Le premier portrait canin

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Véronèse : Portrait de Livia da Porto et sa fille, The Walters Art Museum Baltimore
et : Portrait d’Iseppo da Porto et son fils Offices Florence

Après le siècle d’or hollandais à la pinacothèque, j’ai pu apprécier le siècle d’or vénitien au Louvre :
Titien, Tintoret, Véronèse : Rivalités à Venise

Une belle exposition qui fait découvrir des choses inattendues !
Le mini-site de l’exposition est fort bien fait, classé par thème, et il permet d’agrandir les tableaux en cliquant sur eux. Sur cette page.

A ces noms de trois grands peintres qui composent le titre de l’exposition, il faudrait ajouter, pour limiter les rivalités, Bassano, père et fils, qui sont bien représentés.

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Véronèse, Le Christ s’adressant à une femme agenouillée, vers 1548, National Gallery Londres, commentaire du musée sur cette page.

Je n’ai pas acheté le catalogue, ça alors ! Très gros, très lourd, ma valise n’en pouvait plus … Je cite donc quelques oeuvres de mémoire, que j’ai pu retrouver dans les sites web des musées, et le tableau qui m’a le plus impressionnée est celui montré ci-dessus de Véronèse, conservé à Londres.
La reproduction ne le rend pas fidèlement, il faut voir de près ce festival de couleurs.
Verts, roses, bleus, orangés, crèmes, parfaitement balancés dans la toile pour charmer le regard … un enchantement !

A Venise, rivalités de couleurs, expressions, trouvailles originales, et l’exposition se fractionne elle-même en groupes séduisants : le charme féminin, les portraits de famille, les jeux de miroirs par exemple, ou encore les chiens.

Ce dernier sujet m’a particulièrement intéressée : les chiens trouvent très souvent leur place dans les scènes bibliques, mythologiques ou les portraits, les peintres semblent les avoir empruntés les uns aux autres dans leurs différents tableaux, et parfois les chiens occupent l’essentiel de la toile.

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    Véronèse
    , Cupidon avec deux chiens, Alte Pinakothek Munich

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Titien, Enfant avec des chiens, musée Boijmans Rotterdam

Il faut aller revoir Les Noces de Cana dans la salle des Etats au Louvre, et plutôt que de regarder la Joconde, admirer en face les beaux chiens que Véronèse a glissés dans la plus grande toile du musée !

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    Jacopo Bassano, ( vers 1510-1592 ) Deux chiens de chasse liés à une souche, 1548-49, Louvre, explications ici page 3.

Je n’avais jamais prêté attention à ce tableau au Louvre, il a fallu cette exposition pour que je le découvre dans toute sa splendeur. Ce tableau est le premier portrait de chien de l’histoire de la peinture.
Il me fait penser à Courbet qui a souvent peint les chiens, comme par exemple les lévriers du Comte de Choiseul : sur cette page ( cliquer sur l’image des greyhounds of the comte de Choiseul ! ).

On ignorait qu’il y avait aussi une rivalité canine dans le domaine pictural à Venise !

Avent et avant

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    Jean-Jacques Lagrenée le Jeune, L’Hiver ou Eole déchaînant les vents qui couvrent les montagnes de neige, 1775, Louvre, notice du musée.

Cette peinture fait partie du très riche et impressionnant décor de la Galerie d’Apollon au Louvre. Quand on visite régulièrement le musée, on s’accoutume à ces splendeurs, on ne pense plus à lever le nez pour admirer le plafond de cette somptueuse galerie. Mais si on vient au musée avec un étranger, celui-ci pousse de tels oh et ah d’admiration qu’on reprend conscience du trésor.

null Le décor montre le déroulement du temps, les douze mois de l’année, les quatre saisons, les signes du zodiaque. J’ai pris quelques photos mais comme la lumière est tamisée, le flou des photos n’est pas artistique du tout …
Il faut longer cette salle des merveilles, en gardant son émerveillement des premières fois !

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    Dans cette galerie d’Apollon l’or est partout, autour des fenêtres, par la fenêtre …

    Le Louvre est un fabuleux palais royal, le plus vaste du monde, ses murs s’admirent autant que les collections qu’ils supportent.

Comme dans le plafond du Louvre, Eole n’en finit pas de s’époumoner chez nous ! Ce serait insupportable si le beau temps de l’Avent n’était pas venu.

null Voici venu l’Avent avec ses bottes de neige et ses patins d’argent !

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L’avent et son calendrier :

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En cherchant une image attendrissante du calendrier sur lequel je suis rarement en avance, j’ai redécouvert ce site franco-canadien qui avait fait mon grand bonheur en 1997 ! Il existe toujours !

Il se consulte sur cette page.

Il est simple et vaste, il raconte toutes les coutumes de Noël.
Nous étions des pionniers d’internet en France en nous abonnant en 1996.
Il y avait un modem qui chantait sa chanson de connexion en égrenant des notes rouillées de vieux coucou enroué.
Et puis dès que la lumière verte était allumée, le temps connecté était compté à la seconde !

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C’étaient, en novembre 1997, mes premiers pas dans l’internet, ce grand inconnu fascinant, et ma première recherche concerna Noël. Je voulais imprimer de jolies images pour illustrer mon album de photos.
Comme la connexion était facturée à la seconde près, je devais penser à déconnecter avant d’imprimer, puis reconnecter pour continuer l’exploration.

null Quel bonheur d’aller ainsi de clic en clic de découvertes en découvertes ! Ce site canadien sur Noël m’avait passionnée ! J’ai toujours les feuilles que j’avais imprimées.

Et puis mes enfants m’ont grondée, parce que j’avais épuisé le quota mensuel, le temps précieux que wanadoo nous autorisait dans son forfait … et puis quand une panne survint dans l’ordinateur, mes enfants ont dit  » ah, c’est mum qui a cafouillé !  » .
Résultat, j’ai refusé d’approcher l’engin pendant … très longtemps, jusqu’en 2003, année de mon réapprentissage devant un PC.

Ah, c’était avant le forfait illimité, avant la livebox, avant l’ADSL , avant google, et c’était l’Avent !

L’art Ensor

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Il faut aller au musée d’Orsay le jeudi soir.
Pas de file d’attente, la visite est nocturne et sereine.

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Le jeudi soir, il y a dans les allées plus de statues que de visiteurs !

null J’ai pu contempler l’exposition Ensor dans le calme et les couleurs. Napoléon restait de marbre devant cet artiste excentrique !

Voici la présentation bien détaillée de l’exposition dans le site du musée sur cette page

null James Ensor ( 1860-1949 ), que je ne présente donc pas en laissant le musée le faire, avait de l’humour !
Humour noir, où la mort rôde souvent telle l’Ankou dans l’imaginaire breton.

Il a souvent peint des harengs saurs en signe de jeu de mot.

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 » Les cuisiniers dangereux « , 1896, collection privée

( Le musée d’Orsay vend une reproduction de ce tableau en magnet et je l’ai acheté pour le frigo de ma fille ! )

Les  » cuisiniers  » étaient les critiques, qui ne comprennent pas la peinture. Les victimes qui passent à la casserole sont les artistes, on voit sur l’étagère les têtes des peintres Georges Lemmen et Théo van Rysselberghe, tandis que la femme peintre Anna Bloch est transformée en poulet suspendu au mur …

Aïe, le jury était composé d’agélastes, un mot rare et pourtant simple qui désigne les gens qui ne rient jamais et un mot qui plaisait sans doute à Ensor !

Ensor, avant de devenir aussi fantaisiste et grinçant, peignait de splendides natures mortes.
Pas encore des harengs, mais des fruits et légumes de toute beauté.

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Le chou, 1880, musées royaux des beaux arts de Belgique, notice

Ce chou de Bruxelles illumine la toile de ses feuilles veloutées et guillochées de soleil d’une manière étonnante, joyeusement frisée et comestible ! J’avais déjà montré ce tableau dans cet article, et quel plaisir de le revoir à l’exposition !

Sur le mur d’en face, j’ai admiré cette autre nature morte de Bruxelles :

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Chinoiseries aux éventails, 1880, musées royaux des beaux arts Bruxelles

La reproduction ne restitue pas la grande qualité des couleurs, il faut aller voir le tableau sur place. Les tons s’harmonisent merveilleusement, au bleu frais de porcelaine répond un rouge chaleureux, ce jeu de couleurs et lumière donne un relief saisissant.

Et puis sur un très grand panneau laqué de rouge vermillon éclatant préside la mangeuse d’huitres :

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    La mangeuse d’huitres, 1908, musée royal des beaux arts Anvers

J’avais plusieurs fois parlé de ce tableau dans le passé, je ne l’avais jamais vu en  » vrai  » , mais sa reproduction m’enthousiasmait toujours, tant cette dame absorbée dans sa dégustation est passionnante à observer. La table offre aussi une nature morte magnifique baignée d’une lumière endimanchée qui réjouit le regard.

Ce grand tableau, 2m sur 1,50m environ, exposé sur son fond rouge vif, en jette ! Il vaut le détour.
Dommage que la critique ne l’ait pas apprécié. Le reste de l’exposition qui montre la face satirique et amère de Ensor m’a moins plu, je lui préfère ses débuts plus optimistes.

Méditation grisâtre

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Méditations grisâtres

Sous le ciel pluvieux noyé de brumes sales,
Devant l’Océan blême, assis sur un ilôt,
Seul, loin de tout, je songe au clapotis du flot,
Dans le concert hurlant des mourantes rafales.

Crinière échevelée ainsi que des cavales,
Les vagues se tordant arrivent au galop
Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots
Qu’emporte la tourmente aux haleines brutales.

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Partout le grand ciel gris, le brouillard et la mer,
Rien que l’affolement des vents balayant l’air.
Plus d’heures, plus d’humains, et solitaire, morne,

Je reste là, perdu dans l’horizon lointain,
Et songe que l’Espace est sans borne, sans borne,
Et que le Temps n’aura jamais … jamais de fin.

Jules Laforgue, Derniers vers, 1890

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Ces grands ciels gris sont peints par David Cox ( 1783-1859 ), peintre né à Birmingham, ayant souvent étudié les atmosphères fantastiques et picturales du Pays de Galles.
dans l’ordre d’apparition :
– Un taureau dans la tempête sur la lande, aquarelle, Victoria&Albert Museum Londres
– Traine nocturne, vers 1849, aquarelle, musée de Birmingham
– Penmaen Bach, aquarelle, musée de Birmingham
– Etude de nuages, huile sur papier, 1857, Tate Gallery Londres

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La poésie adoucit l’humeur. Il en faut pour supporter le déluge. Ce mois-ci, il a plu tous les jours chez nous. Le vent sauvage de novembre aux souffles lourds battant les bourgs …
Brrrr ! On a l’impression que ce temps n’aura jamais de fin .

Bon week-end ! 🙂

Le temps passe avec mélancolie

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Pour éviter d’attendre sous le porche du musée , j’avais pris mon billet sur internet avant de partir, et devais donc me présenter à l’heure prévue pour visiter la collection Brukenthal au musée Jacquemart-André.

null Je dus interrompre ma rêverie dans les splendeurs automnales du jardin des Tuileries pour courir vers le boulevard Haussmann.

Aïe, je découvris une nouveauté dans l’organisation des expositions : la file d’attente des billets coupe-file !
C’est comme ça, le succès de l’exposition provoque des débordements et crée la file-coupe-file !
Rassurons-nous, l’attente est deux fois plus courte côté coupe-fil mais dure une grosse demi-heure tout de même !

Dès qu’on se trouve confronté aux regards envoûtants des portraits flamands ou à la poésie des natures mortes, on oublie tout le désagrément précédent, on entre dans un autre monde, celui de la beauté et l’intelligence, et on plane sur ce nuage de grâce et d’exception, on reçoit ce cadeau de l’art comme une bénédiction.

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Pieter Bruegel Le Jeune, Paysage à la trappe aux oiseaux, 1631, Brukenthal national museum Sibiu

Le titre,  » Bruegel, Memling, van Eyck …  » est un peu trompeur. On pense qu’on va baigner dans l’art des XV et XVI èmes siècles, mais l’exposition montre de nombreux tableaux du XVIIème.

Voici un aperçu très intéressant de l’exposition sur ce mini-site bien conçu sur cette page.

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    Jan van Eyck, L’homme au chaperon bleu, vers 1430, Brukenthal national museum Sibiu

Samuel von Brukenthal ( 1721-1803 ) était saxon, luthérien, sa famille s’était établie dans le sud-est de la Transylvanie au moyen-âge. Richissime collectionneur, éclairé, avide de nouveauté, il est à l’origine du musée de Sibiu en Roumanie.
Ce sont des oeuvres d’une qualité extraordinaire qu’on peut admirer à Paris cet automne, et à côté de noms célèbres, on découvre des artistes peu connus mais absolument étonnants.

Cet homme à la coiffure bleue originale tient entre ses doigts une alliance. Il est fiancé et fait envoyer à sa promise son portrait peint par Jan van Eyck.
Beuh, le mariage n’a pas l’air de le réjouir, dit une dame près de moi, en effet, il n’est pas souriant, mais si on regarde plus attentivement, on décèle dans ses yeux une certaine douceur, une tendre mélancolie. C’est un homme réservé, secret, il est fier de bientôt se marier, mais n’ose pas le monter.
Ah, étourdissant van Eyck, il faut scruter de près la barbe d’un jour, les petits poils râpeux, c’est bluffant de vérité !

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    Marinus van Reymerswaele, Saint Jérôme dans son studiolo, 1545, Brukenthal national museum Sibiu

Je montre ce tableau car je fus heureuse d’en reconnaître l’auteur avant de lire l’étiquette au mur !
Reymerswaele, bien sûr, on le reconnaît bien, cette tête bizarre avec ces mains torturées … au Louvre, on peut admirer les collecteurs d’impôts du même peintre : revoir ici.

De nombreuses scènes de genre et d’histoire, flamandes ou hollandaises, sont captivantes, et les natures mortes prodigieuses.

Je propose celle-ci, j’ignorais le nom du peintre, Joris van Son, artiste anversois, un pendant de cette nature morte se trouvait à côté, et l’ensemble m’a paru fabuleux :

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Joris van Son ( 1623-1667 ), Nature morte d’apparat à la colonne, vers 1662, Brukenthal national museum Sibiu

On peut regarder le tableau à la loupe sur cette page.

Ces denrées évoquent le salut et la méditation. La grenade ouverte symbolise l’Eglise abritant ses fidèles ( les grains ). La colonne à l’arrière plan est l’image rassurante de la solidité et de la certitude du salut. Les papillons peuvent évoluer calmement, ils seront sauvés après leur mort.
La table de pierre est ébréchée parce que la vanité des choses est toujours là qui se rappelle à nous les mortels.
La reproduction ne le montre pas, il faut voir le tableau au musée, la peinture est douce, feutrée, veloutée, nous invitant à nous glisser dans une sereine réflexion.

null Le temps déroule inlassablement son zeste fragile et périssable. Il passe avec mélancolie dans ce merveilleux tableau.
Méditons !

Un verre retourné

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L’appel de l’âge d’or hollandais était si fort que c’est la première exposition que j’ai visitée en arrivant à Paris.
Les trésors du Rijksmuseum d’Amsterdam sont à Paris et je ne voulais pas les manquer.
Le voyage en valait la peine, je suis encore éblouie.

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    Jan Steen, Le boulanger Arent Oostwaard et sa femme, 1658, Rijksmuseum Amsterdam

La façade de cette pinacothèque relativement étroite sur la place de la Madeleine est trompeuse, derrière ces multiples fenêtres se cache un long circuit de salles obscures sur plusieurs étages. Un effet de claustrophobie peut surgir au premier regard entre ces murs sombres noircis encore par une foule nombreuse, mais la beauté lumineuse rayonnant de chaque tableau dissipe très rapidement cette gène.
Le public est docile et admiratif, nous défilons tour à tour devant les oeuvres placées à bonne hauteur pour de petites dames, les grands messieurs doivent baisser un peu la tête, mais devant le siècle de Rembrandt et Vermeer on s’incline volontiers. L’éclairage est excellent, la qualité des oeuvres exceptionnelle !

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    Jacob van Ruijsdael
    , Vue de Haarlem, vers 1670, Rijksmuseum Amsterdam

Voilà bientôt dix ans que le Rijksmuseum d’Amsterdam est en travaux ! Il n’expose dans un espace réduit que la quintessence de ses collections. Grand honneur et chance extraordinaire, une exposition de ses autres trésors est venue à Paris. Entre un Vermeer et cinq Rembrandt, des toiles de peintres réputés ou plus discrets illustrent les différents aspects de la vie aux Pays-Bas au XVIIème siècle.
Des tableaux d’une qualité fabuleuse, le Rijksmuseum n’a pas envoyé à Paris ses fonds de placards !

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    Nicolas Maes, Vieille femme en prière, dit aussi La prière sans fin, vers 1656, Rijksmuseum Amsterdam

C’était comme si les conservateurs avaient lu mon blogue et avaient voulu me ravir : j’ai retrouvé de nombreux tableaux autour desquels j’ai discuté par le passé, je les remontre ici …
Le boulanger de Jan Steen se trouvait placé à côté de la blanchisserie d’Overveen, et non loin, le bénédicité de Nicolas Maes …

La finesse des natures mortes coupe le souffle, les artistes peignaient avec des milliards de pixels !
J’ai particulièrement admiré une nature morte d’Abraham Mignon, peintre dont j’ai souvent parlé.

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    Abraham Mignon, Nature morte aux fruits, huitres et compotier, vers 1660-79, Rijksmuseum d’Amsterdam, on peut voir un bel agrandissement en cliquant sous l’image de cette page.

Dans ce tableau Mignon démontre avec éclat tout son talent dans le rendu des matières : la porcelaine, la nacre, le verre, le métal, la pierre, le bois, le textile, les végétaux, les animaux, c’est fou ! La pruine sur les raisins stupéfie nos yeux qui ont pourtant déjà vu tant de miracles picturaux.
Nature morte vanité bien sûr.

null j’ai admiré les marrons grillés car je venais d’en voir, tout chauds et odorants sur la Place de la Madeleine. Marrons consumés sur le point d’être consommés, symbole du temps qui passe …

Et le verre m’a étonnée. Renversé ! Non pas debout, à moitié vide, ou à moitié plein, mais culbuté. On rencontre dans les natures mortes des verres brisés, couchés, rarement retournés. Je suppose qu’il s’agit là encore d’une marque de vanité.

null Beau reflet dans ce roemer rhénan.
Reflet merveilleux de la ville et de ses tours, peut-être le beffroi d’Utrecht, ville où Mignon travailla.

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    Jan Vermeer, La lettre d’amour, vers 1669-70, Rijksmuseum Amsterdam

Il m’est impossible de montrer ici tout ce qui a suscité mon enchantement, Vermeer, par le petit nombre de ses oeuvres, arrive toujours dans une exposition comme un miracle.

S’il y a une seule chose à voir dans la capitale cet automne, c’est bien cette exposition ! La pinacothèque pratique le tarif des familles nombreuses et c’est bien sympathique . Le catalogue est prestigieux, son prix de 45€ est largement justifié, il peut représenter un très beau cadeau de Noël.

A trois reprises j’ai entendu cette remarque tout près de moi :  » Cette exposition est magnifique mais on est tout de même bien déçu de ne pas voir La Jeune Fille à la Perle ! « 
Quand cet avis a résonné pour la troisième fois dans mes oreilles, je n’ai pas pu m’empêcher de réagir, et j’ai dit à ma voisine qu’il serait impossible de trouver La Jeune Fille à la Perle ici puisqu’il s’agit uniquement de tableaux du Rijksmuseum et la jeune fille est conservée au Mauritshuis de La Haye. Les personnes étaient étonnées et m’ont remerciée pour ce renseignement. Les Parisiens sont gentils dans l’ensemble !

Apprendre est une joie

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Ah malheur de blogueuse, l’ordinateur est en panne ! Nous l’avons conduit chez le  » pécédiâtre « , nous aurons le verdict ce soir.
Ce pécé s’est fermé de l’intérieur pour une bonne fois, auparavant je traversais ses crises intempestives en enregistrant mon blogage au fil des phrases et lors d’une éclaircie, je parvenais à poster enfin.
Mais aujourd’hui je blogue ailleurs et mon temps m’est compté …

Donc exceptionnellement faisons vite et court !
Je signale rapidement une petite perle de lecture : Les demeurées de Jeanne Benameur.

Avant de prendre mon train je passai chez ma libraire en espérant qu’elle ait reçu ma commande de livres, hélas non, retard de livraison, délai invraisemblable, les distributeurs n’ont d’égard que pour les grandes librairies de la ville et méprisent les petites échoppes de campagne, mais ma libraire sait que je lui reste fidèle et elle me dit dans un sourire navré «  j’ai quelque chose pour vous, rien que pour vous ! « .
Benameur, je ne connaissais pas l’auteur, son nom rime avec bonne humeur.
J’ai dégusté ses quatre-vingts pages denses et exquises à grande vitesse et dans une lenteur captivée entre Quimper et Rennes …

Des mots forts, gracieux, sensibles, une histoire touchante, un livre court qui laisse au coeur de longs sentiments.
Une petite fille, vivant dans la misère âpre d’une campagne sauvage, doit aller à l’école parce que celle-ci est obligatoire mais refuse d’apprendre à lire et écrire. Sa maîtresse l’approche en vain. La petite découvre des fils de couleurs, des morceaux de tissu, un abécédaire … l’agilité naturelle de ses petits doigts lui fait découvrir la joie d’apprendre les lettres en les brodant. Elle tissera avec sa maîtresse des relations particulières que je ne dévoile pas.

Texte et textile s’entremêlent intimement pour mon plus grand bonheur.
J’ai retrouvé un vieil abécédaire que j’avais brodé il y a longtemps pour présenter cette merveilleuse nouvelle. A l’école primaire autrefois, nous brodions toujours l’alphabet en perlé rouge sur un petit canevas blanc !

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Malheur de blogueuse mais bonheur de brodeuse !
Joie bouillonnante des doigts, effervescence de l’imagination, j’ai fait mon plein de galons, toiles, cintres, patrons, et idées par milliers à Paris !
Je retourne à mes ouvrages de Noël en espérant que le grand ordinateur de mes souvenirs de voyage va recouvrer toutes ses fonctions vitales !

Revoir Paris

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Une belle chanson résume ma joie dans la capitale

Charles Trenet

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Revoir Paris
Un petit séjour d’un mois
Revoir Paris
Et me retrouver chez moi
Seul sous la pluie
Parmi la foule des grands boulevards
Quelle joie inouïe
D’aller ainsi au hasard
Prendre un taxi

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Qui va le long de la Seine
Et me revoici
Au fond du Bois de Vincennes
Roulant joyeux
Vers ma maison de banlieue
Où ma mère m’attend
Les larmes aux yeux
Le coeur content

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Mon Dieu que tout le monde est gentil
Mon Dieu quel sourire à la vie
Mon Dieu merci
Mon Dieu merci d’être ici

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Ce n’est pas un rêve
C’est l’île d’amour que je vois
Le jour se lève
Et sèche les pleurs des bois
Dans la petite gare
Un sémaphore appelle ces gens
Tous ces braves gens
De la Varenne et de Nogent

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Bonjour la vie
Bonjour mon vieux soleil
Bonjour ma mie
Bonjour l’automne vermeil
Je suis un enfant
Rien qu’un enfant tu sais
Je suis un petit Français
Rien qu’un enfant
Tout simplement

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Grillon saute de Dresde à Paris comme une sauterelle inconstante, pardon aux lecteurs, me voilà de retour de trois jours émerveillés dans la capitale et le besoin de dire mon bonheur est grand, urgent, enthousiaste. Trois jours fous, intenses, magnifiques. ( oh lala, je fais comme Proust, j’enfile les adjectifs en rang de trois, l’écrivain me dirait que le trio se répète et pourrait être plus descriptif ! )

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Je suis passée devant le Grand Palais mais ne suis pas allée voir Renoir contrairement à ce qu’on aurait pu croire d’après ma photo.
Je repasse cette photo car je l’aime bien, j’avais admiré le jeu de lumière sur l’affiche, les rayons du vrai soleil se mêlaient aux taches de lumière du peintre sur le portrait.

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Il faisait très beau et Paris se noëlise pour combler ma joie enfantine

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J’ai visité la très belle exposition de peinture hollandaise à la pinacothèque de Paris place de la Madeleine.
Tableaux du Rijksmuseum d’Amsterdam, un émerveillement absolu !
J’y reviendrai, c’est ce que j’ai vu de plus beau durant ce séjour !

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J’ai visité au musée d’Orsay l’exposition Ensor. Epatante ! J’ai admiré mon tableau préféré de ce peintre … la fameuse mangeuse d’huitres, j’y reviendrai bien sûr !

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Pour rester toujours dans l’art flamand et hollandais, j’ai visité l’exposition au musée Jacquemart André de la collection Brukenthal du musée de Sibiu. Vraiment exceptionnelle !

null Mais il y avait foule !

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La Foule, groupe en bronze de Raymond Mason au jardin des Tuileries.

Recherche de silence, calme et volupté pour une petite pause dans un endroit délicieux, le musée de la Vie Romantique non loin de la Place Clichy.
Et puis visite de l’exposition de peinture vénitienne de Titien, Véronèse, le Tintoret, au Louvre.

null Rien que des gâteries autour de la pyramide !

Et grande soirée à la porte de Versailles, j’ai arpenté en long et en large les moquettes rose fluo du salon des loisirs créatifs, encore un régal pour les yeux … et pour les doigts !

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A bientôt pour déballer ma valise de souvenirs !

C’est le temps de la ville

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    Sonnet

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    Que j’aime le premier frisson d’hiver ! le chaume,
    Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
    Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
    Au fond du vieux château s’éveille le foyer ;

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    C’est le temps de la ville. – Oh ! lorsque l’an dernier,
    J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
    Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
    (J’entends encore au vent les postillons crier),

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    Que j’aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine
    Sous ses mille falots assise en souveraine !
    J’allais revoir l’hiver. – Et toi, ma vie, et toi !

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    Oh ! dans tes longs regards j’allais tremper mon âme
    Je saluais tes murs. – Car, qui m’eût dit, madame,
    Que votre coeur sitôt avait changé pour moi ?

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    Alfred de Musset, recueil Premières Poésies

Ces rimes exquises de Musset préviennent les lecteurs du départ de Grillon du Foyer vers la capitale.
Voici le vent cornant novembre ( Verhaeren 😉 ), le vent de la ville et de son annuel et rituel salon des loisirs créatifs à la Porte de Versailles. Je m’en vais voir les merveilles des couturières, ah que j’aime ces frissons de dentelles!, et revoir Paris, et tout ce beau royaume.
Je vais revoir ce bon Louvre, le postillon 72 me déposera devant ses guichets au bords de la Seine, j’irai tremper mon âme dans d’autres musées, saluer de la peinture hollandaise, et ramener matière à broder, matière à bloguer !

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    A lundi prochain !

Voici venir la Saint Martin

Octobre

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Les petits savoyards sont de retour, et déjà leur cri
interroge l’écho sonore du quartier ; comme les hiron-
delles suivent le printemps, ils précèdent l’hiver.

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Octobre, le courrier de l’hiver, heurte à la porte de
nos demeures. Une pluie intermittente inonde la vitre
offusquée, et le vent jonche des feuilles mortes du
platane le perron solitaire.

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Voici venir les veillées de famille, si délicieuses
quand tout au dehors est neige, verglas et brouillard,
et que les jacinthes fleurissent sur la cheminée, à la
tiède atmosphère du salon.

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Voici venir la Saint-Martin et ses brandons, Noël et
ses bougies, le jour de l’an et ses joujoux, les Rois
et leur fève, le carnaval et sa marotte.

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Et Pasques, enfin, Pasques aux hymnes matinales et
joyeuses, Pasques dont les jeunes filles reçoivent la
blanche hostie et les oeufs rouges !

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Alors un peu de cendre aura effacé de nos fronts l’ennui
de six mois d’hiver, et les petits savoyards salueront
du haut de la colline le hameau natal.

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Aloysius Bertrand ( 1807-1841 )

Pendant son feuilleton blogologique de la ville de Berlin, grillon du foyer a malgré tout vaqué à ses occupations ménagères et saisonnières !
Gelée et pâte de coing, confection d’un coussin, gratin de potiron et petit patapon … oh joies de l’automne !
Lentement les lumières orangées d’octobre ont mûri dans la maison pour laisser scintiller les rouges de Noël.
Voici venir déjà la Saint Martin et les travaux d’aiguilles de sapin !

J’ai passé commande à la mercerie du petit Savoyard parce que selon A. Bertrand il est de retour ici,
et puis j’ai craqué aussi et encore .

null Pour trouver les idées les plus ravissantes et originales , je recommande le site allemand Pusteblume.
Ce dernier site ne sait pas utiliser le paiement par carte bancaire, il ne serait pas allemand sinon, il faut aller à la banque ordonner un virement international, pas vraiment pratique pour un achat sur le net dans la quiétude vespérale de son domicile, mais à part cet inconvénient, le service est rapide, impeccable, courtois, et la découverte des articles commandés procure un immense plaisir !

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