hier

Je m’étais dit que je ferai ma méchante
Que j’allais voir rouge
Que je taperai du poing sur la table
Que je le piquerai au vif
le petit garçon de tous mes jeudis
de tous mes espoirs
que j’aide pour ses devoirs
mais il progresse peu
confond toujours les lettres en miroir
le b et le d
le p et le q
il ne rit pas encore pour ses dernières
ne comprend pas encore les farces de notre langue
ne veut pas lire avec sa maman qui avance à grand pas
avec ses grandes soeurs qui maintenant parlent français couramment
petit coq en pâte, petit mâle dominant,
son charme solaire nous désarme

pfftt, oubliée la (mauvaise) idée de méchante
ses yeux d’encre orientale si rieurs
ses quenottes éclatantes de joie, de blancheur
ont eu raison de mon projet de rigueur, de labeur
il lira, il écrira bien un jour
prenons le temps de l’enfance, l’insouciance et l’amour.




aujourd’hui

aujourd’hui, pâtisserie
J’ai préparé des tartelettes aux fraises
tout fait maison
rien que du naturel
et des Plougastel !

J’avais pris l’habitude d’utiliser une pâte du commerce, certes bonne,
mais hier soir j’ai pétri ma pâte sablée,
avec de la farine et du beurre salé,
on en avait oublié
la texture friable et craquante du tout frais cuisiné par nos mains attentionnées.
Une crème légère pâtissière rehaussée d’une touche de Cointreau
Un glaçage à la gelée de framboises
et ce n’est déjà plus qu’un souvenir.
Que l’art culinaire est éphémère !




Hier

Depuis avant-hier j’écris,
à l’encre violette virtuelle d’Open Office.
J’écris l’hier, l’avant-hier, le passé …
Le passé de qui, de quoi ?
de moi tout simplement et c’est affreusement compliqué !
Ecrire, plus précisément s’écrire, n’est pas une mince affaire.
Poser un je sur un narrateur non fictif,
c’est complexe, malaisé.
Je commencerais normalement à acquérir une expérience,
à prendre une assurance,
à prendre le pli de l’autobiographie.
Mais non, le pli ne se fait pas
d’écrire les replis du passé
les circonvolutions de la mémoire,
j’en suis au septième tome de ma vie qui devient un roman,
et je peine toujours à formuler mes souvenirs de jeunesse.
N’est pas Chateaubriand qui veut !
Heureusement je m’adresse à un lecteur unique,
mon cher mari,
qui tient à cette mise en mots de ma vie avant la nôtre commune,
je suis plus compétente dans la mise en pots des fruits de notre jardin !

À propos d’écriture, je vais lire, pour tenter de comprendre la difficulté du caractère de mon entreprise, un petit livre d’un écrivain que j’aime tout particulièrement :

Christiane Veschambre
Ecrire, un caractère
éd. Isabelle Sauvage, 2018
La présentation de l’éditeur est ici.




hier, aujourd’hui, demain


Comment fait-on quand on n’aime ni le foot, ni Johnny Hallyday ?

Alors, quand il pleut, que la saison estivale interdit les chiens sur les plages, que les paniers de repassage s’accumulent et que la télé n’offre pas de choix, que faire ?

Lire, un peu, beaucoup, passionnément …

Je découvre la singulière et attachante cantine de minuit de Yarô Abe.

Culture et cuisine japonaises.
Le restaurant n’ouvre que la nuit, de minuit à sept heures.
Pas de carte ni menu, juste une soupe toujours prête.
Les clients nocturnes, insomniaques et gourmands, viennent déguster le plat qu’ils décident de manger à l’instant, leur souhait est réalisé selon les ingrédients que le cuisinier possède dans ses réserves.
Le temps de la préparation et de la dégustation, ils se racontent.
Tranches de vie suspendues entre les baguettes, trempées dans les sauces plus ou moins épicées de la société japonaise moderne.

Joli dessin.
J’aime la lecture à l’envers de notre habitude occidentale :
le livre se commence à la dernière page et se lit de la droite vers la gauche.

Il pleut, je prendrais bien une soupe miso !




aujourd’hui

      Les abeilles bourdonnent
      les bourdons s’habillent
      de pollen de tilleul,
      l’arbre impressionne
      par son volume
      spatial et sonore
      le grand arbre vert tendre,
      frémissant dans la brise,
      calme dans le jardin ensoleillé
      fait un peu peur une fois l’an
      tout vrombissant
      bombinant
      au temps des fleurs étoilées encadrées d’étranges élytres.

      la constellation jaune pâle parfume l’air de sa douceur sucrée
      il y aura du miel de tilleul dans quelques ruches alentour,
      et de la tisane pour accompagner les madeleines …




aujourd’hui

une nouvelle crème pour les mains

parfumée à la rose

pour des mains de jardinière

mais elle aurait pu être parfumée …
à la pervenche !

le traducteur aurait besoin d’un coup de main.

Il est vrai que la peau des mains travailleuses a besoin d’être amendée.

Au moyen-âge le fruit de l’amandier pouvait s’écrire avec un e.

Et puis cette crème est allemande
alors la petite faute ne pourrait recevoir qu’une amende douce.




hier, aujourd’hui

Une Marianne d’hier sur un courrier d’aujourd’hui
Une lettre dans ma boîte hier midi
les timbres m’intriguent …
des Francs
Un affranchissement en francs qu’on peut dire anciens aujourd’hui, même s’ils furent nouveaux autrefois.
Sur une lettre dite « suivie » avec un code barre.
Il me semble que, au temps du franc, le traçage du courrier par internet n’existait pas encore.
Des timbres des Postes de France (au pluriel) oblitérés en 2018, et en 2018 la Poste est au singulier.
Les Postes, la Poste …
Deux mondes sur une même enveloppe !
Une petite lettre de 50g affranchie à 13,17 Francs avec un numéro de suivi.
Eh bien ça marche, je l’ai bien reçue dans le temps réglementaire sans taxe supplémentaire.

Ce qui ne marche pas, c’est la newsletter de mon blogue, j’ai tenté de faire quelque chose, et les abonnés ont dû recevoir un message de désinscription ! Je suis désolée de cette fausse manoeuvre !
Grillon date de l’ancien franc et se débat avec les mystères 2.0 !




Avant-hier

C’était avant-hier, avant-avant-hier
entre sable et terre
dans le vert des fougères
le silence des bruyères
les bleus de la mer
chants et prières
flot de lumière

Les modestes ou plus importantes chapelles nous ont accueillies
nous laissions fuser des oh d’admiration
nous traversions des champs de blé festonnés de coquelicots qui ont laissé des pétales sur un vitrail

Je pensais à la poésie de Xavier Grall et de Jean-pierre Boulic, poètes infusés de chrétienté
Le patrimoine breton nous était gracieusement offert dans sa plus sincère beauté
Emotion
à la lisière de l’air, de l’eau et de la pierre.




aujourd’hui

aujourd’hui je résume : qu’est-ce qu’un pèlerinage (celui que je viens de faire est )?
et je me dis :
quelques ampoules et beaucoup de lumière




Hier et aujourd’hui

Trente-deux kilomètres à pied
quarante-huit heures avec le Seigneur
cent-vingt pèlerines
tant de rencontres et de joie

battements d’ailes
enchantement d’elles
les mères, les grands-mères, les célibataires, les religieuses
du Finistère

La plage infinie
comme Son coeur
Notre foulée s’est faite envol




aujourd’hui

Un livre édité par la maison Rougerie,
cela se coupe au coupe-papier
cela se lie lentement
cela se médite, s’observe

Cela fut plus fort que moi
cela m’a plu
j’ai acheté cela pour le plaisir
plaisir des livrets Rougerie
du beau papier lisse
des pages à séparer
du texte inattendu

Cela est un recueil de Laurent Albarracin
Qu’est-ce que cela ?
Cela, petit mot de quatre lettres, à la fois très vague et vraiment précis.
cela montre, cela désigne, cela est un peu de cela, en cela c’est cela.
oui c’est cela, j’aime bien cela, me laisser surprendre …

et puis cela, au milieu du livre, la page lisse est soudain pliée dans le haut
cela fait un petit pli blanc, un ombre légère
cela me paraît étrange en cela que cela ne fait pas un pli selon l’écrivain …
ceci expliquerait-il cela ?




Hier

Arrêt sur image
Arrêt sur image d’arrêt d’image
Le héron arrête, fige son mouvement, se mue en image
Il m’a vue et devient poster, silhouette de papier collée sur le paysage
fondu dans le décor
illusion

Il est nôtre, il est leurre
nous l’admirons, mais est-il véritable ?
Immobilité, immobilisme volontaire,
clic, clic, photographier sans bouger

Survient le chien !
La caravelle décolle
amerrissage un peu plus loin
lent et gracieux

La mer monte
Il partira dans les terres
au fond de l’estuaire
mélancolique