Désir, plaisir

      Mais toutes les chansons
      Racontent la même histoire
      Il y a toujours un garçon
      Et une fille au désespoir
      Elle l’appelle
      Et il l’entend pas
      Il voit qu’elle
      Mais elle ne le voit pas

      Mon premier c’est désir
      Mon deuxième est plaisir
      Mon troisième c’est souffrir ouh ouh…
      Et mon tout fait des souvenirs, ouh, ouh …

La chanson de Voulzy dit tout du phénomène du plaisir.

Ayant écouté le philosophe Yan Marchand, auteur notamment de certains Petits Platons , j’ai exploré, dans le dictionnaire historique de la langue française, l’étymologie du mot désir.
C’est sidérant !

Le verbe désirer vient du latin desiderare, qui est composé du préfixe à valeur privative de et du mot sidus, sideris = astre.

Le verbe latin desiderare signifie « cesser de contempler l’astre ».
De là « considérer l’absence de l’astre » avec une forte idée de regret.

L’idée première de « regretter l’absence » (qu’on retrouve dans l’expression demander la lune, elle aussi du registre céleste) s’est effacée derrière l’idée positive de « souhaiter, chercher à obtenir ».
Le mot déverbal désir désigne ainsi l’aspiration, le souhait.

Comme dit la chanson, il y a, avant le désir, l’absence, le manque, la négation, et après lui viendra le plaisir, qui est dans l’instant, dans l’action et non dans le résultat, fugitif, cédant le pas à la souffrance, ne pouvant se prolonger, se retrouver que dans le souvenir … ouh, ouh …

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