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Bougie

    Raoul Dufy, La fée électricité, détail partie droite, 1937, Centre Pompidou, notice.

Coupure de courant samedi dernier dans toute la commune. La panne n’a duré qu’une heure, le temps d’installer un désarroi aussi général qu’elle-même. Je faisais mes courses dans le bourg comme beaucoup d’autres habitants un samedi matin, nous nous sentions immergés dans un roman de Modiano, désemparés dans la rue des boutiques obscures. Les commerçants éclairaient leurs tiroirs caisses avec leurs téléphones portables. La vie paraissait suspendue à la charge éphémère des batteries.

On parle beaucoup de l’intelligence artificielle en ce moment, la cervelle qui va penser, sentir, réagir à notre place, mais que serait celle-ci sans la fée électricité ?

    Raoul Dufy, La fée électricité, étude, gouache, 1936, Centre Pompidou, notice.

On peut voir sur quatre pages de la RMN les multiples reproductions de l’oeuvre de Dufy.

La compagnie parisienne de distribution de l’électricité avait commandé à Raoul Dufy une fresque de 60m de longueur sur 10m de hauteur pour décorer son pavillon de la lumière et de l’électricité à l’Exposition Universelle de Paris en 1937. Dufy dispose d’un an seulement pour réaliser ce vaste projet.

On peut lire l’histoire et voir des photos sur le site du collège Brossolette.

C’était au temps où l’on croyait beaucoup au prestige des expositions universelles, et celles-ci nous ont laissé de bien belles oeuvres d’art et d’architecture.

    Adolph von Menzel, Salle de séjour avec la soeur de Menzel, 1947, Neue Pinakothek Munich, notice et commentaire.

La panne d’électricité a recommencé le soir, au milieu du dîner ! Vite, allumons des bougies !
J’aime les bougies, et quand de décoratives elles deviennent indispensables, elles m’enchantent doublement.

Pourquoi ce mot bougie pour désigner la chandelle ? Je pensais depuis toujours que la lumière de la chandelle, étant mobile, vacillante, animée au moindre souffle, et par ailleurs transportable d’une pièce à l’autre, bougeait et donc méritait le terme de bougie.
Mais non, son nom est tout simplement une antonomase, il vient de la ville de Bejaia sur la côte méditerranéenne en Algérie : consulter sa page wikipedia. Bejaia produisait depuis le XIVème siècle une cire fine qui servait à la fabrication des chandelles. En 1833 la ville devint possession française et prit le nom francisé de Bougie.

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