Le Bloghaus de grillon du foyer

Les jours de repassage

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A quoi pensent les femmes pendant le repassage ?
Comme je disais à une amie que je ne pouvais pas repasser mon linge sans la compagnie du téléviseur ou du poste de radio pour occuper mon esprit pendant le travail de mes mains, elle me répondit qu’à l’opposé, elle consacrait la séance du repassage au silence, à l’absence d’images, pour faire le vide dans sa tête, laisser vagabonder ses pensées en toute liberté alors que ses doigts s’appliquent à bien diriger le fer.

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A quoi pensaient les femmes autrefois quand elles repassaient un linge d’un blanc immaculé avec un fer noir d’un poids, oh dame, d’un poids !
Leurs pensées devaient être aussi légères et fugitives que leur fer était lourd, car le repassage requérait une grande attention.

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    Fer à braises avec cheminée : 3,700 Kg !

La blanchisseuse, comme la laitière, devait être robuste et courageuse. Pas étonnant que le narrateur d’À la recherche du temps perdu fût attiré par ces jeunes personnes saines et rondelettes aperçues dans la rue et qu’il faisait monter chez lui par l’intermédiaire de Françoise !

null Et si on chantait devant la planche ?


CHARLES TRENET LIVE LA FOLLE COMPLAINTE PIANO MUZIK CLIP TV
envoyé par kirivalse. - Regardez plus de clips, en HD !

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    adorable chanson nostalgique …

Le plus grand soin était apporté à ces fers en fonte, ils devaient avoir les semelles absolument propres avant d’entrer dans les plis délicats du linge laborieusement lessivé. Ils contenaient un lingot brûlant sorti de la cheminée, ou des braises promptes à griller le tissu, et gare aux scories et poussières s’échappant de la cheminée ou des évents !
Quel métier !

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    Fer dit ” langue de boeuf “

Les formes de ces ustensiles n’ont cessé de varier, évoluer, prendre les noms les plus imagés.

Mon fer langue de boeuf, qui contient un long lingot de fonte, était peut-être un fer de tailleur. Celui qui se trouve posé au sol dans ce tableau lui ressemble un peu :

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    Quiringh van Brekelenkam ( vers 1620-vers 1668 ), L’atelier du tailleur, 1661, Rijksmuseum Amsterdam, commentaire du musée sur cette page.

revoir l’article ” s’asseoir en tailleur ” sur cette page

J’ai pesé ma langue de boeuf, autre fierté de ma collection, c’étaient 3,900 Kg de fonte que la repasseuse ou le tailleur faisait glisser sur l’étoffe !

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au foyer, chats, musique @ 3:05 pm, July 27, 2010

Il pleut sous le parapluie

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Il pleuvait ce jour-là à Hotton

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Allons le voir !
Tu crois ? Oui, je veux le voir !
Monsieur grillon hésite mais fait malgré tout plaisir à grillon en faisant un petit détour
Le voilà !

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Hotton, la ville de Philippe Geluck, rend hommage à son gros chat, né en 1983.

Ce félin fataliste sous son parapluie pomme de douche espère malgré tout des jours meilleurs et croit en l’homme, en son humanité créatrice.
Grillon fut très heureuse de l’avoir trouvé, ce chat philosophe !

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Il pleuvait aussi sur la ville de Liège.

Ce fut difficile d’atteindre cette ville à cause des sempiternels encombrements. Les places de parking sont rares. Je n’emploierai pas le mot qu’on attend quand on se trouve coincé sur la route de Liège, le terme utilisé par les Belges est le même que celui des Néerlandais aux Pays-Bas, c’est le mot français ” file ” .
L’état des routes belges ne s’améliore pas vraiment, les autoroutes sans cesse en travaux font circuler les automobilistes sur une seule file interminable … Les panneaux indicateurs se font rares aussi, les routes sont barrées pour travaux mais aucune déviation n’est proposée … il fallait le stoïcisme du Chat pour se perdre sans trop broncher !

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Mais nom d’une pipe, j’aurai vu quand même la place Maigret !

Nous sommes très déçus par la ville de Liège qui nous a paru grise et morose, mais sous la pluie, c’est un peu normal. Nous n’avons pas monté les marches vertigineuses pour apercevoir la Meuse et la ville du haut de son belvédère, mais nous avons visité un musée fort intéressant, le MAW .

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    (Vue de Liège, photo wikipedia )

Le musée de l’art wallon a son site sur page.

Hélas, le site ne présente pas de photos des oeuvres, et dans le musée, il est interdit d’en prendre, donc il est bien difficile de partager ce qu’on a admiré et d’inciter le public à visiter ce musée pourtant très intéressant.

Son architecture est très originale et j’aurais aimé au moins pouvoir photographier l’ensemble des salles. La visite commence par le quatrième étage où nous envoie directement l’ascenseur. Le musée se déroule alors en une longue spirale que l’on descend lentement en contemplant sur les parois de ce grand colimaçon les tableaux des peintres Wallons.
Eh, là je le dis, c’est le musée en tire-bouchon de Liège :-P

Sous le toit du musée se trouvent donc les oeuvres d’art les plus anciennes, particulièrement des panneaux attribués à Henri Blès, né à Bouvignes vers 1510, et à Joachim Patinier, né à Dinant en 1485. J’ai adoré une Vierge à l’enfant attribuée à Patinier, l’Enfant s’était endormi sur le sein maternel gonflé comme une sphère terrestre … pas de reproduction en vente, rien … :-(

Les artistes wallons sont aussi nombreux que méconnus, réellement talentueux et passionnants, mais la plupart resteront méconnus puisqu’il est bien difficile de montrer leurs oeuvres sur internet.
J’ai appris que le peintre Gérard de Lairesse, que je croyais être un Hollandais du XVIIème siècle, était natif de Liège, découvert des peintres du XIXème très attachants comme Adrien de Witte, né à Liège aussi, le paysagiste liégeois Auguste Donnay, ou le réaliste Constantin Meunier.
Nous avons vu des noms connus comme Alfred Stevens, Magritte, Delvaux …

Un beau musée à découvrir malgré un grand manque de communication !

chats, musées @ 3:08 pm, May 27, 2010

Le giron

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    Edouard Manet, Portrait de madame Manet, vers 1880-1882, NG Londres, page du musée.

Ce tableau est l’un des derniers de Manet, et s’il est resté inachevé, c’est peut-être parce que l’artiste est mort avant qu’il ne le terminât.

Viens mon beau chat sur mon coeur amoureux
C’est toujours une heure exquise que de se reposer avec un chat dans son giron. S’il est permis d’inventer des mots, j’aime à dire que le chat, au creux des genoux, gironronne !

Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,

… tes beaux yeux mêlés de métal et d’agate , dit Baudelaire. Il est doux, rassérénant de plonger son regard dans des yeux félins.
Point de métal et de pierre précieuse évoquerais-je comme le poète, mais plutôt la pierre ensoleillée d’un porche de cathédrale. Les yeux d’or me font revoir en pensée voyageuse ces frontons romans sculptés dans le calcaire blond et la lumière, contenant en leur centre une prunelle en amande, une mandorle sombre qui joue entre l’ombre et le soleil ardent.

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    Max Liebermann, Vieille femme avec un chat, vers 1847, The Getty museum Los Angeles, commentaire du musée.

Le giron est un petit mot mignon qui a quelque chose de rond et tournoyant, et pourtant non, il ne veut pas dire rond, mais plutôt pointu !
Le giron vient du francique ” gêro ” ( -> dictionnaire Le Robert ) et le gêro était une pièce d’étoffe en pointe, un pan de vêtement tombant en pointe de la taille aux genoux.
Un tablier en somme.

Le poète Pierre de Ronsard, dans le Bocage royal, a écrit ces vers :

Elle ne laisse fleur ni petite ni grande
Sans en faire un bouquet, puis va trouver sa bande
Qui l’attend sur la rive, et versant son giron
Montre toutes les fleurs des jardins d’environ
(…)

Il vaut mieux en effet porter un giron pour recevoir en son giron son animal chéri, arrivant du jardin avec au bout des pattes les traces humides de la campagne.

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    Renoir, jeune fille et chat endormis, 1880, Sterling & Francine Clark Institute Williamstown

Le chat rentre à la maison après une nuit au clair de lune, bondit sur les genoux et pétrit le giron, accompagnant les piqûres rythmées et jouisseuses de ses griffes amicales du roulement de sa gorge profonde. Alors on glisse les mains dans la fourrure, et puis on penche le nez pour humer dans ce pelage nerveux des parfums de mousse humide, de gazon frais coupé, de sève de pin, de buis taillé, de fougère sauvage. C’est tout le jardin que vient verser dans le giron l’animal soyeux !

Mots, chats @ 1:56 pm, April 23, 2010

Le Coeur innombrable

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    Il fera longtemps clair ce soir

    Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent,
    La rumeur du jour vif se disperse et s’enfuit,
    Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,
    Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent…

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    Les marronniers, sur l’air plein d’or et de lourdeur,
    Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;
    On n’ose pas marcher ni remuer l’air tendre
    De peur de déranger le sommeil des odeurs.

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    De lointains roulements arrivent de la ville…
    La poussière, qu’un peu de brise soulevait,
    Quittant l’arbre mouvant et las qu’elle revêt,
    Redescend doucement sur les chemins tranquilles.

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    Nous avons tous les jours l’habitude de voir
    Cette route si simple et si souvent suivie,
    Et pourtant quelque chose est changé dans la vie,
    Nous n’aurons plus jamais notre âme de ce soir…

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    Anna de Noailles, recueil Le Coeur innombrable

Encore, encore de la poésie, Anna de Noailles ( 1876-1933 ) :

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    La vie profonde

    Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
    Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
    Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
    La sève universelle affluer dans ses mains !

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    Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
    Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
    Et goûter chaudement la joie et la douleur
    Qui font une buée humaine dans l’espace !

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    Sentir, dans son coeur vif, l’air, le feu et le sang
    Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre.
    - S’élever au réel et pencher au mystère,
    Être le jour qui monte et l’ombre qui descend.

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    Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
    Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l’eau,
    Et comme l’aube claire appuyée au coteau
    Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise…

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    Anna de Noailles, recueil Le Coeur innombrable

J’ai le coeur indéchiffrable aujourd’hui, des soucis familiaux, rien de grave, ombres passagères, une promenade dans le soleil du jardin, un livre de poésie, et voilà l’âme qui rêve au temps des cerises.

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arbres, chats, jardin, littérature,poésie,philosophie @ 1:17 pm, April 17, 2010

L’annonciation à l’encre brune

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    Rembrandt , Annonciation, Plume et encre brune, musée des beaux arts de Besançon

Ce dessin de Rembrandt, je l’ai déjà proposé en 2008, revoir là.
Il fallait une plume fougueuse pour illustrer l’irruption soudaine de l’archange auprès de Marie.
J’adore ce dessin.

Et j’aime celui-ci à la manière de Rembrandt :

On reconnaît l’escalier en colimaçon dans le genre de celui du Philosophe en méditation de Rembrandt ( article ), le fauteuil a aussi la même structure.
Le nuage angélique apparaît sur le manteau de la cheminée, au dessus du chaudron suspendu dans l’âtre. Le ciel se fond ainsi dans la pièce d’une manière presque naturelle, fumée, vapeur, la nuée céleste se mêle à l’atmosphère rustique de cette simple maison. C’est une vision sobre et touchante de l’évènement.

Cet autre dessin, de la même époque mais d’un artiste français, est particulièrement charmant :

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    Charles Mellin ( vers 1600-1649 ), L’Annonciation, encre brune, lavis brun, plume, DAG Louvre, page du musée

L’archange Gabriel surgit au dessus de la table de Marie, elle faisait de la couture, sa corbeille à ouvrage est au sol. Après avoir écouté, elle s’est levée de sa chaise et s’agenouille, tout auréolée, dans la lumière magnifiée de sa petite lampe.

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Oh le beau ciel capricieux de mars !

Bon dimanche null
des rameaux !

anges, chats @ 4:41 pm, March 27, 2010

allongés au fond des solitudes

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    Les chats

    Les amoureux fervents et les savants austères
    Aiment également, dans leur mûre saison,
    Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
    Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

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    Amis de la science et de la volupté
    Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
    L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
    S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

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    Ils prennent en songeant les nobles attitudes
    Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
    Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

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    Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
    Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
    Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

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    Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

    Pas de sujet consacré au sommeil sans le sommeil du chat, le plus grand dormeur des animaux !
    Et pas de sujet consacré au chat sans un poème de Baudelaire !
    Celui-ci est si beau !

    Le chat retiré au plus profond de son rêve peut, en une fraction de seconde, bondir tel un félin sauvage au moindre bruit. Comment fait-il ? Il est magique.

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  • Steinlen, Chat endormi, dessin, MFA Boston, page du musée ici
  • John Constable, Jeune femme dormant, dessin, Louvre
  • Gustave Moreau, Chat, dessin, musée G. Moreau Paris
  • Steinlen, Chat sur un fauteuil, La Piscine Roubaix
  • A. François Desportes, Chat projetant sa tête en avant, dessin, Louvre
  • Sisley, Chat endormi, dessin, Louvre
  • chats, sommeil @ 4:46 pm, February 5, 2010

    Le pauvre canari

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      Jean-François Gilles dit Colson, Le repos, 1759, mba Dijon
      Commentaire du musée sur cette page

    Encore un chat convoitant un volatile pendant le sommeil de sa maîtresse !
    Le félon félin est prêt à bondir sur le canari qui tient compagnie à la jeune fille assoupie.
    Ce chat a la férocité d’un ” kittler ” , ( cats that look like Hitler )!

    Cette petite scène d’un charme dramatique attendrissant n’est pas aussi anecdotique que la première vue le laisse supposer.
    Ce tableau faisait partie, il y a un an au musée des beaux arts de Tours, de l’exposition ” la volupté du goût ” , et dans son catalogue, on peut y apprendre le deuxième sens - caché - de la scène …

    Ce peintre dijonnais, Colson , se rapproche de Greuze, on remarque en effet la même ambiance, les mêmes jeunes filles, la même morale … car morale il y a .

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      Jean-Baptiste Greuze, La jeune fille pleurant son oiseau mort, 1765, National Galleries of Scotland Edimbourg
      Page du musée ici

    C’est fait, le chat a croqué le canari ! La jeune fille se réveille et n’a que ses yeux pour pleurer .
    Dans ce très beau tableau d’une harmonie de coloris subtile, il faut lire également le sens moralisateur, cher à Greuze . L’oiseau mort représente la perte de la virginité.
    Comme dans le tableau de Colson, la demoiselle endormie, dont la vigilance est réduite, court un grand risque, à l’image de son canari. Le prédateur mâle est prêt à bondir sur elle !
    Si elle ne résiste pas de toutes ses forces, elle n’aura bientôt plus qu’à déplorer d’être déflorée.
    La virginité est un bien volatil !

    Ceci n’empêche pas d’apprécier ces peintures délicieuses, magnifiquement traitées.
    Ah que je rêve de visiter un jour le musée d’Edimbourg et de m’extasier devant les étoffes soyeuses et nacrées, les fleurs délicates, de cet adorable tableau !

    chats, sommeil @ 1:53 pm, January 22, 2010

    le tablier, la vaisselle et la demoiselle

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      Nicolas Maes, La servante oisive, 1655, National Gallery Londres
      Page du musée à voir ici

    Ah la pauvre servante, la corvée de plonge la plonge dans un sommeil fautif !
    Voyez-vous ça !, nous dit l’autre domestique.
    Ce tableau est passionnant. Il nous raconte une histoire.

    Un dîner entre amis null

    dans une maison noble ou bourgeoise, le blason peint sur le vitrage de la fenêtre en témoigne.

    Il va sans doute manquer un plat au cours du repas, mais la volaille n’est pas perdue pour tout le monde

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    Trop de vaisselle tue la vaisselle, la jeune servante n’en peut plus .

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    Bien belle nature morte que cet étalage au sol !
    La vaisselle n’est-elle pas le féminin de vaisseau, comme la demoiselle du damoiseau ?
    Je ne sais pas au juste s’il existe un rapport entre le vaisseau et la vaisselle, ce qu’on peut dire en tous cas c’est que les deux sont faits pour plonger dans l’eau !

    Rêve-t-elle d’une vaisselle fantôme ?!

    Mon sujet du sommeil ” traité ” ( le mot est grand ! ) ce mois-ci m’amène à montrer un nouveau tablier.
    J’en ai déjà montré un certain nombre les années passées sur ce blogue, revoir par exemple cet article, et ce tableau permet d’admirer ce grand linge blanc généreusement froncé à la taille, qui forme un fort élégant morceau de peinture :

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    J’ai une bonne nouvelle, sans importance, à dire : mon colis perdu pour Noël que j’avais posté pour ma fille, est arrivé ! Je déprimais car à l’intérieur se trouvait, entre autres, une de mes créations :

    un tablier ! null

    J’espère que ma fille ne s’endort pas avec devant sa vaisselle !

    Détail brodé : null

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    J’aime confectionner des tabliers, pas aussi tarabiscotés que celui du five o’clock, mais c’est agréable d’y mettre toute son imagination pour ensuite créer en cuisine !

    Mots, chats, couture, cuisine, sommeil @ 2:23 pm, January 21, 2010

    Edgar Quinet le chat

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    De sa fourrure blonde et brune
    Sort un parfum si doux, qu’un soir
    J’en fus embaumé, pour l’avoir
    Caressée une fois, rien qu’une.

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    C’est l’esprit familier du lieu ;
    Il juge, il préside, il inspire
    Toutes choses dans son empire ;
    Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

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    Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
    Tirés comme par un aimant
    Se retournent docilement
    Et que je regarde en moi-même

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    Je vois avec étonnement
    Le feu de ses prunelles pâles,
    Clairs fanaux, vivantes opales,
    Qui me contemplent fixement.

    Charles Baudelaire, deuxième partie du poème ” Le chat (2) ” recueil Les fleurs du mal

    Ce chat s’appelait Edgar Quinet. Non, pas le chat de Baudelaire, le chat de l’auteur des aquarelles ci-dessus.
    Ces aquarelles ont été peintes entre 1904 et 1920 par Gwen John.
    Plus exactement les trois dernières aquarelles représentent Edgar Quinet et furent peintes entre 1904 et 1908.

    La première illustration au dessus du poème est une aquarelle conservée au Victoria&Albert Museum de Londres et fut peinte vers 1920, Edgar Quinet avait déjà disparu, voici la notice du musée sur cette page.

    Les autres postures d’Edgar Quinet sont conservées à la Tate Gallery de Londres, datent des années 1904-08, et les notices se trouvent ici.

    Pourquoi ce nom pour ce chat à la fourrure blonde et brune ? Gwen John, peintre née au Pays de Galles en 1876, morte en 1939, grande soeur du peintre Augustus John, travailla à Paris et fut élève de Whistler, fut aussi l’amie intime de Rodin ainsi que de Rilke, et son atelier était situé sur le boulevard Edgar Quinet. Entre 1904 et 1908, elle avait un chat qu’elle nomma comme sa rue.
    Elle adorait ce chat et fut inconsolable quand, un jour de 1908, il disparut.
    Elle l’a joliment immortalisé dans ses aquarelles.

    Il ne neige pas dans ma région, il pleut, et l’esprit familier de mon logis dort toute la journée en pelote de mohair gris devant le feu qui ronronne dans la cuisinière !

    chats, littérature,poésie,philosophie @ 5:39 pm, December 17, 2009

    Comme mars en carême

    Il y avait une expression de la langue française qui disait :
    arriver comme mars en carême
    elle semble avoir disparu de notre langage, on l’a remplacée, entre autres termes, par ” pile-poil ” … c’est moins joli !
    Une chose arrivait comme mars en carême, c’est à dire sans faute au bon moment, à propos, juste quand il faut.
    Le mois de mars est en effet inévitablement le mois du carême, il est inclus dans les quarante jours de semaine avant Pâques, et le mot vient de ” quarante ” en grec.
    Autrefois, mars était donc le mois du jeûne, de l’abstinence, aujourd’hui, dans le cadre chrétien, c’est le mois de la modération, et c’est une bonne chose, plus simple à observer, conforme à la règle de Saint Benoît qui recommandait de la mesure en toutes choses.

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    Recettes de carême :

    Non, ce ne sont pas des recettes de Carême, qui sont plutôt à l’opposé du carême, ce n’est pas de Marie-Antoine Carême que je veux parler, mais de Victor-Antoine !

    null Le frère Victor-Antoine ( dont j’ai parlé sur cette page ) indique des recettes de carême tout à fait séduisantes.
    Il conseille de préparer des soupes odorantes et réconfortantes, des gratins, des tartines de pain à passer au four, couvertes de fromage et légumes, dorées, miam ! Qui dit que le carême est affreux à supporter ?!
    Hier soir, j’ai préparé des tartines de pain de campagne au fromage, olives noires et herbes aromatiques, ça ressemble à une fougasse, et accompagné d’une soupe et une salade, c’est excellent !

    Au moins on n’attrape pas une face de carême avec ce régime. Il s’agit d’assagir son alimentation par des aliments simples, non plus de se priver sévèrement en attendant les chocolats de Pâques.

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    Le carême de nos jours, tous les journaux en parlent sans le nommer, on l’a rebaptisé cure annuelle de désintoxication de nos cellules, remise à niveau de notre poids de forme, préparation au test du maillot de l’été, chasse aux capitons de l’hiver, et on l’a totalement vidé de sa dimension spirituelle.
    Mais, que l’on soit croyant ou pas, faire un peu de place dans son estomac, c’est aussi donner plus de liberté à son esprit, le laisser respirer comme son corps, et un retour à une alimentation plus sage peut être également un soin raffermissant pour la tête. Non ?
    Mens sana in corpore sano !

    null En habituant son corps à résister aux tentations alimentaires, on aide son esprit à résister aux tentations d’un autre ordre.

    Ce chat, qui autrefois pouvait symboliser les forces du mal, est fortement tenté par ce qui se trouve sur la nappe qu’il agrippe :

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      Nicolas Maes, Vieille femme en prière, dit aussi La prière sans fin, vers 1656, Rijksmuseum Amsterdam

    Le sujet de ce tableau est un bénédicité, ce pourrait être aussi un repas maigre de carême. Dans l’assiette se trouve une darne de saumon, et aux Pays-bas au XVIIème siècle, ce poisson était un plat ordinaire du quotidien.
    J’aime bien ce tableau car il sépare en deux niveaux les nourritures terrestres et spirituelles.
    En bas, sur la table, le repas pour le corps.
    Au dessus, dans la niche, le repas pour l’esprit avec la bible ouverte. Un sablier rappelle le temps qui passe.
    L’entonnoir a une signification double. Posé sur la tête de quelqu’un , il souligne sa folie. Sinon, il peut symboliser la sagesse. Il fait entrer dans nos têtes étroites les connaissances immenses.
    Au niveau le plus bas du tableau, le chat représente les tentations.
    La vieille dame en prière est sourde à ses miaulements.

    Ce tableau me fait penser à un autre du Rijksmuseum, une autre mèmère à chat, que voici :

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      Gabriel Metsu, Le petit déjeuner du chat , vers 1662-65, Rijksmuseum Amsterdam

    Le sujet n’est pas le carême, une dame donne de petits morceaux de saumon à son chat pour son petit déjeuner, ce qui prouve que ce poisson était bien ordinaire.
    Mon chat aussi a du poisson au petit-déjeuner ! Je demande toujours des déchets au poissonnier, il me donne parfois d’énormes têtes de poisson que je cuis, épluche, conditionne en petits sachets et conserve au congélateur. La première chose que mon matou réclame le matin est son poisson.
    Quand je cuis du poisson, je peux vraiment dire qu’il arrive en cuisine comme mars en carême !

    Mots, chats, cuisine @ 4:02 pm, March 4, 2009
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