Le camp des autres

Entre deux averses un rayon de soleil, étincelle humide, fraîche, réconfortante.
Entre deux livres mous une lecture fulgurante illuminant les jours gris.

Thomas Vinau
Le camp des autres
éd. Alma, avril 2017

Un enfant blessé abandonné en hiver dans la forêt avec son chien fidèle.
Le froid, la neige, la douleur, la faim, la mort qui s’approche, le sommeil dangereux, létal.
L’enfant se réveille devant un feu, soigné, recueilli dans la forêt par un sorcier, figure étrange, puissante de cette forêt fantastique et sauvage qui voit arriver le printemps et une bande de personnages pittoresques, des forains, des gredins, des bohémiens, des galériens, des humains que la société rejette.

La forêt abrite le camp des autres, les sans toits, sans papiers, cent fois persécutés.
L’action se passe en 1907, mais les temps n’ont guère changé.
L’écriture prend aux tripes, terriblement imagée, odorante et colorée, les mots frappent d’un son brut, mat, tandis que la poésie instille sa lumière.
Thomas Vinau est un poète, on le devine.
Même si le sujet, a priori, ne tentait guère mon côté fleur bleue, j’ai été subjuguée par ce récit d’une sauvagerie envoûtante.

La forêt, chez moi en bord de mer, ressemble à une lande broussailleuse, basse, bistrée de lichens, mais la rage des éléments se fait sentir. La lutte pour la survie. La beauté indomptable d’une nature rebelle. La sculpture du vent, de la pluie, du soleil implacable. Les couleurs subtiles du monde sauvage et attachant qu’il faut préserver.

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