aujourd’hui

Une petite fleur couleur d’aurore
aux étoiles délicates
pétales opales
c’est une fleur d’hortensia
une hydrangée parmi mes préférées

chaque jour de braise fait de l’été un buisson ardent
heureusement quelques fleurs nous apportent l’idée de fraîcheur, de douceur, de candeur.
L’été bouleverse le rythme de nos activités et nous fait dire au lever de la nuit et à la tombée du jour.

quelques idées fraîches …
laver les légumes et la salade dans une grande cuvette et porter l’eau froide sur les fleurs dans l’ombre
préparer une citronnade avec des glaçons qui tintinnabulent dans le broc
s’asseoir au jardin près d’une grosse touffe de menthe
composer une assiette anglaise ou norvégienne
regarder Love Actually ou Bridget Jones’s Diary
aller au musée ou, si possible, visiter la Coupole d’Helfaut-Wizernes ou la base secrète de Mimoyecques
boire une infusion de thym
photographier tout ce qui est vert
parcourir avec un grand chapeau le champ lexical du froid

      glaçon
      algue
      frisson
      neige
      averse
      sorbet
      vichy
      Cologne
      aquilon
      grotte
      rosé
      gelée ...




aujourd’hui

ce matin, jardin bleu fraîcheur

même la rosée paraît bleutée

à fleur de fraîcheur, les hydrangées
mosaïque couleurs de piscine

Descendre au jardin à la fraîche, et suivre le chat aux yeux de verveine dans le frais asile de l’ombre bleue




Hier

Hier je voulais bloguer comme chaque jour
tranquillement dans l’air apaisé du soir
avec ma tisane, qui tiédit en silence,
gel ou canicule, les deux me font boire autant d’infusions,
mais voilà, hier, de 20H30 à 22H30, j’ai jardiné
j’ai arrêté à la tombée de la nuit
dans les fleurs bleu nuit.

L’été n’est pas ma tasse de thé
fermer les volets, travailler la nuit
fuir le soleil, tristesse des jours trop beaux
mélancolie, regret des froids réveils du printemps
étourdissement des jardins assoiffés …
pour prolonger la douceur du soir
j’arrose avec l’eau de la baignoire !




aujourd’hui

aujourd’hui 1er août
juillettistes … aoûtiens
les garagistes, machinistes, pianistes,
harpistes, flûtistes, clavecinistes,
modistes, chauffagistes, fleuristes,
bouquinistes, dentistes, téléphonistes …
étaient plutôt des juillettistes
les mathématiciens, chirurgiens, pharmaciens,
physiciens, praticiens, cliniciens,
électriciens, opticiens et d’autres musiciens …
étaient souvent des aoûtiens
Aujourd’hui mélange,
un peu juillet, un peu août,
un peu l’été, un peu l’hiver,
on est touriste, on est bien …
en vacances !




Aujourd’hui

      C'est l'heure où la marée remonte
      et lèche le sol durci, l'heure où le rivage
      allonge le bras, entreprend
      le lent supplice des châteaux de sable
      qu'aspire la soif des eaux.

      […]

      Bientôt le soleil effleure la ligne du jour.
      La mer a repris
      ce qu'elle a mis au monde.

      Hélène Dorion, extrait d'un poème du recueil Comme résonne la vie, éd. Bruno Doucey, 2018

Grâce aux éditions Bruno Doucey et leurs rayures attrayantes, je découvre une femme poète québécoise : Hélène Dorion.
Sa poésie attachante, sensible, très attentive au monde, apporte un bien fou.
Ce petit livre bleu frais adoucit tant l’actualité infernale de ce mois de juillet !




hier

salade de saison

pluies incessantes de soleil
tonnerre de chaleur
brûle, brûle dit l’origine du mot été
les grandes intempéries estivales dans l’estuaire
le mauvais temps édifiant
éther accablant les têtes
mais que font les édiles contre cet échauffement !

et tout à coup hier
caresse du crachin
douceur du vent
embruns ponctués de lucioles
bain de fraîcheur
l’été étouffe son feu
et fait mentir l’étymologie
On hume l’air revigorant




Aujourd’hui

Le titre de ce livre dit un peu de mon état aujourd’hui.
Un mois de vacance pour le blogage
Un mois de trop plein pour la maison
débordement
de joie, de bruit, de jeunesse
et puis le calme
la bonne fatigue
le retour d’un doux train-train
après le départ des petits lapins
l’entretien de mon petit lopin.

et, grande nouvelle,
il pleut !
Douce pluie, sainte pluie …
Alors je lis,
comme si la lecture avait d’eau
besoin d’oh
oh, le livre d’Eric Fiat me plaît
j’en dis bientôt quelques mots …




aujourd’hui

      Des verts tout verts

      Vertes sont les clairières,
      vert les étangs.
      Et vertes les grenouilles
      vert-croassant.

      Les sapins, bougies vertes,
      verte la mousse.
      Et verte la sauterelle,
      verte sa course.

      Sous le feuillage vert
      un toit verdit.
      Deux gnomes tout verdâtres
      y sont assis.

      [...]

      Sacha Tchiorny

En ce moment la Russie, à l’heure du sport,
et pourquoi pas celle de la poésie ?
Après ma lecture réjouissante de L’appartement, Un siècle d’histoire russe d’Alexandra Litvina, que j’avais proposée ici, voici un siècle de poésie russe pour les enfants, présenté dans ce petit livre des éditions Circé.
Ce siècle est le vingtième, et les poèmes, qu’ont appris par coeur les écoliers russes, sont choisis et traduits par Henri Abril.
La page gauche est en russe, la droite donne la traduction en français.
Fantaisie, humour, sagesse, rêve, philosophie, et tendresse.
Je ne connais pas le russe, ne suis pas capable de juger la traduction, mais ces poèmes m’ont procuré un grand plaisir.




hier

Hier lundi, ménage, lessive, repassage
la routine
pas de quoi en faire tout un article !
quoique …
sur un linge ancien
j’ai trouvé une tache de rouille
la solution, la Rubigine !
La marque a changé
mais c’est toujours la Rubigine
celle de nos mères, nos grands-mères.
Elle seule dissout le point rubigineux
la tache rubescente
le rond rubicond
laissé par l’attache métallique
aujourd’hui celle-ci est en plastique
disparue la rubéole de nos armoires !
eh bien en fait d’article
je rédige une rubrique
étymologique !
La rubrique doit son nom elle aussi
à la couleur rubis
qu’affichaient ses gros titres.




avant-hier

Cette semaine c’était la fête du bruit
le crincrin, la scie, le barouf
le boucan, le tintamarre
le tapage, le potin, le pétard
le charivari, le vacarme
le ramdam, le chambard, la nouba
le raffut, la cacophonie

beaucoup de mots pour rien qui vaille à mes oreilles
je reconnais que je souffre depuis toujours d’une certaine hyperesthésie auditive
de même je supporte mal la lumière forte, les couleurs criardes …
Je n’ai pas de chance, pour chaque fête de la musique je n’entends que des sons brutaux,
pourquoi ne joue-t-on au moins une fois une chose qui porterait le nom de
mélodie, sonate, prélude, fugue, toccata, symphonie, andante, adagio, concerto, choeur, lied, psaume, chant, motet, fredon …   silence




aujourd’hui

aujourd’hui je reviens vers le petit livre rouge
celui de Christiane Veschambre
Le titre est Ecrire   Un caractère
aux précieuses éditions Isabelle Sauvage

Le fait d’écrire a son existence propre, son caractère, comme une personne.
L’écrivain dans son travail se trouve face à cette personnalité, qui s’appelle Ecrire.

Moi, la lectrice, ai donc découvert Ecrire dans ses divers aspects, ses entrailles, ses secrets, et suis tout ébahie. Ecrire prend un si bon caractère avec Christiane Veschambre !

Ecrire se dévoile en son for extérieur, oserai-je personnellement dire en tant que lectrice, devant le tribunal parfois trop indulgent, ou exigeant, ou corrompu, de son entourage, la masse hétéroclite des lecteurs. Ecrire veut-il être lu ?

Le maître Ecrire demande à son élève la confiance, l’intégrité, l’humilité, il n’aime pas composer, s’exposer … et pourtant, me dis-je, Ecrire est publié.
Oui, c’est ça je cois, comme écrivit souvent Marguerite Duras, oui, c’est ça , Christiane Veschambre met le doigt sans l’aborder précisément sur le dilemme du difficile travail d’Ecrire, la mise à nu aux yeux d’un public qui le lit.

Ce petit livre rouge, avec son petit marque-page rouge, est une perle originale, nécessaire, naturelle et … sauvage, comme son éditrice !




hier

Je m’étais dit que je ferai ma méchante
Que j’allais voir rouge
Que je taperai du poing sur la table
Que je le piquerai au vif
le petit garçon de tous mes jeudis
de tous mes espoirs
que j’aide pour ses devoirs
mais il progresse peu
confond toujours les lettres en miroir
le b et le d
le p et le q
il ne rit pas encore pour ses dernières
ne comprend pas encore les farces de notre langue
ne veut pas lire avec sa maman qui avance à grand pas
avec ses grandes soeurs qui maintenant parlent français couramment
petit coq en pâte, petit mâle dominant,
son charme solaire nous désarme

pfftt, oubliée la (mauvaise) idée de méchante
ses yeux d’encre orientale si rieurs
ses quenottes éclatantes de joie, de blancheur
ont eu raison de mon projet de rigueur, de labeur
il lira, il écrira bien un jour
prenons le temps de l’enfance, l’insouciance et l’amour.