Du côté de chez Grillon du foyer

Le mystère métaphorique et métamorphique

Bleu, le jardin est tout bleu en ce début ensoleillé de mai. Aussitôt après mon petit-déjeuner, je suis allée me promener dans les frondaisons d’azur, et mes pieds se sont trempés de rosée.
J’ai une voie d’eau dans ma chaussure, comme on dit en pays maritime !
La froide humidité de mes orteils m’a fait penser à ce livre, bleu aussi, paru en mars dernier :

    Le livre des métaphores , de Marc Fumaroli, éditions Bouquins, Robert Laffont

C’est en quelque sorte un dictionnaire des métaphores.
D’où vient telle expression, que veut-elle dire au juste, c’est le mystère parfois.
Marc Fumaroli explique l’origine et le sens de toutes les expressions métaphoriques françaises, et il donne un passage de littérature pour exemple.
Proust est souvent cité, en effet, il usait de la métaphore avec un art fabuleux de l’image, tantôt de façon hilarante, tantôt de façon très poétique.

Mes pompes, ce matin, étaient bien mouillées, et j’ai cherché le mot pompe dans mon bouquin.
Pourquoi les chaussures s’appellent-elles des pompes ?

      Wim van Hooff, Chaussures volées, 1944-45, aquarelle, Rijksmuseum Amsterdam, notice

Je pensais que ce mot avait un rapport avec la pompe dans le sens de cérémonie, mais pas du tout, on apprend dans le livre de Marc Fumaroli que l’expression vient de son autre sens, l’appareil à extraire un fluide.

Quel lien entre la pompe à eau et la chaussure ?

La réponse est dans la semelle !
Autrefois les pompes mécaniques étaient munies de joints en cuir, un cuir épais et solide, qui servait aussi à la fabrication des semelles de chaussures. Il s’agissait des chaussures de modeste apparence mais robustes, leurs semelles étaient  » en cuir de pompe « .

Quand on a couru à toutes pompes, on est pompé !

    Pieter De Hooch, Une femme et sa servante dans une cour, vers 1660, NG Londres, page du musée

jardin,Mots @ 2:28 , mai 2, 2012

7 comments

  1. Comme votre humour fait du bien, par cette sombre journée de pluie, chère Grillon!
    J’y rattache une expression wallonne, que je traduis ainsi: quand une chaussure prend l’eau on dit qu’elle « puise »…pour une pompe c’est normal…J’ajouterais bien quelques smiley’s, mais je ne sais pas comment faire!

    comment by Paulette — 02/05/2012 @ 15:58
  2. « Elle puise », c’est bien imagé en effet !
    Pour les smileys, il y a les classiques qui s’écrivent selon un code et qui se transforment automatiquement en images, on pourrait appeler ça du langage métaphorique inversé ! Donc , si vous tapez sans intervalle le signe  » deux points  » le signe petit tiret et le signe parenthèse qui ferme, vous obtiendrez le visage souriant. Si vous tapez le signe deux points le tiret et le D majuscule, vous obtiendrez le grand sourire. Les autres smileys ont un code avec des lettres, il faudrait chercher dans la liste des codes smiley de wordpress.
    Héhé, il faudrait noter ça dans un petit calepin. Imaginez-vous que j’ai appris aussi dans le livre de Marc Fumaroli que le mot calepin vient d’un moine, Ambroise Calepino, qui fit imprimer pour la première fois un Dictionnaire des langues, qui fut traduit en onze langues, et ce petit dico s’est vite appelé le calepin, comme on dit aujourd’hui le Larousse.

    comment by Grillon — 02/05/2012 @ 16:14
  3. Grillon, j’ aimerais vous redire combien j’ apprécie vos pages mais peut-être penseriez-vous que je vous cire les pompes ?

    comment by Dominique(bis) — 03/05/2012 @ 01:11
  4. lol :-D !

    comment by Grillon — 03/05/2012 @ 08:44
  5. Je pose souvent la question relative aux sens du vocable « travail » lorsqu’il ne désigne pas une activité professionnelle.
    Plus personne ne pense aujourd’hui à l’instrument que l’on voyait jadis dans nos campagnes pour immobiliser des bêtes !

    Vous n’avez pas oublié celui de l’accouchement, mais par contre vos peintures, coutures comme vos écritures : quel beau travail !);-))

    comment by Mi? — 04/05/2012 @ 14:13
  6. Histoire de rétablir le ♭ de la signature, toujours récalcitrant, prcécisons que l’outil qui permet de soigner les animaux au pluriel s’écrit avec un « s » Travails !
    Mi♭

    comment by Mi♭ — 04/05/2012 @ 17:10
  7. Oh oui, Mi♭ , vous faites bien de porter l’attention sur ce pluriel particulier du mot travail ! Je ne l’avais même pas remarqué, et pourtant j’avais lu les six pages consacrées au mot  » travail  » dans Le Grand Robert. Mais ce pluriel est indiqué tout à la fin des innombrables sens du mot travail, et je n’ai pas remarqué que cet « instrument de torture » pour les boeufs ou les chevaux prenait un s dans un pluriel qui peut torturer les écoliers !
    Merci Mi♭ !

    comment by Grillon — 04/05/2012 @ 17:46

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