Robes de bal

null Pétales dansant au vent, nacrés, vaporeux, ils évoquent les jupons virevoltants, les falbalas du bal.

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Jean Béraud, Une soirée, musée d’Orsay

Les robes blanches invitent au rêve, à  la valse, à  la volupté .

Pierre Auguste Renoir null
Danse à  la ville ( Suzanne Valladon et Paul Lhote ) musée d’Orsay

John Singer Sargent null
Madame George Swinton, 1897, Art Institute Chicago

Blanc rose, rose blanche, toutes ces images candides et soyeuses m’émerveillent …

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Robe fleur null
Albert Besnard ( 1849-1934 ) , madame Roger Jourdain, musée d’Orsay

Soupir … c’était la Belle Epoque !

Une rose, des robes

Le temps des roses est le joli titre de ce tableau :

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George Leslie ( 1835-1921 ), Le temps des roses, Kunsthalle Hambourg

Le reflet dans le miroir est charmant.

Le mois de juin se termine, le beau mois de juin  » où le soleil se couche à  peine, et traîne son crépuscule sous l’horizon septentrional  » a dit si poétiquement Alain, et il me faudrait en finir avec ce thème, cependant, il reste tant de roses au jardin, tant de beaux tableaux dans les musées !

Jaune, voici du jaune, couleur du soleil qui se couche à  peine en ce joli mois de juin :

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Edmond Aman-Jean ( 1858-1936 ) Portrait de Jeanne Prinet, 1901, Pastel, musée Antoine Lécuyer Saint Quentin

Je ne sais pas pourquoi, la couleur jaune me paraît toujours née pour le pastel, comme si le soleil se mettait en poudre pour illuminer le papier. Ce très doux portrait est délicieux, de même que le merveilleux musée qui l’abrite !

Une rose anglaise : null

Je l’avais commandée chez David Austin . J’aimerais bien visiter ses pépinières près de Wolverhampton je crois bien …

Et puis comme je suis une grande admiratrice de Sargent, à  qui je pense beaucoup ces temps-ci, sans doute parce que Colette avait montré ses aquarelles, je propose cette Espagnole fringante :

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John Singer Sargent, La Carmencita, musée d’Orsay

Une rose, une robe

J’évoquai Joaquin Sorolla, et voici son compagnon de l’exposition du Petit Palais au printemps 2007 :

John Singer Sargent null
Portrait de madame Hugh Hammersley, 1892, metropolitan museum New York, page du musée ici.

Cette robe, ah mon Dieu, je ne suis pas Zola, je ne sais pas la décrire, ce velours de soie chatoie sous nos yeux et fait de madame Hammersley une glamorous English woman ! Sargent avait une maîtrise virtuose des matières. Les dentelles brodées d’or sont un joyau de peinture !

Le MET de New York conserve de Sargent son portrait féminin  » best seller  » , le plus remarquable entre tous, celui de madame X ou madame Pierre Gautreau, que j’avais déjà  montré sur cette page . Mais la dame en rouge vaut bien la longue dame brune !

la rose : null

J’aime ces grosses roses pulpeuses, d’un rouge puissant, pruiné comme un raisin muscat. Ces roses recueillent le soir la poussière de lune sur leur robe. Sargent a si bien rendu cette fleur poudrée impalpable sur celle de madame Hammersley.

La robe rose

Il existe de nombreuses robes roses dans la peinture, j’en avais montré quelques unes l’an dernier, et aujourd’hui voilà  un tableau dont le titre est idéal pour ce thème robe/rose, c’est  » La bata rosa  » de Joaquin Sorolla :

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Joaquin Sorolla ( 1863-1923 ), La robe rose, musée Sorolla Madrid

Que j’aimerais visiter ce musée qui lui est dédié à  Madrid !
J’ai découvert ce peintre l’an dernier à  l’occasion de l’exposition  » Sargent&Sorolla  » qui eut lieu au Petit Palais à  Paris. L’américain John Singer Sargent est connu de tous, je pense, mais son contemporain espagnol Joaquin Sorolla l’est peut-être moins en dehors de son pays.
Les deux artistes sont venus étudier et peindre à  Paris, les deux ont découvert la joie du plein air, et ont représenté la femme dans toute sa beauté rayonnante.
( J’avais montré  » La sieste  » de Sorolla dans cet article )

Consulter cette précieuse réserve d’images dans laquelle je fais souvent un safari : la ciudad de la pintura qui présente un riche ensemble de 213 oeuvres de cet artiste.

Sorolla, c’est le plein air, le plein d’air, ou plutà´t ce que cet air a de léger, frais, mouvant, lumineux, miroitant …
Jeux du soleil sur l’eau, le sable, la peau, les cheveux, les étoffes, souffle d’air pur et parfumé, on ne regarde pas ses tableaux, on les respire.
On les hume comme des pétales de rose …

Oups, il me faisait oublier ma rose, qui sera palichonne devant sa robe.

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Une fleur en contre-jour, car Sorolla se mettait contre le jour, tout contre, pour le caresser.

Les roses du Paradou

null Petit retour parmi les roses de Zola …

 » La Faute de l’abbé Mouret  » est le cinquième volume de la grande  » saga familiale  » d’Emile Zola et le plus riche sur le plan stylistique, le plus fort en symboles. Zola fait jaillir les mots et les phrases comme Vincent van Gogh la couleur des tubes, il les triture tel un peintre pour faire naître en notre esprit des images saturées, somptueuses ou très subtiles.

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Serge Mouret est le curé d’un petit village du Midi de la France. Sa piété est extrême, sa dévotion pour la Vierge Marie en particulier le consume d’une brûlure mystique, sa fièvre devient physique, probablement typhoïde, et on le trouve un jour évanoui, gravement malade, dans son église. Il est recueilli par le gardien du chàteau et la fille de celui-ci entreprend de le soigner. Elle va le guérir bien sûr, car, si l’abbé mourait , que deviendrait le roman ?

null Si l’abbé mourait, lol, je ne suis pas la première à  envisager cette possibilité, Alphonse Allais se livra, après la lecture de  » La faute de l’abbé Mouret « , à  un jeu qui lui fit écrire une petite histoire dont chacun connaît ce passage :
L’abbé Kahn se précipita en bicyclette chez l’abbé Chamel pour le prévenir que l’évêque était sur le point d’arriver chez lui et qu’il devrait lui servir un bon repas. oh, mais je n’ai rien d’autre que des oeufs, du lait, du beurre et de la farine dans mon garde-manger ! répondit Chamel. Il dut improviser, et prépara une sauce accompagnant les oeufs avec ce qu’il avait sous la main. L’évêque se régala, et on parla longtemps dans les chaumières des oeufs à  l’abbé Chamel !

Revenons à  Emile Zola. Le parc dans lequel la jeune Albine promène le beau Serge convalescent s’appelle
le Paradou null

Ce nom évoque le jardin d’Eden. L’abbé prisonnier de sa morale extrêmement rigide sort de sa longue maladie à  demi amnésique et tout son être neuf tel Adam renaît dans ce jardin luxuriant face à  une jeune fille belle, fraîche et naïve comme une rose et comme l’Eve du premier jour. L’abbé naît, succombe, tombe dans les bras d’Albine et commet la faute. Zola transcrit la Genèse.

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Zola décrit ce Paradou avec tant de précision botanique que les critiques de son époque lui reprochèrent de recopier le dictionnaire. Nous dirions aujourd’hui qu’il s’essaie à  un copier-coller de Delbard.com, lol, le seul petit défaut qu’on pourrait en réalité dénoncer, c’est qu’il mélange allègrement les saisons, et fait fleurir dans la même exubérante profusion les roses, le muguet, les jacinthes, les dahlias, les violettes … il y a chez lui un effet de serre incontestable !

null Voici un autre extrait du livre deuxième entièrement consacré au séjour de l’abbé Mouret dans le Paradou :

Ils demeurèrent innocemment au bras l’un de l’autre. Longtemps encore ils s’oublièrent là . Le soleil montait, une poussière de jour plus chaude tombait des hautes branches.Les roses jaunes, les roses blanches, les roses rouges, n’étaient plus qu’un rayonnement de leur joie, une de leurs façons de se sourire.

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Ils avaient certainement fait éclore des boutons autour d’eux. Les roses les couronnaient, leur jetaient des guirlandes aux reins. Et le parfum des roses devenait si pénétrant, si fort d’une tendresse amoureuse, qu’il semblait être le parfum de leur haleine.

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Guéri et de retour chez lui, l’abbé prend conscience de sa faute, il ne peut pas aimer Albine, et quand il la revoit dans le parc, il le lui fait comprendre, alors par dépit, elle le chasse du Paradou, autre symbole de la Genèse.
La pauvre Albine a dû contracter la maladie de son protégé, et meurt à  l’automne. Avant de mourir, elle avait rassemblé ses forces et toutes les fleurs du jardin qu’elle avait étalées sur son lit pour se former un linceul floral. On pense à  la mort d’Ophélie, qui, elle, mourut au milieu de fleurs dans la rivière, et Zola dépeint une scène d’un style tout à  fait préraphaèlite.

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Ces roses de mon jardin me semblent bien adaptées à  ce roman car leur nom est  » Centenaire de Lourdes  » !

Zola décrit un parc luxuriant ( incitant à  la luxure ! ) dont l’abondance généreuse et savamment désordonnée évoque les jardins anglais. Ce roman ne présente pas un grand intérêt quant à  l’histoire, mais la poésie des descriptions force l’admiration. Un autre de ses romans produit le même émerveillement, Le Rêve, dont j’ai déjà  parlé cet hiver. Beauté de la langue, beauté pure.

le style de Zola est fouillé, mon jardin est fouillis !

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Rose Bertin

Marie-Jeanne Bertin ( 1747-1813 ) , originaire d’Abbeville, descendit à  Paris pour ouvrir une boutique de modiste, et son ascension sociale fut aussi vertigineuse que celle des coiffures de Marie-Antoinette: elle devint sa modiste attitrée, et fut (sur)nommée la ministre des modes.
Avec elle naissaient l’image du grand couturier parisien, du commerce des apparences et l’industrie moderne de la mode française.

Le prénom mieux porteur, plus parlant et très marketing, Rose remplaça Marie-Jeanne , comme Gabrielle devint Coco ( Chanel ). La rose, au XVIIIème siècle, se conjuguait au mode optatif ou impératif, se déclinait dans tous les tons, rosa, rosa, rosam, s’étalait sans modération.

Des roses, la reine les cultivait, les cueillait et les arrangeait avec plaisir, comme le feront d’autres souveraines dont les roseraies sont célèbres, je pense particulièrement à  celle de Joséphine à  Rueil-malmaison.

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Elizabeth Vigée Le Brun, Marie-Antoinette à  la rose, musée des chàteaux de Versailles

[ Robe de satin demi-saison pur coton, à  manches demi-longues finition légères engageantes, décolleté profond largement échancré aux épaules gansé d’un double volant de dentelle de soie, deux ruchés doubles en dentelle blanche partent de chaque cà´té de la taille, noeud d’organza rayé au centre du bustier.
Disponible en bleu-mésange ou vert-tilleul.
Veuillez indiquer la taille : jeune-fille- force épanouie- réussite opulente ]

lol ! J’imagine le carnet de commande de Rose Bertin !

La reine compose un petit bouquet de roses null en les nouant d’un ruban. Elle semble reposée, sereine, dans son élément, loin des fastes guindés de la cour.

( PS du 25/06 : J’ai déjà  montré ce tableau en décembre 2006, revoir ici

Avant ce portrait, Elizabeth Vigée Le Brun, portraitiste officielle de la reine, avait peint Marie-Antoinette dans une tenue hyper fashion !
Jugez :

Marie-Antoinette en gaulle null
Elizabeth Vigée Le Brun, National Gallery Washington

Marie-Antoinette apparaissait en chemise légère de mousseline appelée gaulle et Rose Bertin en était la créatrice, la générale oserai-je dire ! En libérant la taille des femmes de leurs paniers et corsets, on peut se dire que Rose Bertin avait quelque chose de Paul Poiret …

La gaulle connut un succès  » ouf  » au début des eighties ( 1780 ) et madame Vigée Le Brun exposa au Salon ses portraits de la reine et des soeurs du roi en gaulle . Ils firent scandale, car une reine ne s’affiche pas en tenue d’intérieur, et madame Vigée Le Brun dut recommencer son portrait avec une robe plus décente, bien que Marie-Antoinette approuvàt ce cà´té informel.

Elizabeth avait aussi peint la reine dans sa posture royale la plus consensuelle, en lui laissant une rose à  la main :

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Elizabeth Vigée Le Brun, Marie-Antoinette en grand habit de cour, 1778, KHM Vienne

Ce portrait-là  était destiné à  Marie-Thérèse, la maman de Marie-Antoinette, et est donc resté à  Vienne depuis son arrivée à  la cour autrichienne en 1779. La grande qualité de ce tableau permit à  Elizabeth de devenir la portraitiste attitrée de la reine.

On peut retrouver les mêmes roses délicates, molles et indolentes, dans la coiffure de la reine sur ce portrait :

null Adolf Ulrich Wertmà¼ller, Marie-Antoinette, musée des chàteaux de Versailles

Marie-Antoinette préférait l’art de sa chère Elizabeth qui rendait ses traits plus avantageux. Elle avait raison !
Mais ce chapeau fleuri est beau !

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Le temps des roses

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Les roses avaient leurs façons d’aimer. Les unes ne se contentaient qu’à  entrebàiller leur bouton, très timides, le coeur rougissant, pendant que d’autres, le corset délacé, pantelantes, grandes ouvertes, semblaient chiffonnées, folles de leur corps au point d’en mourir.

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Il y en avait de petites, alertes, gaies, s’en allant à  la file, la cocarde au bonnet; d’énormes crevant d’appas, avec des rondeurs de sultanes engraissées;

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d’effrontées, l’air fille, d’un débraillé coquet, étalant des pétales blanchis de poudre de riz;

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d’honnêtes, décolletées en bourgeoises correctes ; d’aristocratiques, d’une élégance souple, d’une originalité permise, inventant des déshabillés.

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Les roses épanouies en coupe offraient leur parfum comme un cristal précieux ; les roses renversées en forme d’urne le laissaient couler goutte à  goutte ;

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Les roses rondes, pareilles à  des choux, l’exhalaient d’une haleine régulière de fleurs endormies; les roses en boutons serraient leurs feuilles, ne livraient encore que le soupir vague de leur virginité.

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 » Je t’aime, je t’aime « , répétait Serge à  voix basse. null

Emile Zola, La faute de l’abbé Mouret, livre deuxième, chapitre VI.

Une robe, une rose

null Une rose rafraîchissante

de couleurs changeantes, appétissantes

Sorbet d’agrumes null

ou sorbet d’agrume ? La règle grammaticale varie selon les maîtres !

Pour cette rose pulpeuse j’ai trouvé une robe non moins juteuse :

James Tissot null
Le Bal, 1883-1885, musée d’Orsay

Quelle chute de reins ! Cascade de pétales, de froufrous fruités qui ornent également le large éventail et la coiffure.

Je reviens à  James Tissot qui peignit tant de jolies femmes dans leurs robes fabuleuses.
Tissot vénérait Ingres, et s’attache comme lui au rendu raffiné des étoffes et accessoires.
J’évoquais pour ma robe précédente Ingres et son portrait de madame de Senonnes conservé au mba de Nantes, et James Tissot copia ce tableau en 1899 :

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James Tissot, Portrait en grisaille de Madame de Senonnes, d’après Ingres, huile sur toile, musée des beaux arts de Nantes.

James Tissot était originaire de Nantes, et il a très probablement contemplé le tableau d’Ingres dans le musée de sa ville natale.
Mais il s’est inspiré d’une photographie de l’oeuvre pour la copier en restituant l’impression de la photographie en noir et blanc.
C’est magnifique que le musée de Nantes ait pu acheter en 2004 cette copie de Tissot qui rejoint donc entre ses murs l’original d’Ingres.

Mais revenons à  la couleur !
Celle de ma rose ! null

James Tissot avait pour ami Edgar Degas, et il me semble que le goût de Tissot pour ces couleurs franches et acidulées vient des tutus de Degas, qui aimait tant peindre les tenues très colorées des danseuses.

null La rose a des secrets de haute couture …

Boutons lacés dans leurs corsets de velours vert … C’est Théophile Gautier qui a écrit cette jolie tournure, non ?

Le problème du pharaon

null N’est-il pas beau mon petit train ?

Je laisse un peu de cà´té mon anthologie des roses, car j’ai quitté mon jardin pour la ville aujourd’hui.
Je circule à  l’ancienne mode, donc à  la pointe de la mode : à  vélo pour les petites distances, en car pour les moyennes, et en train pour les grandes.

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Le train nous fait voir une bien belle campagne, j’avais pensé à  emmener mon appareil photo et les vitres du train étaient très propres !
J’ai vu une maison de garde-barrière avec un magnifique rosier, image surannée et charmante, mais le train filait trop vite pour que j’eusse le temps de faire clic-pixel …

null Durant le trajet, j’ai tenté de résoudre le fameux problème du pharaon, l’une de ces énigmes qu’Antoine de Saint-Exupéry aimait mijoter pour ses amis. Un voyage au Caire l’avait inspiré pour celle-ci.

Un pharaon décida d’ériger en utilisant exclusivement des pierres taillées en cubes de 10 cm de côté , une stèle massive géante en forme de parallélépipède rectangle dont la hauteur fût égale à  la diagonale de la base.

null pouh, ça s’assombrit 🙁

Il ordonna à  un certain nombre de fonctionnaires de rassembler chacun une part égale des matériaux exactement prévue pour l’érection de la stèle. Puis il mourut. 🙁
Les archéologues ne retrouvèrent qu’un seul de ces dépôts. Ils y dénombrèrent 348 960 150 cubes de pierre. Ils ne surent rien des autres dépôts , sinon que leur nombre total était, pour des raisons mystiques, un nombre premier.

null Ben, ce n’est pas très clair …

Cette découverte leur permit cependant de calculer rigoureusement les dimensions de la stèle prévue, et de démontrer qu’il n’était qu’une seule solution possible .
Faites-en autant. 🙂

null Tout d’un coup le ciel s’éclaircit !

N.B. Ce problème ne nécessitant aucun tâtonnement numérique, nous donnons pour vous épargner la seule fastidieuse corvée 🙂 la décomposition de 348 960 150 en facteurs premiers, soit :
2. 35. 52. 7. 11. 373

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Ci-dessus en images, mes tâtonnements numériques …

Ca y est, nous y sommes arrivés ! … à  Brest !

Les dimensions de la stèle sont : 75,6 m x 82,5 m x 111,9 m, et je n’arriverai pas à  faire croire que j’ai résolu ce problème dans le train de Quimper à  Brest, lol !
Non, la vérité est que j’ai lu  » La Faute de l’Abbé Mouret  » de Zola . Activité beaucoup plus reposante ! Pourquoi ce roman ? Parce qu’il y est question de jardin ( de curé bien sûr, et les jardins de curés sont merveilleux ) et de roses, et je pourrai ainsi poursuivre mon anthologie !
( Dans ce cas précis, l’anthologie est à  prendre dans son premier sens, collection de fleurs, anthos est fleur en grec )

Mathématicien, aviateur, inventeur de brevet, écrivain, philosophe, scénariste de cinéma, il savait tout faire, Saint-Ex !

Une rose, une robe

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Cette rose pourrait s’appeler la rose pourpre du ker, puisqu’elle fleurit en Bretagne, lol !
C’est un très vieux rosier, qui a traversé des périodes d’abandon complet, car je n’avais plus ou ne prenais plus le temps de m’en occuper, mais il n’est vraiment pas rancunier et m’offre aujourd’hui des fleurs d’un ton aussi profond que mes soins furent superficiels.

A ce velours d’un pourpre intense null

il faudrait faire correspondre une robe de la même étoffe.
J’ai aussitôt pensé à  celle de madame de Senonnes, assise au musée des beaux arts de Nantes, et portraiturée par Ingres :

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Cependant, pour une fois, je lui préfère le velours autrichien :

Friedrich von Amerling null
Amalie Klein, née von Henikstein, 1834, Galerie du Belvédère Vienne

J’ai évoqué plusieurs fois Friedrich von Amerling ( Vienne 1803 – Vienne 1887 ) qui fut le plus célèbre portraitiste autrichien , et qui excella dans le portrait d’enfants. Revoir ce bébé ici.
Ce tableau du Belvédère ( ah que je l’aime, ce musée ! ) fut présenté à  Paris à  l’automne 2006 dans l’exposition  » Portraits Publics – Portraits Privés  » .

Ce portrait fait penser à  ceux d’Ingres, et Ingres aurait probablement posé une plus grande expression sur le visage d’Amalie, au risque de paraître sans complaisance pour son modèle, mais Ingres ne s’arrêtait pas dans ces considérations courtoises.
Cette Amalie était la fille d’un banquier, qui fut directeur de la banque nationale autrichienne, et elle épousa elle-même un banquier.
Le velours rubis de sa robe est aussi riche que la bonne société viennoise dans laquelle elle évolue. Elle s’est assise sur une cape également de velvetine, doublée d’un taffetas moiré dans un vert profond. Ces deux étoffes luxueuses dans leurs couleurs complémentaires me rappellent la rose de mon jardin. Voilà  !

Amalie null Je vais l’appeler Amalie !

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