Mariage, côté bride

    Edmund Blair Leighton ( 1853-1922 ), Le registre de mariage, City museum&Art Gallery Bristol

Cette semaine se déroulera l’évènement de l’année, du siècle, au royaume uni, the wedding !
Bride or groom ? telle est la question posée aux invités en pareille occasion.
Pour le mariage de ma fille, bride ou pas bride a été aussi ma délicate question !

    Charles Baugniet ( 1814-1886 ), La couture, V&A museum Londres

Couturière en anglais se dit seamstress, et quand il s’agit d’une robe de mariée, on retient du mot surtout la fin !
Je viens de finir celle de ma fille et je m’étais lancé le défi de réussir le boutonnage. Le patron que j’avais pour cette robe proposait une fermeture à glissière dans le dos, mais, on en conviendra, c’est trop banal pour un si grand jour. J’ai donc escaladé les difficultés avec une échelle de boutons.

La fameuse cascade de petits boutons qui transforme la chute de reins de la mariée en vertige de la haute couture !

Comment réaliser ces fines brides en tissu ?
Comme je n’ai pas su trouver sur les blogues de couturières un  » tuto  » pour suivre le pas à pas, j’ai acheté un livre l’indiquant assez sommairement, et j’ai donc décidé exceptionnellement de coudre avec mon APN pour aider les heureuses mères de famille ou les jeunes futures mariées qui veulent se jeter dans cette aventure, grande expérience textile.

La bride boutonnière :
Il faut couper dans les chutes de tissu en biais de la robe des bandes de 4cm de large

plier en deux la bande et la repasser, elle mesure donc 2cm de large

Piquer droit à la machine en suivant bien le bord plié de la bande avec le pied de biche.
Puis faire une seconde piqûre droite parallèle à 2mm de la première.

Couper le tissu au bord de la couture.
Il s’agit maintenant de retourner le tube

Prendre un fil de coton solide et le fixer à l’extrémité du tube avec une aiguille normale.
Puis passer ce fil dans un passe-lacet.
Avec le passe-lacet enfiler le fil dans le tube de tissu et le sortir à l’autre extrémité.

Tirer sur le fil pour retourner le tube sur lui-même. Il se peut que ce soit difficile d’amorcer le retournement, il faut aider en poussant le bout du tube, où est fixé le fil, vers l’intérieur avec un cure-dent.

Tirer doucement sur le fil et le boyau se retourne comme une chaussette.
Voilà le ruban prêt à être découpé :

Refaire autant de rubans que nécessaires pour le nombre de brides voulu.
Couper le ruban en tronçons correspondant au diamètre du bouton plus la marge de couture.
Pour un bouton de 12mm j’ai coupé une bride de 6cm de longueur.

Voilà, le matériel est prêt ( j’ai commandé les boutons chez ma mercière, il faut simplement lui confier un morceau de tissu de la robe, le prix est raisonnable, 0,60€ le bouton )
Il faut maintenant coudre ces macaroni.

Les brides sont cousues sur la marge qui sera repliée sur l’envers de la robe.
Repasser le bord de la robe avec la marge repliée, puis passer un faufil sur la pliure pour bien la repérer. Aligner les brides le long de cette ligne de faufil et les bâtir.
Une fois bien en place, elles sont cousues à la machine sur deux rangs de piqûre, pour bien les maintenir.

Quand on replie la marge de couture, la bride apparaît dans toute sa splendeur, et la doublure de la robe, cousue à petits points glissés, vient dissimuler le montage.

J’ai ainsi cousu 34 brides et 34 boutons, durant trois après-midi de quatre heures de couture chacun, douze heures de travail, c’est un peu long pour une simple fermeture dans le dos, mais j’étais inexpérimentée, je me suis bien appliquée !

Le boutonnage est aussi une affaire de patience. Le marié, en déshabillant son épouse, pourra chanter … dis-moi Vénus, quel plaisir trouves-tu à faire ainsi cascader, cascader ta vertu … !

Je ne dévoile pas tout, et montrerai le résultat final après le mariage !

    John Henry Frederick Bacon, Le matin du mariage, 1892, Lady Lever Art Gallery Liverpool, notice

23 réflexions au sujet de « Mariage, côté bride »

  • 27/04/2011 à 12:11
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    OUHAW Grillon, j’en ai les mains qui tremblent…bravo pour votre patience et votre application, et quelle leçon de couture digne d’un examen de fin d’études!!

  • 27/04/2011 à 12:18
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    Merci Paulette ! Peut-être aurais-je obtenu une bonne note au certificat d’études, je ne sais pas !
    En attendant, je passe l’examen ce samedi qui vient : ma fille arrive de Paris pour l’essayage, ah, je stresse !

  • 27/04/2011 à 13:12
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    on a hâte de la voir cette robe et cette jolie mariée

  • 27/04/2011 à 15:00
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    Bravo !!! quelle est la date du mariage ? et quelle fille se marie ?
    Bises

  • 27/04/2011 à 19:06
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    Quelle belle preuve d’amour… Elle a bien de la chance, votre fille, Grillon ! Bonne chance pour la suite et… j’ai hâte de voir le résultat. Les trois tableaux de mariage sont très beaux.

  • 27/04/2011 à 19:38
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    Jolis tableaux, mais surtout quelle jolies brides vous avez faites! Quelle patience, je vous admire vraiment, chère Grillon, de savoir toucher à tout comme vous le faites, art, littérature, trava

  • 27/04/2011 à 19:40
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    Le mariage a lieu le 3 juin et c’est Anne-Adèle la quatrième.
    Tu recevras un faire-part, Brigitte, mais ils sont faits maison comme la robe, ils sont édités par petites quantités au fur et à mesure !

  • 27/04/2011 à 20:41
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    y avait un os dans la moulinette, excusez-moi!

    Je voulais donc dire « travaux d’aiguille », et le reste j’ai oublié!

    Bref: merci pour tout, chère Grillon, ah oui: vous réussirez votre examen samedi haut la main!

    Bonne soirée,
    lulu

  • 27/04/2011 à 22:15
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    De Mr Grillon : J’ai rien compris !…

  • 28/04/2011 à 14:49
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    L’art et la patience de la couturière poly-artiste, atteint son apogée au 30° bouton !
    Elle entend son futur gendre chanter et s’interroger joliment, sur un air de la Belle Hélène du joyeux Offenbach, mais secrètement, ne sourie t-elle pas en imaginant la belle patience qu’il faudra à ce jeune époux au soir de sa nuit de noces ?

    Je sais de quoi je parle, car, il y a bientôt 40 ans, la robe que portait mon épouse, magnifiquement confectionnée par sa voisine de palier, comportait 40 boutons : une cascade de frissons et un gage d’attachement à l’horizon !

    Ah ! « Quelle joie, quelle joie » en perspective !

  • 28/04/2011 à 17:08
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    J’ai hate de voir l’ensemble de cette robe!!!!!! 🙂 isa

  • 28/04/2011 à 19:39
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    Merci Mi♭ ! Comme votre témoignage est charmant !
    Dans un mois, broutille !
    Le leçon de l’école boutonnière est passée au dessus de la tête de M. Grillon, ça ne m’étonne pas ! 🙂

  • 28/04/2011 à 21:36
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    Héhé, moi qui ai toujours cru que Mi euh, je ne sais reproduire le signe, était une dame… 🙂

  • 28/04/2011 à 23:45
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    Quelle patience ! Mais cela ajoute un charme fou à la robe ! Et c’est l’apprentissage de la sensualité pour le jeune marié !

  • 30/04/2011 à 12:11
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    Eh oui, Lulu ! Mi bémol est certes une note musicale, féminine en tant que telle, mais aussi un pseudonyme masculin de l’intervenant occasionnel que je suis. C’est un peu l’envers de Grillon, femme qui s’est donné un pseudo masculin, n’est-ce pas ?
    Les accords des participes passés avec le « je » outre les allusions à ma conjointe, merveilleuse épouse, aujourd’hui lourdement handicapée suite à un accident domestique, ont été des indices, anti-ambiguïté, que j’ai semé dans mes posts. En effet, si fils et aiguilles sais manier à l’occasion, je ne saurais rivaliser avec les points de croix et autres œuvres de passementerie ou de haute couture ue nous présente Grillon.
    Mes broderies ne sont que scripturales, cela ne m’empêche pas d’envisager des badineries « musicales » et j’offre ma dernière à Anne-Adèle et à son élu, pardon si je suis trop long !

    « Andante magestuoso pour couples amoureux.»

    DO : note fondamentale, ou tonique, celle de la douceur absolue, à ne pas confondre avec la torpeur stéréophonique « do-do ! » Pour garder le ton et le tonus en cas d’apnées, fréquentes avec l’âge, il faut avoir recours à la « pression positive » qui remet un peu de calme et évite les ronflements mortels pour la vie d’un couple.

    RE : note de majesté : celle du respect, de la réjouissance, de la reconnaissance et du remerciement. Bien utile pour créer et recréer le couple.

    MI : note en tierce, celle des duos consonants et de la complainte ; note des pleurs, de la miséricorde et du pardon. Elle est de mise au sein du couple.

    FA : note de l’agilité, voire de la virtuosité, surtout si agrémentée d’un dièse ; note des facéties et des complicités, n’aime pas trop, se frotter au SI ; mieux vaut alors un bémol : bénédictions dans la vie du couple.

    SOL : note dominante en quinte : du grand vol et un peu de repos, il apporte un bol d’air sur le plateau. Mais pour échapper au risque du « far niente » et du laisser faire en solo, un peu de sollicitude favorise la reprise du son. Quelques silences, pauses et croches plus loin, la vie de couple s’offre un sol régénéré.

    LA : incontournable note du diapason, la gardienne ; celle qui accorde et même raccorde et ajuste sans fin ; note de la joie, de l’allégresse, de la plénitude ; note d’ambiance et de militance. Note du temps partagé pour refaire le monde, pour bloguer éventuellement, ou tout simplement pour prendre un verre, à la santé de nos diversités !

    SI : la très sensible et sympathique note des hésitations, des conditions et contradictions, celle des transitions et des silences qui annoncent l’accord renouvelé même si, pas encore final, ni parfait ; note de la tendresse, sésame de la vie du couple, à user sans modération … pour recommencer la gamme à l’octave supérieure : Do…mi… sol…do….

    Plusieurs registres ou instruments, du doigté et des nuances tantôt en crescendo, tantôt en decrescendo, forte, mezzo forte ou fortissimo quand ce n’est pas piano, pianissimo ou rubato avec des silences et des soupirs, voire des demis soupirs ou carrément des pauses sont nécessaires pour maintenir le rythme.

    Des notes graves ou aigues, sombres ou claires, menaçantes ou joyeuses, dissonantes souvent, parfois des couacs angoissants qui enchaînent dièses, bémols et bécarres,et autres accidents chromatiques et acrobatiques, avec leurs clés de Sol, de Fa ou d’Ut, ponctuent la symphonie du « couple bien tempéré. »

    Aujourd’hui duo idyllique, demain trio lyrique, puis quatuor harmonique ou quintette pathétique et plus si l’on peut et veut… avant d’apprendre l’air et l’art de devenir grands parents, heureux d’enchaîner encore rondos, menuets, valses et javas, avec sa mie ou son « Mi bémol » [ou autre compagnon], d’un jour, de tous les jours, de toujours.

    Carillon !
    Ou alors le toast de la TRAVIATA : « Beviamo, Beviamo, Beviam’ », je ne suis pas du pays de Verdi pour rien !

  • 01/05/2011 à 17:15
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    Ah, bravo Mi Bémol, c’est joliment rédigé, merci beaucoup ! Un vrai discours de mariage !
    Je suis affreusement débordée en ce moment, et n’ai pas eu le temps de vous répondre plus tôt … néanmoins j’ai tenu à me réserver une heure de blogage cet après-midi pour reprendre des forces !

  • 01/05/2011 à 19:58
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    Quelle époustouflante farandole de notes si joliment définies par notre a-mi. L’éloge du fa correspond-il à la réalité ? Hum, en partie.
    En quarte ou en quinte fa craindrait-elle si ? Ces deux notes seraient -elles incompatibles ? Non, non, complémentaires, peut-être même assez semblables, sensiblement proches.
    Les compositeurs contemporains s’en donnent à cœur joie et osent toutes les combinaisons possibles dans le système atonal. Les intervalles proposés par Messiaen sont tout à fait étonnants. J’aime bien ces sonorités inhabituelles. Ce n’est pas extravagant ni dissonant, seulement non conventionnel, original en somme. C’est très étudié et méthodiquement réfléchi. Tout aussi intéressant à travailler au piano que Bach ou Fauré. (même à mon petit niveau). Bon, il faudrait que je trouve le courage d’ouvrir un blog.

    Pour les brides, j’en reste « baba » !

  • 02/05/2011 à 18:54
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    Splendide cette patte de boutonnage, merci aussi pour le pas à pas, je reproduirai un jour si l’occasion se présente ;o)

  • 09/05/2011 à 12:13
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    Farandole tonale, atonale, microtonale, des notes sur tous les tons pour marier occident et orient.

    « J’aime bien ces sonorités inhabituelles », nous dit Fa#, dans ses « notes » si justes.

    Pendant qu’on y est, allons jusqu’à la musique microtonale et au piano-violon, instrument mis au point en 2009, semble t-il, en écoutant par exemple ce prélude, si le lien fonctionne :
    http://www.youtube.com/watch?v=v5sI-s4E9js&feature=related

  • 10/05/2011 à 13:55
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    Le morceau que vous nous communiquez, Mi♭ , est particulier et dérange quand on n’est pas habitué, mais continuez, Mi♭ et fa# à nous enrichir de votre savoir musical !

    Le temps me manque horriblement ce mois-ci, c’est pourquoi je réponds avec un grand retard, pardon !

  • 10/05/2011 à 19:11
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    Où est le retard ?
    Je n’ai pas de « par-don » à accorder à Grillon : elle n’en a pas besoin car elle « donne », « donne », « donne » beaucoup… sans compter et dans la diversité : peint-ure, littérat-ure, cout-ure », cult-ure en général, qui me permet de glisser mon « &#9837 » !
    Par ailleurs, un mariage, ce n’est pas rien et le 3 juin sera vite là !

    Merci Grillon.

  • 10/05/2011 à 22:58
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    En fait je pensais à l’oeuvre d’Olivier Messiaen,  » Vingt regards sur l’enfant Jésus. » joué sur un piano mécanique, classique. C’est très beau, complétement débridé.

  • 03/05/2017 à 10:46
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    Je n’ai pas encore fait le lien ici, j’ai cousu une nouvelle robe de mariée pour une autre de mes filles , en 2015, les photos sont ici :
    http://doudou.gheerbrant.com/?p=22360
    Pour cette robe dans un beau taffetas de soie blanc neige, j’ai confectionné cette fois 43 brides et cousu 43 boutons !

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