Les Bourgeois

Un gros roman se fait assez discret dans cette rentrée littéraire, celui d’Alice Ferney, Les Bourgeois,
on en parle beaucoup moins que des autres livres, je me suis hâtée de le lire.
La lecture m’a offert dix jours de bonheur.

L’histoire d’une famille bourgeoise habitant dans le XVIème arrondissement de Paris n’est pas un sujet consensuel de nos jours, mais beaucoup de familles nombreuses catholiques de toute la France se retrouveront dans ce portrait délicat, écrit avec finesse, tact, grâce et bienveillance.

J’aime la couverture qui correspond bien au livre. Enfance, bonheur, simplicité, années soixante, fleurs champêtres, authenticité, douceur, vieille photo d’un temps perdu.

L’histoire s’étale sur tout le vingtième siècle, Henri Bourgeois et Mathilde ont dix enfants nés entre 1920 et 1940, quarante petits-enfants suivront, la famille se ramifie comme un arbre, avec son tronc patriarche et ses branches multiples … les guerres se succèdent, les moeurs changent, contre vents et marées la famille sans cesse agrandie se réunit toujours, corps continué, corps de temps, corps de sang … les souvenirs s’accumulent, l’esprit Bourgeois, esprit grand bourgeois, tient bon, pétri de foi, de tradition, d’honneur, l’argent n’ayant jamais été une finalité mais le moyen de rendre les enfants heureux.

Le récit des années de la seconde guerre mondiale fait penser à la Suite Française d’Irène Némirovsky.
L’analyse de cette époque est subtile, comment approuver le Général de Gaulle et rester fidèle au maréchal Pétain ?
Les naissances nombreuses, les mères vouées à la maternité, m’ont fait penser à ce très beau, très lent film de 2016, Eternité.
J’ignorais, quand j’ai vu ce film, qu’il était adapté du roman d’Alice Ferney, L’élégance des veuves.

Les Bourgeois explore aussi le bouleversement de la vie des femmes.
On peut être aujourd’hui mère de famille nombreuse sans se sentir poule pondeuse !

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