Le cavalier de bronze

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Pouchkine en oiseleur, sous un ciel feutré gris tourterelle, devant le musée russe

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Il a mis en vers la ville qu’il aime tant
Saint Pétersbourg : un livre, un jour

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    Pouchkine écrit un long poème en hommage à la ville et en reconnaissance mêlée de critique à son fondateur, Pierre Le Grand.
    Poème intitulé Le cavalier de bronze.

    Le voilà, Pierre Le Grand, cavalier de bronze hissé sur un rocher géant, sculpté par l’artiste français Falconet en 1766.
    Pour Pierre Le Grand la plus grande pierre du pays bien sûr …

    (un autre article lui sera consacré)

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      Devant lui, la mer était vide ;
      Méditant de graves desseins,
      Il regardait vers les lointains.
      A ses pieds le fleuve splendide
      Où passait un pauvre canot ;

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Je t’aime, chef-d’oeuvre de Pierre ;
J’aime cette grâce sévère,
Le cours puissant de la Néva,
Le granit rose de sa rive,
Près des canaux les entrelacs
Des grilles, et les nuits pensives,
Leur ombre claire, leur éclat.

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    Il est dix-huit heures quand nous arrivons dans le centre de la ville tellement tournée vers l’Europe occidentale qu’elle en adopte aussi le climat : il ne fait pas froid, mais, fort heureusement pour nous, touristes, la Néva est gelée !

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La nuit tombe vite et la circulation s’intensifie, le ciel bas, opaque et lisse s’irise peu à peu des lumières de la ville. Nous découvrons une cité plane et quadrillée de canaux comme Amsterdam, de larges avenues rectilignes tendues de disgracieux réseaux de câbles qui ne sont pas encore souterrains. L’architecture est très homogène, d’inspiration italienne, ou d’un baroque russe fort sage.

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La ville s’illumine, et mes photos, prises de l’autocar qui nous fait faire un tour général, ne sont pas nettes, mais elles montrent que l’écriture de la lumière (mot à mot « photographie ») est cunéiforme !

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Olivier Barrot, dans son émission Un livre, un jour, se trouve devant l’église du couvent Smolny tout enneigé. Nous la découvrons dans la nuit sans lune et sans flocons, dans une tendre harmonie bleu ciel et blanc, joliment rythmée de fenêtres, colonnes, clochetons, bulbes.

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Nous sommes impressionnés par la largeur du fleuve, la Néva, qui est court cependant, et qui jette les eaux du lac Ladoga au nord de Saint Pétersbourg dans la mer Baltique. Les façades uniformes et harmonieuses donnent des couleurs aux longs quais qui, sans elles, s’endormiraient dans une langueur monotone sous le ciel gris de février.

Quand le jour s’est complètement évanoui, la magie de la fée électricité opère. Saint Pétersbourg étincelle, s’enguirlande, ses beaux édifices jaillissent de l’obscurité, ses nuits noires sont merveilleuses.

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(image de wikipedia)

chocolat !

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ШOKOЛAД !
Chocolat !

Puisque chocolat était la note laissée en suspens ici mardi dernier, je la reprends ce mardi pour mon récit de voyage à Saint Pétersbourg.
En effet, j’avais donné un lien vers la chocolatière de Matisse (revoir sur cette page), qui figure dans deux tableaux conservés au musée l’Ermitage de Saint Pétersbourg.

Les voici, j’ai pu les photographier dans les salles :

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    Henri Matisse, Nature morte à la nappe bleue, 1909, Ermitage Saint Pétersbourg, page du musée

Choisir le chocolat comme entrée en matière est bizarre, je devrais le garder pour le dessert, à la fin du fabuleux festin pour les yeux qu’est une visite de Saint Pétersbourg … les salles de Matisse et de la peinture française du XXème siècle furent, en outre, les dernières que nous avons observées au musée, mais je préviens, la fantaisie sera le fil conducteur de mon récit !

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Les oeuvres de Matisse conservées à l’Ermitage sont très nombreuses, j’y reviendrai, et dans ces trois ou quatre salles réservées à l’artiste, la chocolatière m’a bien sûr hypnotisée. Ce cadeau de mariage, maintes fois représenté sur la toile, fut offert à Matisse par Marquet, et, comme une reconnaissance de leur amitié, après les Matisse viennent dans le musée les beaux paysages d’Albert Marquet.

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    Henri Matisse, Vaisselle sur une table, 1900, Ermitage Saint Pétersbourg, page du musée

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Après le musée, nous nous sommes promenés sur la très longue et très commerçante avenue – ou perspective – Nevsky, sorte de Kudam ou Champs Elysées pétersbourgeois, et nous nous sommes assis sous le haut plafond art-nouveau de la somptueuse épicerie fine Elisseïev. Comme par hasard, ce nom russe ressemble beaucoup à Elysée.

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Ce bâtiment art-nouveau fondé en 1902-1903 n’est pas du tout emblématique de la ville de Saint Pétersbourg, c’est pour cela que je commence par lui ! Il est plutôt rare en son genre, parmi les édifices très rectilignes dans le style Renaissance italienne ou les élégants palais baroques qui caractérisent la vaste cité.

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Cette épicerie a sa wikipage.

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Le chocolat y est … ah … mmmm … ah
(Je ne suis pas spécialement amateur de chocolat, c’est l’appréciation de mon mari)

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et les gâteaux sont vraiment historiés ! J’en avais rarement vu d’aussi jolis, j’ai savouré des yeux.
(Je ne mange pas de plats sucrés !)

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L’alphabet cyrillique n’est pas très difficile à déchiffrer quand on connaît le grec, et c’est un jeu de lire les mots, en trébuchant comme un enfant qui apprend la lecture. Les mots anglais envahissent la langue russe comme partout ailleurs, cela ne se voit pas au premier abord, on déchiffre, et soudain on rit car on a sous les yeux de l’anglais écrit en cyrillique !

Voilà pour une petite mise en bouche ludique , avant des choses plus sérieuses 😀 !

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Ninive en chocolat

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Et elle nous faisait entrer dans la salle à manger, sombre comme l’intérieur d’un Temple asiatique peint par Rembrandt, et où un gâteau architectural, aussi débonnaire et familier qu’il était imposant, semblait trôner là à tout hasard comme un jour quelconque, pour le cas où il aurait pris fantaisie à Gilberte de le découronner de ses créneaux en chocolat et d’abattre ses remparts aux pentes fauves et raides, cuites au four comme les bastions du palais de Darius. Bien mieux, pour procéder à la destruction de la pâtisserie ninivite, Gilberte ne consultait pas seulement sa faim ; elle s’informait encore de la mienne, tandis qu’elle extrayait pour moi du monument écroulé tout un pan verni et cloisonné de fruits écarlates, dans le goût oriental.

Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, Autour de madame Swann

Le narrateur va goûter chez son amie Gilberte.
Temple de la gourmandise.
Le lecteur, lui, savoure les métaphores délicieuses.
Il semblerait que Proust mélange savamment les palais perses de Darius et les palais assyriens de Ninive, mais peu importe, la recette est excellente.
Un pâtissier pourrait donner le nom de la ville de Ninive à l’un de ses gâteaux historiés, si ce n’est déjà fait !

Sur ces notes sucrées, Grillon du Foyer quitte un moment son blogue pour voyager, et vous dit à bientôt 😉 !

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goût et dégoût du chocolat

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    John Frederick Peto, Petit-déjeuner, années 1890, NG Washington, notice

Les lettres de madame de Sévigné se grignotent comme des crottes de chocolat. Régulièrement je reviens vers les volumes comme on ouvre une boîte de ces friandises, et je ne sais plus m’arrêter dans ma lecture. Je l’ai déjà dit, c’est Bathilde, la grand-mère de Marcel, qui m’a un jour communiqué sa passion pour la marquise.

La marquise de Sévigné a donné (on n’a pas dû lui demander son avis !) son nom a une chocolaterie.
Voici les chocolats Marquise de Sévigné.

Est-ce parce que la marquise avait un fils prénommé Charles, que la chocolaterie s’appelle ainsi ? lol !

Je suppose que le bonbon de chocolat vedette de cette marque est le rocher !

L’origine de la marque Marquise de Sévigné est expliquée ici.

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La marquise fut en effet gourmande de chocolat, mais son goût pour ce « remède » ne dura pas longtemps.
En février 1671, elle le conseillait à sa fille qui ne se sentait pas bien :


      Mais vous ne vous portez point bien, vous n’avez point dormi ? Le chocolat vous remettra. Mais vous n’avez point de chocolatière ; j’y ai pensé mille fois. Comment ferez-vous ?


      Madame de Sévigné
      , extrait de la lettre à madame de Grignan, Paris, mercredi 11 Février 1671.

Des chocolatières, on en trouve plusieurs sur cette page. Et dans cet article, je recopiai l’an dernier un passage dans lequel madame de Sévigné faisait part des critiques portées contre le chocolat.
Le bienfait de ce breuvage, importé en France vers 1615, était controversé.

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    Marcel Duchamp, Broyeuse de chocolat n°1, 1913, musée de Philadelphie, notice

Seulement trois mois après l’avoir conseillé à sa fille, voilà que la marquise maudit le chocolat !

      Je vous conjure, ma très chère bonne et très belle, de ne point prendre de chocolat. Je suis fâchée contre lui personnellement. Il y a huit jours que j’eus seize heures durant une colique et une suppression qui me fit toutes les douleurs de la néphrétique. Pecquet me dit qu’il y avait beaucoup de bile et d’humeurs en l’état où vous êtes ; il vous serait mortel.

      Madame de Sévigné, extrait de la lettre à madame de Grignan, Paris, 13 Mai 1671.

En cette année 1671 parut un ouvrage publié par Dufour et consacré à ces boissons exotiques, De l’usage du café, du thé et du chocolate. On s’y demande si le chocolat est astringent ou non, s’il engraisse ou non, certains disent qu’il opile et fait des obstructions, d’autres qu’il engraisse, quelques uns qu’il fortifie l’estomac, d’autres qu’il échauffe et enflamme, d’autres au contraire trouvent qu’ils peuvent en boire toute la journée et même durant les jours caniculaires.

Le chocolat se buvait uniquement, et l’on y ajoutait quantité d’ingrédients, épices, girofle, amandes, noisettes … Aujourd’hui, c’est dans le chocolat à croquer qu’on met toutes sortes de choses.

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    Marcel Duchamp, Broyeuse de chocolat n°2, 1914, musée de Philadelphie, notice

Après la pluie vient la pluie

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    John Constable
    , Branch Hill Pond Hampstead, 1819, V&A museum Londres, notice

Je m’en vais donc, ma chère bonne, vous entretenir aujourd’hui de ce qui s’appelle la pluie et le beau temps, car je n’ai vos lettres que le vendredi et j’y réponds le dimanche. Je commence donc par la pluie, car pour le beau temps, je n’ai rien à vous dire : il y a huit jours qu’il fait ici une pluie continuelle ; je dis continuelle, puisqu’elle n’est interrompue que par des orages. Je ne puis sortir. Mes ouvriers sont dispersés chacun chez soi. Mon fils est à Rennes. Je suis dans une tristesse épouvantable. La Mousse est tout chagrin aussi. Nous lisons ; cela nous soutient la vie.

Madame de Sévigné, extrait de la lettre à madame de Grignan, aux Rochers, le 10 juin 1671.

    John Constable, Pluie orageuse sur la mer, vers 1824-28, Royal Academy of Art Londres, notice

      Pour nous, depuis trois semaines, nous avons eu des pluies continuelles ; et, au lieu de dire, après la pluie vient le beau temps, nous disons, après la pluie vient la pluie. Tous nos ouvriers ont été dispersés ; Pilois en était retiré chez lui, et au lieu de m’adresser votre lettre au pied d’un arbre, vous auriez pu l’adresser au coin du feu.

      Madame de Sévigné
      , extrait de la lettre à madame de Grignan, aux Rochers, le 21 juin 1671

Pluie après pluie, tempête par dessus tempête, le gros temps nous pousserait à lire toute la journée. Me voilà plongée dans les lettres de madame de Sévigné. Elles sont une bien agréable consolation, un doux moyen de survie.
Humour, amour, finesse, cancans, anecdotes en tous genres qui décrivent le XVIIème siècle d’une manière piquante.
Tombe la pluie, tournent les pages, et voilà qu’on aimerait aussi mander le temps qu’il fait à quelque très chère bonne … bref, on se surprend à faire sa Sévigné !

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    John Constable
    , Weymouth Bay, 1816, V&A Londres, notice

Février, le mois de Victor Hugo

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Et si, pour la saint Valentin, on relisait les lettres d’amour de Juliette et Victor ?

Juliette Drouet et Victor Hugo échangèrent quelque vingt-mille lettres pendant cinquante ans, de 1833 à 1883.
Les lettres de l’anniversaire, celui de l’écrivain, et celui de leur rencontre, sont rassemblées par Gérard Pouchain dans ce livre édité par Ouest-France en 2005.

Ce recueil touchant, faisant pénétrer dans la vie intime des deux amants, met le mois de février à l’honneur.
Toto est né le 26 Février 1802.
Il présente pour la première fois Hernani le 25 Février 1830 et c’est la bataille qui commence.

La première de sa pièce Lucrèce Borgia a lieu le 2 Février 1833 et la comédienne Juliette Drouet y joue. Triomphe pour la pièce, et coup de foudre de son auteur pour l’actrice.

La première nuit d’amour entre Juju et son Toto a lieu du 16 au 17 Février 1833.
Ils s’écriront tous les 17 février pendant cinquante ans, Juliette (née le 10 avril 1806) meurt le 11 mai 1883.

Ainsi, c’est dans la nuit du 16 au 17 Février que Marius et Cosette dormiront pour la première fois ensemble, dans Les Misérables.

Le 8 février 1871, Hugo devient député. Le 17 février 1872, Adèle Hugo sa fille est internée en maison de santé.
Victor Hugo dédie souvent des poèmes écrits en février à sa chère Juju.

Juliette écrivait bien, elle avait un bon maître. Elle fut en effet sa copiste, elle recopiait tous ses textes, et ne pouvait faire que cela, car son cher Toto la tenait recluse, lui interdisait de sortir sans lui.
Avant de connaître Victor Hugo, elle eut pour amant le sculpteur James Pradier, qui lui donna une fille, Claire.
Sur la Place de la Concorde, à Paris, la figure de la ville de Strasbourg, sculptée par Pradier, est à l’image de Juliette Drouet.
Il faut que j’aille la voir un jour de plus près sur la Place !

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L’étoffe des sentiments

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    Joseph Marius Avy (1871-1939), Bal Blanc, 1903, musée du Petit Palais Paris

Autour de Mme Swann,
Les atours de madame Swann
Au détour d’une page …

    Quand Gilberte, qui d’habitude donnait ses goûters le jour où recevait sa mère, devait au contraire être absente et qu’à cause de cela je pouvais aller au « Choufleury » de Mme Swann, je la trouvais vêtue de quelque belle robe, certaines en taffetas, d’autres en faille, ou en velours, ou en crêpe de Chine, ou en satin, ou en soie, et qui non point lâches comme les déshabillés qu’elle revêtait ordinairement à la maison, mais combinées comme pour la sortie au dehors, donnaient cet après-midi-là à son oisiveté chez elle quelque chose d’alerte et d’agissant. Et sans doute la simplicité hardie de leur coupe était bien appropriée à sa taille et à ses mouvements dont les manches avaient l’air d’être la couleur, changeante selon les jours ; on aurait dit qu’il y avait soudain de la décision dans le velours bleu, une humeur facile dans le taffetas blanc, et qu’une sorte de réserve suprême et pleine de distinction dans la façon d’avancer le bras avait, pour devenir visible, revêtu l’apparence brillante du sourire des grands sacrifices, du crêpe de Chine noir.

    Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, Autour de Mme Swann

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La décision dans le velours bleu, l’humeur facile dans le taffetas blanc, le chagrin dans le crêpe noir … n’accorde-t-on pas en effet notre état d’esprit à la couleur, mais aussi à la matière de nos vêtements ?

La sensualité du satin, la douceur maternelle du tissu bouclette, la rigueur du drap de laine, la coquinerie du lycra, le courage du bleu de travail, la paresse du lin froissé, la tête en fête dans les falbalas de soie glacée …

En allant visiter, le mois dernier, l’exposition Jordaens au Petit Palais, je me suis arrêtée, figée d’admiration, devant cette scène tourbillonnante de Joseph Marius Avy, né la même année que Proust.

Les robes éblouissantes et virevoltantes semblent jaillir de la toile. Les flots de taffetas écumeux éclaboussent le piano. On entend la musique, on voudrait danser aussi, le beau cadre du Petit Palais s’y prêterait.
Etoffes légères, mousseuses comme le champagne.
Les têtes tournent, s’enivrent de froufrous.

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Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Les salles de jeu étaient autrefois éclairées à la chandelle.

On était loin encore de l’ampoule basse-consommation. Les participants du jeu devaient aussi participer aux frais d’éclairage, et la chandelle était un objet coûteux.
Quand la chance ne souriait pas au joueur, l’éclairage lui coûtait plus cher que le montant de ses gains. Ainsi donc, le jeu n’en valait pas la chandelle. Sans intérêt !

L’incendie

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    Jan van der Heyden, L’incendie de la vieille maison d’Amsterdam du 7 juillet 1652, gravure, 1688-1690, Rijksmuseum Amsterdam, notice

Ma chandelle n’est pas morte, elle a encore du feu …

Partie du Dictionnaire Historique de la Langue Française, à la rubrique chandelle, me voici plongée dans le très riche site web du Rijksmuseum d’Amsterdam, à la rubrique incendie, ces deux mots ayant la même racine.

On découvre les gravures du dessinateur et graveur Jan van der Heyden, né à Gorinchem en 1637, mort à Amsterdam en 1712.
Il a dessiné de manière très détaillée, en précieux chroniqueur de son époque, les principaux incendies d’Amsterdam.

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Voici rassemblées sur cette page ses gravures enflammées.

La page est longue, cliquer sur les vignettes pour agrandir.

A Amsterdam heureusement les points d’eau n’étaient jamais loin. Il suffisait de pomper dans le canal, et on découvre les engins de pompage :

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Les dessins sont techniques autant qu’esthétiques. Nous avons sous les yeux l’histoire des sapeurs-pompiers néerlandais.
On découvre, presque en voyeur indécent, les départs d’incendie, les flammes en pleine expansion, les hommes en activité, et les ruines, les ossatures des toitures, les silhouettes éventrées des maisons, le déblaiement …

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Mon article semble ironique en ce moment précis où le Finistère se noie sous des pluies torrentielles et subit d’interminables tempêtes. Que d’eau, que d’eau !
Le temps est doux et néanmoins le feu de cheminée est nécessaire, pour réconforter les âmes et sécher les chaussures !

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Chandeleur candeur

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Au départ est un verbe latin, candere, qui brûle, qui s’enflamme, se chauffe à blanc.
La flamme incandescente éclaire, met la lumière, diffuse une blancheur éclatante.

Il y a deux mots latins pour désigner le ton blanc :
Le blanc brillant est candidus
Le blanc mat est albus.

Le blanc mat est froid, le blanc brillant est brûlant.

Ce qui est chauffé à l’extrême et devient brillant est chauffé à blanc, très brûlant.
Blancheur pure : innocence -> candeur
Bougie éclairant d’un blanc brillant : chandelle
Celui qui, à Rome, s’habillait de blanc pour se présenter aux élections s’appelait un candidat
A la fête de la chandeleur, gare à l’incendie !

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    Maurice Quentin de La Tour, Abbé Jean-Jacques Huber, pastel, musée Antoine Lécuyer Saint Quentin, notice

Il faut aller admirer ce grand pastel au musée de Saint Quentin, j’ai eu la chance de le voir, il est magnifique, lumineux, et mérite d’être encensé avec enthousiasme.

L’encens a la même racine que le mot chandelle, et vient aussi du verbe candere, avec toujours la notion de brûler.

Dans le pastel de Quentin de La Tour, les deux chandelles forment une splendide nature morte, l’une d’elle vient de s’éteindre, effondrée en volutes de cire, le peintre a éternisé ce court laps de temps pendant lequel elle fume et répand son parfum.

Chandeleur, chandelier, candélabre, incendie, encensoir, candeur, candide, candidat, incandescent … que de mots se répandent à partir d’un bout de chandelle, et que les livres nous révèlent !

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    Matthias Storm, Jeune homme lisant, Musée national Stockholm, notice

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