Contemplation

    René Magritte, Le retour, 1940, musée Magritte Bruxelles, notice

Dans Sorbonne Plage (revoir ici) Edouard Launet fait remarquer que les mots temple et atome ont une racine commune.

Ah, le petit régal d’étymologie !

Temple vient de templum, terme latin de la langue augurale désignant l’espace carré délimité par l’augure dans le ciel et sur la terre, à l’intérieur duquel il recueille et interprète les présages ( Dictionnaire historique de la langue française).

Par extension templum s’est dit du ciel tout entier, des régions infernales, des plaines de la mer, et de l’édifice consacré au ciel, aux dieux.
Le mot latin est rapproché du grec temenos, enclos sacré, issu du verbe temnein, couper, qui donne les racines tome, tomie.

On découpait un morceau de ciel pour y lire l’avenir.
Présages des nuages.
Pré carré du devin.

Contempler était à l’origine un mot de la langue augurale formé à partir de cum et de templum.
La contemplation était en latin chrétien l’action de considérer attentivement par les yeux et la pensée Dieu et les choses divines.

A force de considérer l’atome, qui, l’étymologie le dit, était une particule insécable et ultime, donc impossible à couper, les physiciens rendirent cette notion de l’indivisible complètement abstraite. L’adjectif atomique ne peut plus désormais désigner quelque chose qui ne peut pas être coupé, il prend la valeur plus générale de « connaissances et techniques liées à la structure de la matière ».

Pour la contemplation, des oeuvres de Magritte qui vécut dans la ville de l’atomium !

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