Une robe bleue au Met …

Un rai de lumière bleue capte les regards au loin, dans l’une de ces séduisantes perspectives du musée, au delà du beau lustre hollandais et des tentures rouges … elle est là, seule et silencieuse au dessus de la cheminée éteinte.

Sa beauté calme et recueillie, son teint pâle, ses yeux mélancoliques tempèrent la lumière coruscante de sa robe.

J’ai le souffle coupé, tant mieux, il faut retenir sa respiration pour éviter la photo bougée. Le gardien me regarde, amusé, et l’admiration m’écarquille les yeux jusqu’à me rendre ridicule.

Cette dentelle, bigre, quelle finesse vaporeuse ! Vient-elle de Caudry elle aussi ? Je suis seule au rez-de-chaussée du musée dans la collection Robert Lehmann et au quatrième étage une file d’attente de trois quarts d’heure s’étire devant l’exposition Alexander McQueen Savage beauty.

La Princesse de Broglie peinte par Ingres et sa robe haute-couture n’attirent pas les foules, mais sa beauté sage m’époustoufle.

Elle mourut à trente-cinq ans de tuberculose. C’est comme si Ingres l’avait pressenti, le luxe étourdissant des bijoux, des soieries, des détails et matières, s’éclipse devant l’ineffable et fatale fragilité de ce beau visage.
La page du Metropolitan Museum of Art de New York est ici

C’est mon souvenir le plus marquant du musée. D’autres tableaux m’ont subjuguée et j’en dirai quelques mots, mais là, ce bleu, ha, ce bleu …

Au pays des cupcakes

Les petits gâteaux colorés, chantournés, étagés, savamment historiés, nichés dans leurs corolles de papier plissé, sont fort à la mode. On les offre, on les déguste, on les coud, on les dessine, on les brode , on les tricote …
Il existait des tissus tapissiers, maintenant on trouve des tissus pâtissiers !
J’en ai habillé une série de corbeilles en osier pour servir le pain.

J’ignorais que ces cupcakes ornaient de nombreuses vitrines à New York, des chaînes de pâtisseries sont spécialisées dans le mini-gâteau.  » Crumbs  » par exemple.

Les images :

Les calories sont indiquées !
Je ne sais pas si les 1200 calories concernent un seul gâteau ou la douzaine.
D’une manière générale, les calories sont indiquées devant les plats sur les menus au restaurant. L’obésité étant un problème bien connu, le consommateur est averti des risques qu’il prend !

J’ai pensé à lui, euh oui encore, j’ai pensé à Proust devant ces vitrines :

Mes amies préféraient les sandwiches et s’étonnaient de me voir manger seulement un gâteau au chocolat gothiquement historié de sucre ou une tarte à l’abricot. C’est qu’avec les sandwiches au chester et à la salade, nourriture ignorante et nouvelle, je n’avais rien à dire. Mais les gâteaux étaient instruits, les tartes étaient bavardes. […] Ils me rappelaient ces assiettes à petits fours, des Mille et Une Nuits, qui distrayaient tant de leurs  » sujets  » ma Tante Léonie quand Françoise lui apportait, un jour, Aladin ou la lampe merveilleuse, un autre, Ali-Baba, le Dormeur éveillé, ou Sindbad le Marin embarquant à Bassora avec toutes ses richesses.

Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs

C’est en effet un air de conte de fées qui semble enrubanner ces petits-fours, ou un film de Walt Disney, ils ramènent vers l’enfance.
Je suis restée adulte, je n’y ai pas goûté, mais j’ai acheté des cartes charmantes :

Moins travaillées mais aux parfums variés , ces autres spécialités que sont les donuts :

Ces beignets sont cuisinés devant les consommateurs, et dans les rues, les baraques à donuts parfument les trottoirs. Friterie version sucrée !

Dans la  » donuterie  » les coussins confectionnés en forme de donut décoraient le mur !
À vrai dire, je préfère ces beignets cousus à ceux passés dans la friteuse !

Avec ces goodies de New York, je souhaite à tous un bon week-end 😀 !

New-York, sa bibliothèque, sa gare, sa poste

Mon premier sentiment de New York ? Une ville remplie de livres, des bouquins partout partout !
Cette impression est un hasard peut-être … notre hôtel était situé non loin de la grande bibliothèque et celle-ci figure sur mes premières photos.
( quand je dis non loin, c’est relatif, on marche beaucoup dans New York ! )

Voici l’arrière de cette bibliothèque, qui donne sur un parc bien tranquille.
Dans ce parc, on respecte le parfum des fleurs et on ne le détruit pas par la cigarette :

Et, si la lecture en bibliothèque ne passionne pas, on joue tranquillou à la pétanque dans ce New York trépidant !

La bibliothèque The New York Public Library est un  » beaux-arts building  » datant de 1897 comme le musée de Brooklyn.
140 km d’étagères !
Plus de sept millions de volumes.

La rue de la librairie, Library Way, arrivant perpendiculairement à l’édifice, est très intéressante à emprunter la tête baissée, les yeux dans le trottoir, même si les incessants reflets dans les tours de verre incitent à regarder vers le ciel.
( quand je dis non loin, à vrai dire je ne sais plus, on marche tant dans New York ! )

Des plaques de bronze incluses dans le sol proposent une lecture de trottoir, les pas foulent les citations

Walk of fame de la littérature !

Tiens, la Peste !
Et il y a plus de choses à admirer à New York qu’à dénigrer !

J’ai pris cette photo pour Nath et son blogue Chez Mark et Marcel .

Les nombreuses plaques animent les trottoirs de chaque côté de la rue et j’ai cherché en vain Marcel …
Mais, oh joie, je l’ai trouvé plus tard dans une boutique de mode !

Proust dans les chiffons !
Normal après tout, il a si bien décrit les toilettes féminines .

Les boutiques de mode et décoration vendent des livres et les librairies vendent des textiles et de la déco … Les deux se marient très bien dans des harmonies de couleurs charmantes

Il existe dans New York des librairies gigantesques, genre de Galeries Lafayette du bouquin, et j’ai été stupéfaite par les rayons de livres de cuisine, des kilomètres de recettes et de savoir vivre devant son fourneau !
Le problème du livre étant son poids dans un avion, j’ai réservé mes achats livresques pour les musées …

Non loin de la bibliothèque se trouve la gare, Grand Central Terminal.
Elle vaut le coup d’oeil même si on n’a pas de train à prendre.

Son premier architecte avait un nom néerlandais, Cornelius Vanderbilt.
C’était vendredi, cinq heures, beaucoup de monde, chacun regagnait son home pour le week end.

L’immense voûte peinte du hall représente la voûte céleste avec les signes du zodiaque

Horloge à quatre faces et lustres fastueux

Le temps passe et le temps change. Le lendemain matin nous allons à la poste située elle aussi près de notre hôtel, pour acheter des timbres.

L’Empire State Building a fiché sa pointe dans les nuages.
La poste est encore un édifice d’aspect néo-classique

Je ne connais pas le lien entre le cardinal et la poste … il faudrait que je me renseigne

propreté rutilante, un vrai plaisir que d’acheter des timbres !

Et comme toujours le drapeau national !
Il ne nous restera plus qu’à écrire et poster nos cartes achetées dans les librairies !

Le climat du côté de Méséglise est de retour

    Everett Shinn ( 1876-1953 ) Fifth Avenue, pastel, Brooklyn Museum , notice

Petit interlude dans mon récit de voyage … mais l’illustration ci-dessus montre New York !

C’est dimanche et il pleut, nous n’allons pas nous plaindre, cette pluie semble mettre fin à trois mois de sécheresse.
La bonne pluie me rappelle un passage :

    Les gouttes d’eau comme des oiseaux migrateurs qui prennent leur vol tous ensemble, descendaient à rangs pressés du ciel. Elles ne se préparent point, mais chacune tenant sa place, attire à elle celle qui la suit et le ciel en est plus obscurci qu’au départ des hirondelles. Nous nous réfugiions dans le bois. Quand leur voyage semblait fini, quelques-unes, plus débiles, plus lentes, arrivaient encore. Mais nous ressortions de notre abri, car les gouttes se plaisent aux feuillages, et la terre était déjà presque séchée que plus d’une s’attardait à jouer sur les nervures d’une feuille, et suspendue à la pointe, reposée, brillant au soleil, tout d’un coup se laissait glisser de toute la hauteur de la branche et nous tombait sur le nez.

Ha, j’aime cette description de la goutte de pluie, imbécile, lascive, sournoise, qui surprend et mouille quand on croit l’averse finie ! Elle joue sur les nervures et sur les nerfs.

Ce texte est issu de Du côté de chez Swann, le narrateur , petit garçon, se promenait avec ses parents le dimanche. Selon la météo, ils allaient du côté de Guermantes, le plus long parcours, celui qui réclamait un beau temps, ou bien du côté de Méséglise, chemin plus court, quand la pluie menaçait, le bois de Roussainville tout proche permettant au besoin de s’abriter.

    Devant nous, dans le lointain, terre promise ou maudite, Roussainville, dans les murs duquel je n’ai jamais pénétré, Roussainville, tantôt, quand la pluie avait cessé pour nous, continuait à être châtié comme un village de la Bible par toutes les lances de l’orage qui flagellaient obliquement les demeures de ses habitants, ou bien était déjà pardonné par Dieu le Père qui faisait descendre vers lui, inégalement longues, comme les rayons d’un ostensoir d’autel, les tiges d’or effrangées de son soleil reparu.

    Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Combray

Les tiges d’or effrangées me font apparaître instantanément le merveilleux retable de l’Agneau Mystique des frères van Eyck à l’église Saint Bavon de Gand.
Même s’il ne les cite pas, Proust nous fait toujours voir, à travers les goutes et à travers ses lignes, des oeuvres d’art.

Apercevoir enfin Caroline à sa fenêtre

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    Caspar David Friedrich ( 1774- 1840 ) Femme à la fenêtre, 1822, Nationalgalerie Berlin

Grillon du foyer doit à nouveau suspendre son blogage pour raison de voyage 😎
Je pars à New York dès demain !

Après la grande émotion du mariage de ma fille, l’excitation d’un voyage lointain en terre inconnue !
C’est la première fois que je quitte notre vieille Europe et c’est une autre de mes filles qui m’emmène, me guide, me soutient, me chaperonne dans cette aventure newyorkaise. Elle sera mon phare, ma bouée, ma boussole, ma nature froussarde aura grand besoin de tout son amour et sa patience, et j’essaierai simplement de ne pas être un fardeau pour elle !
C’est grâce à elle que je peux découvrir l’Amérique, grâce à un tarif verdammt billig, et je l’en remercie passionnément.

Musées, musées, surtout musées, tel est mon programme pour ces cinq jours. Je vais visiter physiquement ceux sur lesquels je clique virtuellement et régulièrement dans le blogroll ci-contre.

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Pourquoi ce tableau, Femme à la fenêtre ?
 » A room with a view  » est le titre d’une exposition qui se tient actuellement au Met de New York, et, je l’espère, j’aurai la très grande chance de la visiter.

La présentation de l’expo se trouve ici , on y découvre le fameux tableau de Caspar David Friedrich.

J’avais consacré deux articles à ce tableau : ici côté fenêtre et là côté arbres

Dire que j’ai passé une petite semaine à Berlin avec les amis du mba de Quimper et que nous n’avons pas pu visiter la Nationalgalerie sur l’île des musées 🙁 !
J’étais très déçue de ne pas pouvoir palper des yeux la lumière et les brumes de la peinture romantique allemande que j’aime tant. Friedrich, Oehme, Carus, Blechen …
Je ne me serais jamais douté que c’est à New York que je ferai connaissance avec la délicieuse Caroline Friedrich !
J’espère bien observer les peupliers au travers de la fenêtre.
Le Metropolitan museum reprend mon idée de la fenêtre dans la peinture ( consulter la catégorie  » fenêtre  » dans le blogroll ) et je me réjouis vivement de découvrir toutes ces ouvertures.

Grillon retourne à sa valise et revient au foyer le 15 juin.
À bientôt 😀 !

Naïf épithalame

Envolé le bouquet de la mariée !

Attrapé sur la plage, par celle dont ce sera le prochain mariage … dit-on !

Ce mariage aux couleurs de fleurs bretonnes, bleu hortensia et jaune ajonc, m’avait tenue éloignée de l’ordinateur et il m’est difficile de reprendre le chemin du blogage.
La robe, la robe, les lecteurs sont là pour la robe ??!
Ah, oui, la robe, la voilà …

Les mains dans la soie pendant deux mois, la tête dans les nuages pendant deux jours, et tout entière embrumée de coton depuis le oui nuptial, je déplore de n’avoir pu prendre aucune photo durant cette joyeuse fête, et je remercie vivement la grande soeur et le petit frère de la mariée pour leurs précieuses images !

Comment décrire ces vues privées du joli minois de la mariée pour raison d’internet ? Deux pièces, deux soies, gaze diaphane pour le mantelet à plis religieuse, doupion sauvage pour la robe sans bretelles.

    petit retour en arrière et de dos, sur les étapes de couture et d’essayage !

Coup de coeur, coup de tête pour le manteau aérien, caprice de soie champagne, frisson de dentelle de Calais, le caprice est un frisson, dit le dictionnaire, capriccio est le mot italien du frisson, frisson de joie, de bonheur en ce grand jour.

Robe à quatre mains, la mariée a brodé son bustier

Tous les visages radieux de la cérémonie étaient des fleurs, et je m’autorise à montrer les boucles florales de ma fille chérie

Capriccio vient de caput , la tête, et voici les deux caprices des belles-mères, leurs chapeaux fleurs cousus main !

La fête est finie, le jardin reprend son calme

Aux jeunes mariés tous mes voeux de bonheur sur leur chemin semé d’ajoncs d’or et d’hydrangées bleues !

PS : la robe est aussi là : Un rêve de dentelle.

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