L’azur en pente douce

Un mois de silence, cela ne m’était pas arrivé depuis douze ans de bavardage sur cette page.
Il faudrait des excuses, des explications …
Avec l’étalement des vacances de printemps selon les zones scolaires, enfants et petits-enfants ont occupé la maison pendant un mois.
Mais la raison familiale n’est pas la seule.
Pour la première fois la politique me déprime, une chose que, jusqu’à présent, je prenais bien à la légère. Il y a cinq ans, un candidat tout gonflé de médisance, comme monsieur de Norpois, le personnage de la Recherche auquel je le comparais, niait l’existence de la violente crise qu’avait dû subir son adversaire au pouvoir, et il fut élu dans cette négation. Aujourd’hui la médisance continue et se généralise, plus forte que la crise elle-même, dominant tout le débat politique qui fut d’une platitude navrante.

Il y a cinq ans je riais malignement de voir le contempteur placé au pied du mur, j’étais à vrai dire insouciante, indifférente. Aujourd’hui je ne ris plus. Ma consternation me pousse à pleurer, du moins à écrire.
Je suis inquiète, déboussolée. Quelle société allons-nous recréer ? Aucun des problèmes profonds n’a été soulevé. Nous n’avons presque plus de repères, et nous continuons de les faire voler en éclats.
La guerre des vilains mots reprend, la candidate de l’extrême me fait peur, le candidat de l’entre-deux, tellement bizarre, ne me rassure pas du tout.
Le jardin est en fleurs.

Je sors de mon autisme naturel, de mon allergie asthmatique, reprends de saines occupations, lecture, jardinage …
Et de la poésie avant toute chose.
Ce matin j’ai ouvert le recueil de Philippe Mac Leod, Poèmes pour habiter la terre, mon regard s’est posé sur ces vers :

L’azur en pente douce.
Un silence d’épervier.
Des quatre coins du ciel le vieux drap se déplisse
feuille à feuille les airs montent et respirent

La poésie est un bronchodilatateur.
Respirons un peu !

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