le porter à même la peau ne se faisait pas.
    Quand j’ étais en 6ème, on pouvait porter un pantalon si l’ on portait une jupe par dessus …
    Les mannequins dessinées sont très jolies et curieusement, leur grande minceur ne les fait pas pour autant sembler anorexiques, contrairement aux models actuels ?!

    comment by Dominique(bis) — 06/02/2013 @ 06:54
  3. C’est vrai qu’à l’époque les femmes étaient plus rondes, ces dessins sont ravissants, ces femmes ont un chic fou ! Maintenant les mannequins sont forcés de ressembler aux croquis des couturiers, forcément il y a quelque chose d’artificiel et hors nature.

    comment by Grillon — 06/02/2013 @ 10:34
  4. Certains jours, surtout quand une jupe ou une robe n’a pas de doublure, je regrette les bonnes vieilles combinaisons qui évitaient que la jupe n’adhère avec disgrâce aux bas ou collants.
    Et j’aime encore utiliser le mot « chandail », qui sonne joliment, de même que celui de « souliers », aujourd’hui remplacé par les chaussures.
    Merci pour ce petit voyage dans le temps !

    comment by mrs pepys — 06/02/2013 @ 17:50

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