Deux maîtres ostendais au musée Fin de siècle de Bruxelles

      Léon Spilliaert, Baigneuse, 1910, encre de Chine, pastel, musées royaux des beaux arts Bruxelles, notice.

Un angle de vue et un cadrage très particuliers, des lignes puissantes, des tons mats, craie, charbon, gris étain, une impression d’étrangeté et c’est Spilliaert.
Léon Spilliaert.

Je note au passage, juste une petite parenthèse, que la baigneuse de Spilliaert me fait penser à Maurice Denis,
par exemple à ce petit tableau que j’aime regarder au musée des beaux arts de Quimper,
Régate à Perros-Guirec, peint en 1892,
la notice complète est ici.

Mêmes lignes ondulantes de la mer dans un goût japonisant, même vue plongeante, et figures noires.

      James Ensor, Les masques singuliers, 1892, musées royaux des beaux arts Bruxelles, notice.

Des couleurs vives, festives, des masques inquiétants, une lumière éclatante, une impression d’étrangeté aussi, et c’est un aspect de l’art multiple d’Ensor.
James Ensor.

Dans le musée Fin de siècle de Bruxelles nous est offert un très beau panorama de l’art de ces deux peintres natifs de la ville d’Ostende en Flandre occidentale.

Ci-dessus deux tableaux d’Ensor : Chinoiseries aux éventails, notice, et Une coloriste, notice.

Ostende.
James Ensor est né en 1860 dans le tranquille petit port de pêche.
Léon Spilliaert est né vingt ans plus tard, en 1881, dans une station balnéaire royale où afflue le beau monde pour se distraire au casino et se promener sur la digue.

Ensor est pour moi un vieux souvenir. J’avais dix-sept ans et un agenda offert par des amis, illustré avec des tableaux de cet artiste. Un de mes premiers étonnements picturaux. Je rêvais d’aller un jour à Ostende sur ses traces. Plus tard mon mari m’offrit un livre écrit en néerlandais sur ce peintre encore inconnu en France.
Et puis voilà, mon désir d’Ostende s’est réalisé cet été 2017 !

A la fin de notre journée dans les musées royaux des beaux arts de Bruxelles, nous prenons le train pour Ostende.
En effet, le thème de nos petites vacances belges était James Ensor.
Nous partions à la recherche de cet artiste insaisissable.
Première approche de ses oeuvres à Bruxelles, puis découverte de sa maison et son lieu de vie sur la côte flamande.

      ci-dessus La dame en bleu, notice.

D’un réalisme impressionniste, où la lumière est traitée en touches douces, floues, Ensor est passé à une esthétique de l’étrange qui s’approchera des surréalistes.

Nous comprendrons bien son évolution dans le musée de la ville d’Ostende.

J’ai eu grand plaisir à retrouver son chou splendide, éclatant de couleur ( notice) !

Le masque apparaît dans l’art d’Ensor à partir de 1883.
Ci-dessus, le grand tableau Les masques scandalisés, voir la notice, montre deux personnages cachés derrière un masque, qui se sont préparés pour le carnaval. Ils semblent rire jaune, la mascarade apparaît grinçante.

      Léon Spilliaert, Autoportrait, notice.

Je venais admirer un peintre d’Ostende et j’en découvre un autre.
Léon Spilliaert ne m’était pas inconnu, j’avais aimé sa figure en contre-jour devant la fenêtre.
Le musée de Bruxelles présente des oeuvres fascinantes.

Dans cet autoportrait, j’ai d’abord cru reconnaître le poète Rilke !

      Boîtes devant une glace, notice.

L’art de Spilliaert surprend, étonne et envoûte, il se tourne vers la modernité que met bien en valeur le musée Fin de siècle.

Le père de Léon Spilliaert créait des parfums et tenait une grande parfumerie à Ostende. Léon dessina des étiquettes pour les flacons.
Il représente ici une pile de boîtes qui se reflètent dans un miroir.

Spilliaert, Rilke, j’ose le parallèle …

      Seule, ô abondante fleur,
      tu crées ton propre espace ;
      tu te mires dans une glace
      d’odeur.

      Ton parfum entoure comme d’autres pétales
      ton innombrable calice.
      Je te retiens, tu t’étales,
      prodigieuse actrice.

      Rainer Maria Rilke, recueil Les roses.

      Salle de tables d’hôtes, notice.

Les cadres, épurés, aux doux reflets métalliques, s’accordent parfaitement aux oeuvres.

Avec Léon Spilliaert nous parvenons à la fin du musée fin de siècle, et, du septième dessous, nous montons directement au rez-de-chaussée par un très large et original ascenseur dans lequel nous nous asseyons !

Bientôt nous arrivons à Ostende pour suivre Ensor et Spilliaert !

Fin de siècle

Bruxelles brusselait très fort ce jour-là.
Une foule joyeuse aux innombrables terrasses des restaurants.
De la musique partout, une chaleur accablante.
Quand la ville est fumante et tremble sous juillet, le musée devient le repli idéal.

Nous nous sommes enfoncés dans les dessous richissimes du musée fin-de-siècle de Bruxelles.
Le site web est ici.

Sept étages à descendre au fur et à mesure de très belles découvertes.
Le premier sous-sol commence en 1868.
Puis nous avançons dans le tournant du siècle en descendant jusqu’au septième dessous qui file vers la modernité jusqu’à 1914.

Malgré la profondeur, point de claustrophobie tant l’espace est vaste et varié, tantôt lumineux, tantôt ombragé, contrasté et miroitant, jouant des reflets, des perspectives.

Cette fin de siècle n’est pas du tout une fin. C’est un début bouillonnant de toutes sortes d’idées nouvelles.

Quelle période foisonnante !
Bruxelles, avec l’organisation des salons des XX de 1883 à 1894 et de la Libre Esthétique de 1894 à 1914, a constitué un carrefour de la création artistique.

Symbolisme, wagnérisme, art nouveau font de Bruxelles une capitale des arts très dynamique.

Nous admirons, découvrons les oeuvres de Ensor, Spilliaert, Maus, Khnopff, Artan, Frederic, Rysselberghe, Evenepoel, Claus …

Nous apprécions, en cette journée d’été écrasante, la fraîcheur de toute cette créativité et le silence de ce très beau musée.

Je venais chercher les couleurs de James Ensor et fus comblée, tandis qu’un autre peintre d’Ostende m’a étonnée par sa modernité très personnelle, Léon Spillaert.
Nous ne passons qu’une journée à Bruxelles, bien sûr beaucoup trop courte, et nous prenons le train pour Ostende.
Je reviens bloguer très bientôt avec Ensor et Spilliaert, ces étonnants Ostendais.

Le(s) musées royaux des beaux arts de Belgique

À Bruxelles, c’est singulier, le musée des beaux arts est au pluriel.
Pour toute notice d’oeuvre d’art conservée dans le musée des beaux arts de cette ville, on verra écrit musées royaux des beaux arts.
???

Le site web est ici.

La dernière fois que j’ai visité ce musée(s), c’était en 1976, et c’était principalement le laboratoire d’analyse et de restauration des oeuvres d’art.
Voilà, j’ai enfin réalisé mon rêve de revenir dans ce musée, j’y ai passé une journée complète avec mon mari jeudi dernier.

Cette pluralité semble à première vue aussi complexe que l’histoire de la Belgique.
La réalité est plus simple : l’édifice immense, situé dans les hauteurs du centre ville, abrite quatre musées.
Le musée d’art ancien.
Le musée Fin de siècle
Le musée Magritte
Le musée d’art moderne.

      (une vue sur la ville à partir du musée)

Un peu d’histoire … ou du moins ce que j’en ai compris !
Le musée est une création de la Révolution française.
D’occupation en occupation, le pays a souvent changé de mains.
La France réoccupe les départements belges de 1794 à 1814.

Comme en France, les occupants révolutionnaires ont saisi les oeuvres d’art dans les églises du pays, dans les couvents et abbayes, dans les maisons de guildes et dans celles des émigrés français.
Les meilleures conquêtes artistiques furent envoyées au Louvre et à Versailles, et ce qui sembla de moindre valeur, environ mille cinq cents pièces, surtout des peintures, resta à Bruxelles et constitua donc le noyau originel des futurs musées royaux des beaux arts de Belgique.

Après la chute de Napoléon 1er, une centaine d’oeuvres emportées en France revint à Bruxelles, puis, sous l’occupation hollandaise de 1815 à 1830, le musée fut constamment agrandi et enrichi.

Après l’indépendance de la Belgique en 1830 et l’accession au trône de Léopold 1er, l’ensemble des collections de la ville de Bruxelles fut racheté par l’Etat Belge, car la ville ne pouvait pas tout financer à elle seule.
C’est ainsi que se sont formés, avec l’accroissement permanent des collections et du bâtiment, les musées royaux des beaux arts de Belgique.

Singularité aussi, de naissance révolutionnaire ce musée est devenu royal.

      Maître de l’Annonciation d’Aix, le Prophète Jérémie, détail, notice.

Nous avons passé trois heures fabuleuses dans l’art ancien.
Je montre ici mes photos, pas toujours réussies, mais que j’ai prises avec joie et passion.

Les primitifs flamands ont retenu tout notre émerveillement, si riches de détails, de finesse, de beauté, d’enseignement.

Les salles distribuées autour du puits de lumière sont claires, agréables, mais un sens de la visite pourrait être indiqué, nous nous sommes un peu égarés dans la chronologie.

      Atelier du Maître de la Vue de Sainte Gudule, Le mariage de la Vierge, notice.

Des chaussures que j’aurais pu ajouter dans cet article !

Trois tableaux nous montrent l’arrivée de la nature morte, dans la seconde moitié du XVIème siècle, comme principal sujet du tableau :
(revoir par exemple ici , ou .)

Pieter Aertsen :
La cuisinière.

et Joachim Beuckelaer :
Le marché aux volailles.
et :
Jésus chez Marthe et Marie.

      David Teniers II, Nature morte de livres avec une sphère céleste, notice.

Le musée regorge d’étourdissantes natures mortes et vanités.
J’ai particulièrement aimé ces livres, leur sensation tactile, leur éparpillement, leur modernité, et cette sphère qui n’est pas terrestre.

Une sphère céleste ; l’idée me paraît aussi intellectuelle que le contenu des livres alentour.
On suppose que cette sphère imaginaire se compose des deux voûtes célestes réunies, chacune entourant un hémisphère … terrestre !

Et Bruegel, et Bosch bien sûr …
J’ai admiré la trappe aux oiseaux, et le beau cadre en bois sculpté :

      Pieter Bruegel L’Ancien, Paysage d’hiver avec patineurs et trappe aux oiseaux, notice.

Un Rembrandt, un seul dans le musée, un portrait si émouvant …
Comme toujours le regard de l’homme portraituré me transperce,
les larmes montent aux yeux de mon âme exaltée,
il n’y a que Rembrandt pour me mettre ainsi en miettes.

et Nicolas Maes
Dame âgée assoupie
notice

tableau influencé par Rembrandt,
on le voit au fond gris velours, aux mains magnifiques de la vieille femme, aux objets si bien éclairés,
tableau moralisateur
la femme endormie ne doit pas s’éloigner de la religion et du travail au foyer (la dentelle).
Le sablier, la Bible le lui rappellent.

Cornelis Schut
Suzanne et les vieillards
notice.

Tiens, voilà une fontaine ubérale !

      Philippe De Champaigne, La présentation au temple, 1648, détail, notice.

Je retrouve avec beaucoup de plaisir ce tableau de Philippe De Champaigne qui naquit à Bruxelles.

Nous traversons rapidement les salles des Rubens car ces grandes machines nous semblent bavardes, écrasantes bien que virtuoses. À vrai dire, nos jambes ne nous portent plus …
Nous admirons la salle néoclassique et les oeuvres de David qui mourut à Bruxelles, puis allons nous restaurer, nous reposer à la cafétéria, et la cuisine servie dans le musée est délicieuse, copieuse, d’un prix raisonnable, ce plaisir du ventre après celui des yeux ajoute au charme de ce lieu royal.

Nous découvrons ensuite le musée Fin de siècle.
À suivre !

Poèmes sous la lampe

    Georg Friedrich Kersting, Jeune femme cousant à la lueur de la lampe, 1823, Neue Pinakothek Munich, notice et commentaire.

La lampe de chevet est l’un de ces objets chéris sans lesquels je ne me sentirais pas bien chez moi.
Je ne photographie pas la mienne, on l’apercevrait à peine, dissimulée sous les livres.
Elle est nouvelle, car, même attachée à cet objet quotidien, je peux la changer pour un modèle mieux adapté à ma folie et mon sens du désordre.

Ma nouvelle lampe, en tôle blanche, possède une semelle très fine et plate sur laquelle j’empile une multitude de livres. L’abat-jour monté en haut d’une longue tige surgit juste au dessus de l’échafaudage, diffusant une lumière restreinte au ras de la couverture du premier bouquin.

C’est ainsi que je fais la lumière sur ma boulimie de littérature, dis-moi comment tu lis, je te dirai qui tu es, la lueur empêtrée de ma lampe révèle mes goûts pour l’accumulation hétéroclite de recueils de poèmes, de biographies, de catalogues de musées, de dictionnaires, d’essais en tous genres et de quelques rares romans.

chodowieckingwash gravure de Daniel Nikolaus Chodowiecki, Jeune homme écrivant sous la lampe, 1784, NG Washington, notice.

Chez un bouquiniste j’ai trouvé un livre dont le titre est fait pour moi :
Poèmes sous la lampe
Le poète est Marc Baron, je l’avais présenté ici
édition L’Harmatan, mars 2010.

On pense à Georges Rodenbach qui composa le recueil Les lampes.
Marc Baron compose sous la lampe qui l’éclaire, le chemin n’est pas facile, quête de lumière, quête de soi …

George Clausen, Lecture sous la lampe, vers 1909, National Galleries of Australia, Canberra, notice

Voici un poème de Marc Baron :

      L’épi de blé

      En mon absence   en ma douleur
      Le poème prend place

      Je m’en vais   je me dévaste

      Et la place qu’il prend
      Le poème sur ma page
      C’est l’étendue vivante du désarroi

      Mais je suis là   je veille
      Je vis dans ce silence qui m’éclaire

      Donne-moi le désir
      Donne-moi l’envie de la lampe

Marc Baron m’a forcée à chercher comment taper le code d’une espace !
💡 maintenant je sais !
Ces espaces dans les poèmes sont des silences, des lampes allumées, des lueurs blanches plus ou moins étendues …
Marc Baron l’a écrit dans un autre poème :

      Du silence     des espaces

      Le poème prend sa place

    denislampeo

      Maurice Denis, Jeunes filles à la lampe, 1891, mba Lyon, notice.

Je comprends maintenant pourquoi le mot espace est féminin dans ce cas précis de l’intervalle entre des mots, féminin comme la lampe, la lumière, la bougie, la lune !
Je pense à la lune car je me souviens de cette courte phrase apprise en cours de grec (je n’ai pas le courage de taper le code html de chaque lettre grecque!) : « é séléné lampei » qui veut dire « la lune brille ».

Le site du Côté de chez Grillon du Foyer présente des dysfonctionnements depuis une semaine, la lampe du blogue s’éteint de manière intempestive, j’en suis désolée.
Ma fille cherche quel est le problème, et non, comme on dit maintenant, la problématique ! Je ne supporte plus d’entendre ces mots substantifs « la thématique » ou « la problématique ». Un langage ampoulé est rarement lumineux !

Prendre naissance, Dans ce jardin qu’on aimait

Cultiver son jardin, bêcher, tondre, piocher, élaguer, arracher, planter, arroser, amender, tuteurer, nettoyer, ratisser, cueillir … et on oublie l’essentiel : contempler.
Il faut prendre le temps de se promener au jardin, observer, admirer, remercier le ciel pour toutes ces beautés.
Se laisser gagner par la poésie du lieu.
Pas si simple quand on ne voit souvent que mauvaises herbes, plantes en détresse, et tout le tintouin qui reste à faire.

Au lieu de la binette et du sécateur, j’ai pris les derniers livres arrivés sur ma table de nuit, l’appareil photo, et j’ai regardé, lu, feuilleté, saisi à la sauvette tout ce qui m’a fait sourire dans le jardin.

Le dernier recueil de poèmes de Jean-Pierre Boulic nous conduit au jardin, sur les chemins de campagne, par les bois et les champs, et nous invite à y Prendre naissance (éd. La Part commune, avril 2017) en nous émerveillant, tout simplement.

Et déjà, à cette lecture, on se sent mieux entre les roses et les renoncules indésirables !

Les mots de Jean-Pierre Boulic sont des fleurs, sauvages, délicates, simples et gracieuses.
Ce très beau recueil, frais et limpide, nous guide pour mieux chérir notre terre.

Un autre recueil de poèmes nous dit l’étonnement, la beauté naturelle, la vie,
le soleil, la pluie, le silence,
tout Ce rien qui nous éclaire,
et le poète, qui nous invite lui aussi à aimer, Jean Lavoué, m’était inconnu.

La préface signée Gilles Baudry engage, il est vrai, à sauter sur l’ouvrage !

Ce recueil est le premier livre de la collection Poésie et intériorité
d’une nouvelle maison d’édition qui porte un très joli nom :
L’enfance des arbres.

C’est hardi de nos jours de créer une collection de poésie, car nous, lecteurs friands de poèmes, sommes, pour employer une tournure shakespearienne ou stendhalienne, happy few. Very happy, vraiment ! Mais trop few aussi. Hélas !


Continuons dans les petits riens poétiques avec Alain Duault,
Ce léger rien des choses qui ont fui,
éd. Gallimard, mai 2017

Sensualité, nostalgie, les parfums, les couleurs et les sons se répondent, de la musique bien sûr, quelque chose de Baudelaire, de la lumière, du silence, et la fine porcelaine des mots.

Une poésie riche, capiteuse, à lire à petites gorgées.

Pour finir mon petit tour en poésie du moment, je propose le dernier livre de Pascal Quignard.

Ce n’est pas un recueil de poèmes, mais ce livre est tellement poétique !

Dans ce jardin qu’on aimait, éd. Grasset, mai 2017

Vingt-cinq ans après avoir raconté la vie de monsieur de Sainte Colombe, l’écrivain part sur les traces d’un autre musicien encore moins connu, le révérend Siméon Pease Cheney, qui nota tous les chants des oiseaux venus pépier dans le jardin de sa cure entre 1860 et 1880, et qui avait fini par noter tous les bruits dans sa maison.

Le roman (je ne crois pas que c’en est un) se présente comme un dialogue entre le révérend et sa fille, entrecoupé par les descriptions d’un récitant.
Il est question de sons et de musique, mais ce récit apparaît surtout pictural. Les images que font naître les mots de Pascal Quignard, sont douces, silencieuses, lumineuses, rêveuses … une pure poésie.

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