Le balai 0’Cedar

Fada, Grillon est fada, ses filles n’ont aucun doute là -dessus. Dimanche, je suis allée fouiner dans un troc&puces avec trois de mes filles, ce passe-temps dominical me ravit toujours.
Ce troc-là  était particulièrement miteux et même calamiteux, mes filles n’y ont franchement rien relevé d’intéressant, et elles avaient raison. Mais l’oeil de Grillon repère toujours  » l’autreté  » inestimable, même dans les trocs les plus démunis. Objet inestimable aux seuls yeux de Grillon bien sûr.

Voilà  mon achat : null

beurk ! Oui, on a le droit de le penser .
En visitant le troc, je m’étais séparée de mes filles, car je flàne dans une lenteur jouissive mais désarmante pour mes proches. Mes minettes avaient vu ce balai à  l’entrée de la salle, et s’étaient fait cette réflexion :  » n’importe quoi, on expose n’importe quoi, comment peut-on espérer vendre une saleté pareille ! » .
Tout se vend, puisque des fous comme moi achètent !
Nooon, mum, tu n’as pas acheté ça , tel est le cri instinctif de mes nènettes.
Je l’ai lavé tant il était sale, j’ai dû plonger ce calamar dans de nombreux courts bouillons pour l’alléger de son antique poussière.

Un coeur, j’ai acheté un coeur … null

Oui, en achetant un euro cet objet d’art populaire, je ne fais pas un placement terrible pour la postérité, mais je remonte dans ma mémoire affective. La brocante occasionne souvent une anamnèse délicieuse.
Le vide-grenier remplit la tête de souvenirs.

C’est le coeur de ma grand-mère que j’ai retrouvé dans cet objet, son entrain au ménage, son geste mécanique et dynamique, son soupir de satisfaction. Elle était une utilisatrice inconditionnelle et passionnée de ce balai, qu’elle passait à  tous moments sur son parquet pour traquer le moindre minou. Toujours prêt, docile et souple, il se pliait à  toutes les acrobaties pour filer sous les meubles et les lits, dans les endroits les plus exigus et jusqu’au plafond. Et hop, après deux trois grands-écarts en travers de la pièce, ma grand-mère ouvrait la fenêtre, brandissait au dehors son engin , et là , d’un mouvement nerveux du poignet, elle faisait pivoter le manche dans un va-et-vient de godille qui faisait tournoyer la tête frangée. Celle-ci libérait au vent des moutons. Dans la même énergie, ma grand-mère refermait la fenêtre, et rangeait promptement son O’Cedar dans le placard jusqu’au prochain assaut de la poussière.

Ma mémé admirait tant l’O’Cedar, the genuine O’Cedar, qu’elle m’en avait offert un quand je me suis mariée.

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Hélas, je n’ai pas su apprécier toutes ses qualités quand j’étais jeune, je voulais laver les franges à  la machine, en les décrochant du support, mais j’avais toujours un mal fou à  les remettre en place, bref, j’ai dû le donner à  Emmaà¼s. C’était irréfléchi, je ne pouvais pas savoir qu’avec les années, je reviendrais sur les pas de ma chère mémé et que ma quête nostalgique me provoquerait des coups de coeur pour de pareilles horreurs.
Cet O’Cedar-là  a bien du vécu. Il en a traqué, des moutons, sous les lits. Je ne sais pas où je vais le conserver tant il est laid, dans un joli coin de ma mémoire en tous cas.

Les arts ménagers

Quand on aime l’art et qu’on est une FAF, les arts ménagers occupent bien la huitième place de la hiérarchie, et leur Salon est un évènement passionnant. ( Quand a-t-il lieu cette année ? Bientà´t , je suppose )
Cette huitième place est évidemment subjective, après les arts qu’on dit beaux, à  savoir l’architecture, la peinture, la sculpture, la gravure, il y a la musique, la danse, la littérature, le théàtre, la rhétorique et les arts décoratifs, et je ne sais pas comment on arrive à  placer au septième rang le cinéma, il reste de plus à  caser la photographie, les arts mécaniques … certains classent la télévision à  la huitième place, la bande dessinée à  la neuvième, et je me dis qu’un jour, on insérera l’art du web et le blogue dans cette échelle.

Bref, une expression dit  » l’homme de l’art  » , et les arts ménagers nous hissent, nous les FAF, au rang honorable de  » femmes de l’art  » !

Parlons un peu du salon de 1954 null

null La machine de nos mères ou grands-mères.
Elle lavait déjà  plus vite, plus propre, plus blanc avec Omo, plus doucement, mouais … c’était tout de même sans compter la mère Denis.

Formes variées : null

On n’avait pas le souci d’encastrer la machine dans un endroit déterminé, et les normes de dimensions n’existaient pas. L’important était de pouvoir tourner la manivelle pour essorer chaque pièce de linge.
On parlait de  » anode et cathode  » , aujourd’hui on se soucie de microprocesseur et de vitesse d’essorage.

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Cette nouvelle machine à  la pointe de la technologie en 1954 utilisait le gaz. Je me souviens que ma mère allumait la rampe à  gaz sous sa machine, et j’aimais regarder les flammes quand j’étais petite en me mettant à  quatre pattes.

null Ma grand-mère avait une machine ronde du genre de celle-ci, mais moins moderne, car elle n’était pas équipée du gaz, il fallait faire un feu de bois en dessous de la cuve qui était munie de son  » batteur tripale  » . Sa machine se trouvait au garage et le tuyau d’arrosage amenait l’eau dans la cuve. L’important était que le linge bouillît, car, sans ébullition, les microbes n’étaient pas exterminés.
( merci au Bescherelle pour l’imparfait du subjonctif de bouillir, car la FAF, que je suis, ne fait presque plus bouillir son linge, et ne sait donc plus conjuguer le verbe au subjonctif ! )

null La forme de ce lave-vaisselle nous paraît non moins étrange aujourd’hui ! Polyvalent, il lavait aussi les légumes !

Et il était mobile ! null

Dans un magazine ELLE de mars 1960, voici ce qu’on dit de ce lave-vaisselle :

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J’imagine la ménagère, avec son beau tablier, en train de promener son lave-vaisselle de l’évier à  la table, pour dresser le couvert, ou le débarrasser. Un autre monde ! Et c’était seulement en 1960. Ce n’est pas si loin.

Oeufs de Pâques

Petit retour vers la peinture espagnole pour ces oeufs de Pâques …
Il est vrai que les  » huevos  » occupent une place importante dans la cuisine espagnole.
Ce tableau est tout indiqué pour le week-end de Pàques du fait de son titre :

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Luis Melendez, Le petit déjeuner de Pàques, Wallraf-Richartz Museum Cologne

Lire la page du musée ici si on comprend l’allemand.

Les oeufs et le fromage, en plus de la viande, ne pouvaient pas être mangés pendant le carême autrefois, et là , il s’agit bien d’un petit déjeuner qui sort le fidèle du jeûne, donc à  Pàques pour la fête de la Résurrection.

Cette nature morte , sobre et fort séduisante , de petites dimensions, 23cm x 35 cm, me paraît se rapprocher de façon assez moderne des prises de vues photographiques. Le peintre a placé son regard au ras de l’assiette et a zoomé sur son contenu, pour mettre en valeur les courbes blanches et parfaites des oeufs se dessinant sur les lignes droites du fromage et croustillantes du pain.

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Luis Melendez, le voici ! C’est son autoportrait, conservé au Louvre. Voir la notice ici

Il était né à  Naples en 1716, mais vécut toute sa vie à  Madrid où il mourut en 1780. Nous avons de la chance de pouvoir admirer son portrait au Louvre, bel homme à  la fierté tout espagnole . Il porte sur la tête un mouchoir noué comme maintenant on coiffe une casquette publicitaire  » Monsieur Bricolage  » ! Ses innombrables  » bodegones  » , ces natures mortes de taverne et de cuisine sont très attachantes, on l’a surnommé le Chardin espagnol !

Je poste cet article au petit déjeuner, car maintenant je file vaquer en cuisine pour les préparatifs de Pàques.
Joyeuses Pâques !

Les oeufs du jour

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Pieter Aertsen ( Amsterdam 1508- 1575 ), Fermière au marché, palais des beaux arts de Lille

Pieter Aertsen est connu pour ses scènes de marché où fruits, légumes, volailles abondent de manière éclatante, et pour ses opulents intérieurs de cuisine, qui réjouissent sans doute Jean-Pierre Coffe et Jean-Luc Petitrenaud pour la qualité autant picturale que diététique de tous ces produits du terroir garantis de culture bio !

Aertsen est surtout intéressant car c’est lui qui a vraiment développé l’art de la nature morte dans la seconde moitié du XVIème siècle. Il peignait des sujets religieux dans lesquels il introduisait des éléments végétaux, des comestibles, des ustensiles divers, et peu à  peu il a relégué sur la marge de sa toile les personnages bibliques, pour donner une place plus grande à  ces morceaux de nature morte.

Cette fermière hollandaise au visage réaliste et expressif est impressionnante et moderne pour l’époque. Le peintre a zoomé sur elle dans ce coin de marché municipal, où elle est venue vendre son lait de vache, ses oeufs de poule et de caille, des couques ou pies à  la viande peut-être, et du vin ou autre liquide en tonneau.

Pieter Aertsen avait un neveu, Joachim Beuckelaer, né à  Anvers vers 1535 et mort en 1574, qui fut son élève, et qui peignit également de nombreuses scènes de marché et des intérieurs de cuisine. C’était entre eux de la cuisine familiale !

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Joachim Beuckelaer, Les quatre éléments : l’Air , 1570, national gallery Londres

Voir les explications sur la page du musée ici

Comme chez Aertsen, le sujet religieux devient secondaire, ici le retour du fils prodigue au fond du tableau, et on admire au premier plan deux belles jeunes femmes vendant ou achetant fièrement ces produits de la ferme .

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( détail )

PS: ce nom « de Beuckelaer » vous dit peut-être quelque chose d’autre à  vous aussi … C’était mon goûter préféré quand j’étais jeune ! Les biscuits de Beuckelaer au chocolat, que j’aimais ça ! Après, ils ont été rachetés par Lu, et se sont appelés  » Le Prince de Lu  » .

Les oeufs au plat

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Diego Velazquez ( 1599-1660), Vieille femme faisant frire des oeufs, 1618, National Galleries of Scotland, Edimbourg

Consulter la page du musée ici.

Après les oeufs à  la coque de Monet, voilà  les oeufs frits de Vélazquez. Il n’avait que dix-huit ou dix-neuf ans quand il a peint cette scène. Magnifique nature morte ! Talent prometteur chez ce jeune artiste !
On reconnaît ce plat en terre cuite avec ses petites oreilles, il se fabrique toujours en Espagne. Mais aujourd’hui, on met moins d’huile, je pense, pour frire des oeufs …

Les oeufs à  la coque

Aucun ordre chronologique dans cette collection d’oeufs peints ! Sautons de Jérôme Bosch à  Claude Monet !

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Claude Monet , Le déjeuner , 1868, Städel Francfort

Ce tableau est un beau souvenir pour moi, j’avais visité le Städel, cet immense et fort riche musée des beaux arts de Francfort, avec les Amis du musée des beaux arts de Quimper, et j’étais restée baba d’admiration devant cette oeuvre.

Ce tableau de très grandes dimensions, 2,30m x 1,50m , nous fait entrer dans cette salle-à -manger, nous enrobe de sa lumière laiteuse filtrant au travers des voilages de dentelle, et nous sommes tentés de nous asseoir sur cette chaise libre au premier plan.
C’est la chaise de Claude Monet, il s’est levé pour croquer la scène sur son carnet et la peindre après le repas !
C’est à  l’automne 1868, Claude et Camille séjournent à  Etretat.
Le petit garçon, que les deux dames observent, est son fils Jean, on le reconnaît bien, j’ai montré récemment le tableau où Jean s’amuse sur son cheval à  bascule et à  roulettes ( Metropolitan museum de New York ).
On remarque ses jouets sous la chaise de gauche, ainsi que son petit chapeau rond.

Le repas est simple :

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Des oeufs à  la coque, des pommes de terre sautées , de la salade, du raisin, du pain et de la confiture en dessert.
Le service à  vinaigrette est un bel objet avec ses deux flacons. Cette table est une magnifique nature morte.
Les oeufs, l’assiette, le linge, offrent une belle symphonie de blancs.
La dame en visite n’enlève pas ses gants, ne fait que passer, se repose un peu , adossée à  la fenêtre et rêveuse, elle contemple le bonheur de cette maman attentive à  son enfant.

Un moment heureux , un bonheur de peinture … aujourd’hui, chez moi, il pleut, il grisaille, j’ai la tête enrhumée, embrumée, et ce tableau calme et lumineux me procure un grand plaisir.

L’oeuf du jour

Un rhume carabiné m’éloigne de mon atelier de peinture qui n’est pas chauffé, et donc, j’éternue en bloguant et constellant de gouttelettes l’écran devenu à  cristaux liquides de cet ordinateur.
Je ne laisse pas tomber mes oeufs de Pâques malgré mes essais de critique littéraire.
Voici un autre univers délirant, celui de Jérôme Bosch.

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d’après Jérôme Bosch, Le concert dans l’oeuf ou Satire de l’alchimie symbolisée par l’oeuf philosophique, palais des beaux arts de Lille

C’est beau, c’est bien, c’est Bosch ! Mais non, ce n’est pas de la main de Bosch, c’est une copie de l’une de ses oeuvres aujourd’hui disparue. Copie ancienne du XVIème siècle.

J’espérais trouver dans le site du musée de Lille une page concernant ce tableau avec quelques explications, mais hélas, je n’ai rien vu, ou mal cherché. Pourtant ce tableau est très amusant.
Par chance, j’ai trouvé dans le précieux site de la RMN le dessin de Jérôme Bosch préparatoire au tableau :

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Jérôme Bosch ( vers 1450- 1516 ), Concert dans l’oeuf, dessin , cabinet des gravures Berlin

Voici donc une autre interprétation de l’oeuf : symbole de l’alchimie, du monde occulte, ésotérique, et perçu comme diabolique et maléfique.
L’oeuf représente le monde d’une manière générale, il est un monde en devenir, et peut être gouverné par les puissances du mal.

Le sujet : des personnages, des moines pour certains, jouent de la musique et chantent dans ce monde.
Satire : l’iconographie nous révèle tout le sens diabolique de l’alchimie contenu dans les divers détails du tableau.

La chouette null possède un double symbole, celui de la sagesse, et celui de la nuit, l’obscurité. Alliée ici au corbeau, oiseau de mauvais augure, elle prend un sens de superstition, d’occultisme.
L’entonnoir, instrument de chimie et d’alchimie, sur la tête du personnage à  lunette fume de manière comique, il ne sort pas un esprit très lucide et raisonnable de cette tête-là  !

La ruche, null ( ou un colombier ? )habituellement symbole du travail, de l’ordre, de l’obéissance et de l’organisation, a ici un toit qui part en ruine. Elle dénonce le laisser-aller et la paresse.

Le serpent null près de la baguette magique, ou jouet moulin-à -vent, est un animal malfaisant et trahit les actions néfastes de l’alchimie.

Le singe qui imite l’homme null en jouant aussi de la musique symbolise l’hérésie et l’idolâtrie.
En revanche, la tortue au sol aurait peut-être une signification positive, je ne sais pas. Elle est communément symbole de longévité, de lenteur et de persévérance. Elle se dirige d’ailleurs vers le poisson sans se laisser distraire par la musique du singe.

L’âne joue aussi de la musique null comme pour se moquer des concertistes, et un voleur coupe la bourse qui pend à  la ceinture de l’un d’eux.

null Peut-on s’autoriser à  penser que la grue et la cruche représentent ici la bêtise humaine ? C’est tentant !

La pomme null suspendue à  sa branche représente justement la tentation et le péché originel. Dans le panier, la volaille plumée rappellerait qu’Adam et Eve , après avoir croqué la pomme, ont découvert soudain leur nudité. Ne serait-ce pas un corbeau tenant en son bec un fromage que nous apercevons ? Et un autre oeuf , blanc pur, intact … Comment interpréter ?

null Je ne sais pas ce que font les petits personnages dans le bas à  droite du tableau, si un lecteur le sait, sa réponse sera la bienvenue .

Malgré tout, dans ce monde complètement fada, il existe une image d’espoir.

Le poisson, null comme chacun sait, est symbole du Christ, et ici, une main sort de cet oeuf glauque, et se tend vers lui. Le chat, force maléfique, guette et n’ose pas attaquer ce poisson sauveur.

C’est du Harry Potter avant l’heure, et on peut y prendre un malin plaisir à  chausser ses lunettes pour résoudre les énigmes. Si on relève d’autres détails intéressants, je les prends avec gourmandise !

PS: merci à  Photofiltre, et à  mon fils chéri qui m’a appris à  découper des images !

La danse de l’oeuf, 2

Le temps me manque un peu cette semaine, alors je vais dénicher des oeufs qui ne sont pas du jour, mais exposés il y a un an déjà  dans ce blogue.
Au fil des années, il est vrai qu’un blogue devient un palimpseste, on se réécrit sous un regard nouveau.

Voici mon article de février 2007 intitulé  » La danse de l’oeuf  » : cliquer ici.

Voilà   » de Eierdans  » de Jan Steen :

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The Wellington museum, Apsley House , Londres.

Le duc de Wellington, Arthur Wellesley, vainqueur de la bataille de Waterloo, était un fervent amateur de Jan Steen, et acheta quatre tableaux de ce peintre, dont cette Danse de l’Oeuf, et ils sont donc conservés dans sa maison dans Hyde Park. Ah, comme j’aimerais la visiter !

L’oeuf n’est pas facile à  apercevoir au sol, il se trouve au centre des pieds des quatre danseurs qui forment une ronde.

Dans mon article de l’an dernier, je montrai une autre danse de l’oeuf, celle de Pieter Aertsen :

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Pieter Aertsen, La danse des oeufs, 1552, Rijksmuseum Amsterdam, notice et commentaire.

Cette danse de l’oeuf était un jeu d’adresse. Il s’agissait de danser autour de lui sans le piétiner, donc le casser. Quand on sait que dans ce genre de réunions familiales très arrosées, l’agilité et la précision des convives était bien émoussée, l’éclatement accidentel de l’oeuf devait provoquer des rires joyeux mélés aux sons des cornemuses et violons !

Ce jeu existe-t-il encore aujourd’hui ?
Eh bien, oui apparemment, mais sous une forme très différente, c’est devenu un petit jeu pour les enfants :

null voir détails ici

C’est tout l’intérêt de la peinture ancienne, elle témoigne de traditions disparues et nous les transmet hautes en couleurs.

Les oeufs du jour

Ayant, un jour, aperçu dans un livre un tableau intitulé  » La brouette renversée  » , j’en cherchai sur le net une reproduction, et tapai donc ce titre dans la barre de recherche de Google.
Oh surprise, google me servit comme réponses des pages du kamasutra !
Hein ?? La brouette renversée serait l’une des positions de ce précieux précis de la culbute.
Cela me renverse comme une vieille brouette déboulant d’une tendre prairie.
Je ne suis pas allée vérifier le sens particulier de ce titre, , mais j’ai heureusement fini par trouver mon image qui n’est pas licencieuse, elle !
La voici :

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Peintre français de l’entourage des frères Le Nain, La brouette renversée, musée du Louvre

Ce tableau tout en camaïeu de bruns et ocres est très beau et mériterait d’être mieux connu. Il n’est apparemment pas exposé dans les salles du Louvre, n’appartenant qu’à  l’entourage des Le Nain, et n’étant pas de leurs mains.
Cet ensemble de lignes géomètriques savamment composées, de courbes imbriquées, de matières tactiles entremèlées comme le bois, le fer, la terre cuite, l’osier, le verre, enchante mes yeux.

Comment interprèter cette nature morte ?
Pourquoi ce panier d’oeufs au premier plan, et cette bouteille au dernier plan ?
Je me plais à  chercher une portée philosophique dans ce tableau, mais je m’égare peut-être.
Il s’agirait d’une vanité. A la lourdeur des différents objets en bois , brouette, cuve, tonneau, objets inertes, et à  leurs masses importantes, s’opposent des objets très fragiles et de petite taille, contenant des matières vivantes et périssables. La brouette renversée est elle-même un témoin de l’incertitude des choses et de leur basculement.

Les oeufs à  l’avant du tableau sont un symbole de vie et de naissance.
A l’arrière du tableau, cette magnifique bouteille dans l’encadrement de la fenêtre ( elle me rappelle un tableau de Fragonard avec une lanterne dont j’ai parlé en décembre ) contiendrait peut-être du vin, ou de l’huile, tous deux symboles divins, et s’il s’agit d’huile, elle fait fait penser à  l’huile du baptême et de l’extrême onction . On aurait ainsi dans ce tableau une allusion à  la naissance et à  la mort. L’alpha et l’oméga.
Mais je pousse peut-être un peu loin la réflexion.
Ce n’est peut-être que la récolte des oeufs du jour au poulailler !

Fresh eggs

Continuons à  chercher les oeufs dans la national gallery de Washington.
Voici mon artiste américain favori : Winslow Homer.

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Winslow Homer , Fresh eggs, aquarelle, 1874, National Gallery Washington

Les aquarelles de Homer sont aussi vibrantes que ses peintures à  l’huile.
J’aime le rai de lumière formé par la porte entrebaillée. J’aime la robe aux tons de plumage.
J’aime tout, c’est beau comme un petit matin ensoleillé à  la ferme.

Bon dimanche !

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